MONTRÉAL - À l’image des bonnes et très bonnes équipes de la LNH, le Canadien culbute ses adversaires et ajoute deux points au classement plus souvent qu’autrement cette saison lorsqu’il dispute de gros matchs de hockey. Lorsqu’il impose son rythme; lorsqu’il a sa balle rapide; lorsqu’il est connecté.
Mais contrairement aux meilleures équipes de la LNH, le Canadien a rarement, ou pas assez souvent, culbuté ses adversaires et maximisé sa récolte de points jusqu’ici cette saison lorsqu’il s’est contenté de disputer des matchs ordinaires; lorsqu’il subissait le rythme de l’adversaire au lieu d’imposer le sien; lorsqu’il n’était pas connecté.
Lundi soir, au Minnesota, contre le Wild qui a disputé un match à la hauteur de son talent, de sa réputation et du fait que ce club fasse partie de l’élite de la LNH, le Canadien a récolté un point dans un revers de 4-3 encaissé en prolongation malgré le fait qu’il se soit contenté de disputer un match ordinaire. Malgré le fait qu’il ait subi le rythme du Wild plus souvent qu’il a imposé le sien. Malgré le fait qu’il était trop souvent déconnecté dans les trois zones de la patinoire.
Et ça, c’est une très bonne nouvelle pour ses partisans. Car cela démontre que le Canadien progresse. Qu’il se rapproche du sommet de la Ligue en trouvant une manière de rivaliser avec les meilleurs clubs du circuit même lorsqu’il laisse son plan A au vestiaire et se contente de son plan B une fois sur la patinoire.
Vous pensez que les arbitres ont donné la victoire au Wild ou volé au Canadien la chance de gagner en fermant les yeux sur une « obstruction flagrante » de Joel Eriksson Ek aux dépens de Nick Suzuki alors que le Tricolore écoulait une pénalité écopée par Phillip Danault en prolongation?
Les reprises démontrent clairement que le joueur du Wild était déjà bien campé et immobile à la ligne bleue lorsque Suzuki a reculé sur lui. Le règlement 56,1 qui régit l’obstruction, indique qu’un joueur a le droit de garder sa position et n’a pas à se déplacer pour éviter un contact avec un adversaire.
Si Eriksson Ek s’était déplacé tout juste avant l’impact pour barrer la route à Suzuki, les arbitres auraient pu et dû sévir. Mais sur le jeu en question, il a simplement gardé sa position. Il ne s’agissait même pas d’un cas « d’obstruction légale » comme Martin St-Louis avait qualifié, un sourire en coin, une situation qui avait permis à son équipe de l’emporter plus tôt cette saison.
Soirée difficile pour Matheson et Guhle
Le Canadien a connu sa part d’ennuis lundi. Il s’est rendu coupable d’erreurs, de mauvaises décisions, de mauvaises exécutions et d’une vilaine punition qui ont été coûteuses. Mike Matheson et Kaiden Guhle, impériaux sur la patinoire lors de la victoire aux dépens des « Nordiques » jeudi dernier au Centre Bell, ont connu un match plus difficile lundi.
Matheson était sur la patinoire pour les quatre buts du Wild. Guhle pour trois. Ils sont en partie responsables de deux des quatre buts accordés par le CH. Hypnotisé par la rondelle – comme Kirby Dach et Cole Caufield – Matheson s’est compromis en tentant de neutraliser Marcus Johansson à la ligne bleue du Tricolore. Une décision qui a ouvert la voie au but égalisateur de Brock Faber en milieu de troisième.
Une décision similaire de Guhle, mais à la ligne bleue ennemie, a permis au Wild de profiter du surnombre au terme duquel Joel Eriksson Ek a enfilé le premier but du match dès la 38e seconde de jeu.
Inversement, le Tricolore a su maximiser ses occasions et profiter lui aussi des opportunités offertes par l’ennemi.
Qui aurait cru encore possible de voir Brendan Gallagher contourner Quinn Hughes – le défenseur vedette avait les deux patins ancrés dans la patinoire – pour se rendre au gardien qu’il a ensuite habilement déjoué? C’est pourtant ce qui est arrivé en fin de première pour permettre au Canadien de retraiter au vestiaire avec un recul d’un but et non de deux à combler.
Et que dire de la poussée de Lane Hutson qui a mystifié la défensive du Wild en servant une passe sensationnelle à Ivan Demidov avec 25 secondes à faire en période médiane. Une passe qui a traversé l’enclave sans que personne ne puisse intervenir avant de rejoindre Demidov qui a décoché un tir sur réception tout aussi sensationnel que la passe pour niveler les chances 2-2. Un but qui a permis à Hutson de récolter sa 48e passe et son 57e point de la saison.
Tout ça sous les yeux de Quinn Hughes.
Le Canadien a aussi vengé le but accordé en tout début de rencontre en s’offrant les devants pour la première fois de la rencontre dès la 12e seconde du dernier tiers alors que Kirby Dach a surpris le gardien du Wild qui ne semblait pas prêt à reprendre le match...
Cela dit, je n’irais pas aussi loin qu’est allé Kirby Dach dans ses commentaires d’après-match lorsqu’il a prétendu que lui et ses coéquipiers auraient mérité un meilleur sort. Ça non!
Oui le match s’est décidé en prolongation. Une facette du jeu qui a permis au Tricolore de signer neuf victoires avant d’encaisser sa quatrième défaite lundi soir. Mais dans l’ensemble, le Wild a plus souvent été la meilleure équipe sur la patinoire que le Canadien. Le Wild a imposé son rythme plus souvent et plus longtemps que le Canadien ne l’a fait.
Mais le point récolté témoigne du fait que la troupe de Martin St-Louis a gardé le cap, maintenu confiance et maximisé les résultats en se rabattant sur son plan B.
Dobes : encore de gros arrêts
Devant la cage du Canadien, Jakub Dobes a disputé un match à l’image de celui disputé par ses coéquipiers. Ses quatre buts accordés sur les 24 tirs du Wild n’ont rien d’édifiant en matière de statistique comme en témoigne une efficacité de 83,3%.
Sans parler de cadeaux proprement dits, Dobes aurait certainement aimé revoir le premier tir alors qu’il a offert le côté droit de son filet à Eriksson Ek. Il aurait peut-être pu ajouter un arrêt sur l’un ou l’autre des trois autres buts.
Mais en contrepartie, les arrêts effectués par le gardien tchèque en début de période médiane ont permis de garder son club dans le match et ouvert la porte à la remontée effectuée en fin de deuxième tiers et à l’avance acquise en début de troisième.
Là encore, le fait que Dobes ait permis au Canadien d’ajouter un point précieux au classement alors qu’il avait un match B dans les jambières représente une très bonne nouvelle pour le Tricolore.
Car à quelques reprises cette saison, les gardiens du Tricolore ont privé l’équipe de points au classement avec des performances qui n’étaient pas à la hauteur de celles offertes par leurs coéquipiers.
En passant, Dobes est rendu à 10 matchs consécutifs sans revers en temps réglementaire (8-0-2). Ses 18 victoires et quatre points acquis dans le cadre de revers encaissés en prolongation ou tirs de barrage (18-5-3-1) ont donné au Canadien 40 des 70 points qu’il affiche au classement.
Alors, bien qu’il ait connu une partie plus «ordinaire» lundi, il me semble qu’il mérite de retourner devant la cage mercredi soir à Winnipeg pour disputer le dernier match du Tricolore avant la pause olympique.
Un très gros point
Le fait d’avoir su récolter un point malgré alors que le plan B a pris la relève au plan A sur la patinoire est important pour la confiance des joueurs du Canadien et de leurs partisans.
C’est évident.
Mais c’est plus important encore dans la course aux séries.
Sans ce point, le Canadien aurait été renvoyé au sein des clubs repêchés par les Sabres qui ont comblé un recul de 0-2 pour finalement battre les Panthers de la Floride 5-3. C’était la 21e victoire des Sabres à leurs 26 derniers matchs (21-4-1). Surtout que les Sabres ont un match de plus que le Tricolore à disputer.
Ce gros point permet aussi de rester à distance de bras des Red Wings qui sont allés blanchir l’Avalanche au Colorado en plus de maintenir une avance encore confortable devant les Sénateurs d’Ottawa et les Maple Leafs qui ont aussi gagné lundi soir.
Je sais! Avec 70 points déjà en banque, le Canadien est en bien meilleure position qu’il ne l’était à pareille date l’an dernier pour accéder aux séries éliminatoires. C’est évident.
Et les Sénateurs comme les Leafs sont encore bien trop loin pour leur accorder autant qu’attention qu’aux Sabres et aux Bruins.
Mais pour éviter au minimum toute chance de catastrophe, il est impératif pour le Canadien de trouver une façon de maximiser les matchs plus ordinaires qu’il a dans les jambes. Et c’est exactement ce qu’il a fait lundi soir au Minnesota.





