Il y a un cliché en politique qui dit qu’un mois représente une éternité et s’il fallait le transposer au merveilleux monde des Canadiens de Montréal, il y a fort à parier que l’expression « il s’en passe des choses en une semaine » serait fort probablement retenue.
Des montagnes russes d’émotions depuis la sortie « inacceptable » de mardi contre le Lightning de Tampa Bay jusqu’au « meilleur match de la saison » de ce soir face aux Oilers d’Edmonton, sans oublier la première victoire de Jacob Fowler contre les Penguins de Pittsburgh, jeudi, ainsi que les « erreurs niaiseuses » face aux Rangers de New York, samedi.
Évidemment du bonbon pour le commentariat sportif québécois, mais qui porte ombrage à l’essentiel : les joueurs de Martin St-Louis se retrouvent aujourd’hui à un maigre point du premier rang de sa division partagé par le Lightning et les Red Wings de Detroit, grâce à sa récolte inattendue de cinq points sur une possibilité de six à ses trois dernières rencontres.
Il faut dire que les Oilers arrivaient au Centre Bell avec le vent – particulièrement froid – dans les voiles, eux qui avaient remporté quatre de leurs cinq dernières parties, séquence au cours de laquelle Connor McDavid avait inscrit sept buts et récolté huit mentions d’aide.
Certains diront que le résultat aurait pu être complètement différent si le troisième meilleur jeu de puissance de la Ligue avait profité d’un cinq contre trois de deux minutes au premier tiers, mais réduire la victoire de 4-1 à ce moment précis ne rend pas justice à l’effort du CH.
« C’est une situation qui aurait pu changer l’allure du match, a reconnu St-Louis après la partie. Ç’a été du début à la fin notre meilleur match de la saison. Il y a eu de petites erreurs, mais nous avons toujours été là pour les corriger. À cinq contre cinq, nous ne leur avons pas donné grand-chose. Il y avait un engagement. Pour un entraîneur, ça fait plaisir. »
Le Tricolore a effectivement dominé les Oilers au chapitre du pourcentage buts attendus à égalité numérique jusqu’à mi-chemin troisième période, moment où McDavid et Leon Draisaitl – alors réunis sur un même trio – ont accentué la pression en désespoir de cause.
« C’est une décision de groupe, s’est réjoui St-Louis. C’est vraiment encourageant parce que les gars ont été constants. On va continuer de grimper au classement en étant constants. »
« Tout le monde voulait avoir une meilleure performance qu’hier. Quand tu es 20 gars ensemble sur la même page, tu es vraiment solide, a renchéri l’arrière Alexandre Carrier. Je pense que c’est exactement ce que nous avons été en mesure d’accomplir ce soir. »
L’éventail des marqueurs – Ivan Demidov, Joe Veleno, Nick Suzuki et Alexandre Texier – prouve d’ailleurs que la victoire est l’affaire d’un peu tout le monde. Pour Demidov, il s’agissait d’un premier but en huit matchs et d’un neuvième depuis le début de la saison.
« Les bons joueurs, il faut faire attention de ne pas les “overcoacher”, a prévenu St-Louis. Quand il revient au banc, ils savent qu’ils auraient dû lancer. Mais si tu vas voir un joueur et lui dis : “tu aurais dû lancer”, il va ensuite y avoir une hésitation dans son jeu et chaque fois, il va finir par se demander : qu’est-ce que le “coach” aurait aimé que je fasse.
« Ils doivent avoir confiance en leur instinct. Ivan a beaucoup d’opportunités et il ne faut pas oublier que c’est un jeune joueur qui apprend. Il apprend à jouer à cette vitesse-là et les décisions qu’il prend vont continuer à s’améliorer, plus il va obtenir d’opportunités. »
Quant à Texier, il a récolté un point dans une troisième rencontre de suite, alors qu’il s’est retrouvé à la gauche de Jake Evans et Josh Anderson pour la première fois depuis son arrivée.
« C’est vraiment une belle addition à date. Il aide notre groupe, a conclu St-Louis. Il s’implique très bien dans le jeu. C’est un joueur qui possède beaucoup d’outils et qui sait quand les utiliser. J’ai toujours su qu’il pouvait jouer dans les deux sens de la patinoire. »
Une bénédiction dans les circonstances, car les Canadiens n’ont pas trop le temps de s’entraîner par les temps qui courent. Ils disputeront en effet leur prochain match mardi, alors que les Flyers de Philadelphie seront en ville, avant de recevoir la visite de Conor Bedard (s’il est en mesure de faire le voyage) et des Blackhawks de Chicago jeudi et de Sidney Crosby des Penguins samedi.




