BROSSARD – Florian Xhekaj sait compter. Il réalise que le poste qu’il convoite chez le Canadien est obstrué par la présence de joueurs établis qui sont plus difficiles à tasser que lui – administrativement, on s’entend - et qui partent donc avec une longueur d’avance sur lui.
Si ça l’empêche de dormir, son cache-cernes fait des merveilles.
« Il y a beaucoup de gars ici, je le sais, mais d’une certaine façon je m’en fous un peu », a dit le benjamin de la fratrie la plus populaire en ville après l’entraînement de mercredi.
« Je veux faire ma place au sein de l’équipe. Je veux dire, tout le monde est ici pour ça. Alors je vais me présenter à chaque jour, mettre mes habiletés de l’avant, montrer ce que je peux apporter et tenter de leur forcer la main. »
À 22 ans, après deux saisons complètes dans la Ligue américaine, la « licorne » annoncée par le codirecteur du recrutement amateur du Canadien Nick Bobrov n’a jamais été aussi près de son arc-en-ciel.
Dans les deux matchs préparatoires auxquels il a pris part, contre les Maple Leafs de Toronto et les Sénateurs d’Ottawa, Xhekaj a exhibé tous ses atouts. Il patine, il dérange, il frappe. Et clairement, il n’y a pas que l’adversaire qui le remarque. À moins d’une semaine du début de la saison, il est toujours en lice pour une promotion avec le grand club. Mercredi, Owen Beck et lui se sont entraînés avec le groupe de joueurs de la Ligue nationale. Les autres attaquants qui ont porté avec eux le chandail du Rocket de Laval ces deux dernières années ont foulé la patinoire plus tard.
Ce n’est pas nécessairement la première fois qu’il s’accroche aussi longtemps au camp d’entraînement, mais il ressort de ce printemps l’impression qu’il a vraiment un coup à jouer.
« Je me sens assurément plus à l’aise. Plus à l’aise et plus confiant. Je crois que j’ai connu un très bon été et je me sens bien. Je connais mieux les gars, alors c’est plus facile de faire ma place sans tomber dans la nervosité. »
— Florian Xhekaj
Josh Anderson est l’un de ces gars avec qui Florian Xhekaj a tissé des liens plus étroits. On peut facilement comprendre l’apparition d’atomes crochus entre les hommes originaires de la région de Hamilton. Les deux sont probablement sortis de la même usine d’armoires à glace à dix ans d’intervalle.
Et chacun gagnerait à pouvoir compter sur la compagnie de l’autre s’ils devaient être réunis de façon permanente dans un même vestiaire.
Pour Xhekaj, Anderson est le mentor parfait. « On est devenus pas mal proches au cours des deux dernières années. Quand j’ai été rappelé [pour cinq matchs la saison dernière], c’est vers lui que j’allais pour avoir des réponses à mes questions. On joue un style semblable et je peux apprendre beaucoup à ses côtés. »
Pour Anderson, l’ajout d’un gros bonhomme supplémentaire permettrait de mieux répartir les tâches.
« Je le dis depuis le début, j’adore la façon dont il joue, a dit Anderson au sujet de son jeune protégé. Il me fait penser à moi. Ça ne ferait pas de tort d’avoir un autre gars physique pour faire le boulot en échec-avant et simplement assurer une présence. Je sais que l’équipe a parlé d’avoir un peu plus de papier sablé. C’est ce qu’il apporte, en plus de pouvoir marquer des buts. »
Repêché, comme Xhekaj, en quatrième ronde en 2012, Anderson avait joué deux saisons complètes dans le club-école des Blue Jackets de Columbus avant de faire sa niche dans la LNH à 22 ans. À sa saison recrue, il avait amassé 29 points et 89 minutes de pénalité en 78 parties.
« [À cette étape de ta carrière], tu dois avoir confiance en tes moyens et comprendre que tu ne peux prendre aucune journée pour acquis. Il faut que tu te mettes dans la vitrine à chaque jour et ça va au-delà de tous les détails que les entraîneurs veulent voir dans ton jeu. Il faut être prêt à faire feu à chaque jour et ça commence à l’entraînement. C’est ce que nos jeunes essaient de faire. »





