COLLABORATION SPÉCIALE
Après un voyage dans l’Ouest où l’on a vu quatre matchs décidés par un but, dont deux en prolongation, le Canadien revient à la maison au sommet de la division Atlantique avec une fiche de 8-3-0. Le premier trio mène la charge, bien sûr, mais derrière eux, le duo de Mike Matheson et Noah Dobson est l’une des belles histoires de la saison pour le Canadien.
Dobson est arrivé à Montréal avec la réputation de défenseur offensif de premier plan, notamment grâce à quatre saisons consécutives d’au moins 10 buts et un sommet personnel de 70 points en 2023-24. Mais il l’a fait en se classant 11e dans la LNH en temps de jeu en avantage numérique. Avec Lane Hutson déjà bien établi comme quart-arrière sur la première vague, atteindre ces sommets offensifs encore une fois n’allait pas être une tâche facile.
Plutôt que de se battre avec la recrue de l’année pour sa chaise, Noah Dobson a plutôt décidé de se réinventer. Il a créé sa propre chaise dans l’alignement, et tout le monde en ressort gagnant.
Un duo aussi surprenant qu’efficace
L’idée du duo Matheson-Dobson a assurément fait grincer les dents de plusieurs partisans au cours de l’été. Deux défenseurs qui excellent offensivement, mais qui peuvent commettre des revirements coûteux. Et pourtant, Dobson avait confiance que ça allait fonctionner.
« Pour les gens de l’extérieur, ça peut sembler curieux, mais nous avons su dès le départ que nous serions à l’aise ensemble, explique Dobson. Évidemment, nous pouvons tous les deux produire offensivement, mais nous pouvons aussi bien défendre et nous sommes de bons patineurs. Mike est un formidable patineur, c’est un de ses plus grands atouts. »
Les deux défenseurs continuent d’avoir une énorme charge de travail, alors qu’ils mènent le CH en temps de jeu. Par contre, leur rôle a très clairement changé. Dobson, qui passait près de trois minutes en avantage numérique à Long Island, a vu son temps sur l’attaque massive chuter de moitié, tandis que son utilisation en désavantage numérique à presque quadruplé, passant de 0:42 l’an dernier à 2:42 avec le CH. Même chose pour Matheson, qui obtient à peine 0:15 par match à cinq contre quatre comparativement à près de deux minutes l’an dernier.
Plutôt que de devoir jouer les héros offensivement et prendre risque après risque pour essayer de créer des opportunités, les deux défenseurs jouent du hockey plus responsable. L’an dernier, ils ont combiné pour 7,4 revirements en zone offensive par match. Cette moyenne est tombée à 5,4 cette saison. Matheson est aussi devenu plus sélectif et efficace avec sa sélection de tirs. Il a frustré plus d’un partisan avec sa tendance à décocher des tirs qui n’atteignent pas le filet et permettent à l’adversaire de dégager aisément leur territoire. Cette saison, il tente environ un tir de moins par match, mais génère le même volume de buts attendus, mettant l’emphase sur la qualité des opportunités plutôt que le volume.
Ils sont toujours d’excellents défenseurs offensifs, alors que Dobson et Matheson marquent à des rythmes de 52 et 44 points, respectivement. On n’est pas dans le volume qui te mérite un Norris, mais ça reste un rythme qui les placerait tous deux dans le top 25 dans la LNH en points chez les défenseurs la saison dernière. Plus que respectable comme production, surtout avec Hutson qui peut mener l’offensive à la ligne bleue devant eux.
Cette énergie qu’ils dépensaient en attaque n’est pas perdue, ils l’ont simplement redistribuée sur 200 pieds. Dobson est passé de 129e en batailles un contre un remportées à 12e et les deux bloquent en moyenne une passe de plus par match que l’an dernier. Ils sont capables de briser les jeux adverses avec régularité et ont le talent pour relancer l’attaque, s’assurant que la rondelle reste en dehors de leur zone le plus souvent possible.
« Nous sommes aussi bons pour sortir la rondelle de notre zone, a dit Dobson dans cette même entrevue avant le match contre Seattle. C’est là que nous travaillons le mieux ensemble et que nous utilisons nos jambes pour nous sortir du pétrin. Et nous sommes de plus en plus à l’aise ensemble. »
La saison est encore jeune, mais leur chimie est indéniable. Ils excellent ensemble et se classent déjà parmi les meilleurs duos de la LNH.

58% de buts attendus en faveur du CH sont un excellent ratio. Pour vous mettre en contexte, seulement cinq duos ont eu un meilleur ratio l’an dernier parmi le top 45 en temps de jeu. Et ils le font tout en étant le duo de confiance de Martin St-Louis, qui n’hésite pas à les déployer contre les meilleurs effectifs adverses.
Même avec Emil Heineman qui a cinq buts en neuf matchs pour les Islanders, il est clair que personne dans l’organisation ne regrette cette transaction. Montréal a fait des pas de géants défensivement cette saison en plus d’avoir l’une des lignes bleues les plus productives de la LNH. Évidemment, Dobson ne fait pas tout seul, mais c’ est la pièce qui a permis à tout le monde de se retrouver dans la bonne chaise. Et il n’aura pas 26 ans avant avant que le calendrier n’indique 2026.
On aime dire que l’avenir du CH est prometteur, mais avec ce que l’on voit, l’avenir et le présent se ressemblent beaucoup tout d’un coup.






