Le pointage final de 7-2 favorisant les Leafs venus de Toronto est désolant, mais il y a plus désolant encore.
Le fait que le Canadien n’a obtenu que 13 tirs au but est également désolant, mais il y a plus désolant encore.
Le fait que de ces 13 maigres tirs, quatre seulement ont été obtenus à cinq contre cinq et que de ces quatre tirs un seul est venu de la lame du bâton d’un attaquant est vraiment désolant, mais il y a plus désolant encore.
Ce qu’il y a de plus désolant, c’est le fait que le Canadien qui comptait sur ce qui devrait être ses deux premiers trios lors du premier match de la saison, sur son premier ou deuxième duo de défenseurs, sur son gardien numéro un, a été totalement ridiculisé sur le plan de l’effort fourni sur la patinoire par les joueurs de soutien des Leafs.
Ça, c’est vraiment désolant!
Désolant pour les amateurs qui ont été floués par leurs favoris.
Désolant pour les quelques dépisteurs professionnels qui ont été dépêchés à Montréal pour assister à un triste spectacle qui est loin de leur permettre de fournir des rapports étoffés à leurs patrons.
Désolant aussi, car il est bien difficile d’apporter quelques conclusions que ce soit en marge de cette partie préparatoire qui n’a rien préparé de beau ou de bon.
Mais c’est surtout désolant pour Martin Saint-Louis qui a d’ailleurs admis être déçu de la sortie de ses joueurs. Cette non-performance des joueurs du Canadien fait d’ailleurs un brin mal paraître leur entraîneur-chef qui souligne haut et fort depuis le début du camp qu’il réclame de ses joueurs une implication totale lors des entraînements et lors des matchs.
Berube compatissant avec Saint-Louis
La victoire ou la défaite ne compte pas vraiment. En fait, elles ne comptent pas du tout. Mais l’effort déployé compte beaucoup. Et jeudi soir, le coach du Canadien ne l’a pas obtenu alors que les joueurs des Maple Leafs ont gavé leur entraîneur-chef Craig Berube.
« Nous sommes arrivés à Montréal avec des joueurs qui doivent travailler pour garder une place ou s’en faire une au sein de notre alignement. Des gars travaillants qui ont travaillé fort et bien du début à la fin du match. Il y avait du talent dans la formation du Canadien, mais nos gars, à chaque présence qu’ils effectuaient sur la patinoire, ont pris les moyens pour limiter au minimum le temps et l’espace accordés aux joueurs de talent de l’autre côté. On a été sur leur dos du début à la fin de la partie et le score final récompense les efforts qu’ils ont déployés », que Berube a défilé après la victoire convaincante de son équipe.
Berube a été poli. Courtois même. Car il aurait tout simplement pu dire que l’effort déployé par ses Leafs a permis de se moquer du talent sur lequel Martin Saint-Louis croyait pouvoir compter sur la glace.
L’entraîneur-chef des Leafs compatissait aussi un peu avec son vis-à-vis.
« C’est plus facile d’obtenir un effort constant de la part de joueurs de soutien, car ils savent qu’ils sont analysés bien plus en fonction du travail qu’ils offrent sur la patinoire qu’en fonction des statistiques offensives qu’ils récoltent. Dans les cas des joueurs de talent, c’est différent. Ils accordent plus d’importance à développer du synchronisme, à la qualité des touches qu’ils effectuent qu’au simple fait d’y aller à fond », a analysé l’entraîneur-chef des Leafs.
Berube l’a d’ailleurs appris à ses dépens plus tôt lors du présent camp d’entraînement. Le club C avec lequel il s’est présenté à Ottawa en fin de semaine dernière a battu une formation presque complète des Sénateurs. Un peu comme les Leafs l’ont fait jeudi aux dépens du Canadien. Inversement, le «gros club» envoyé sur la patinoire à Toronto a perdu contre les plombiers des Sénateurs.
Ça promet pour le match de samedi alors que le Canadien débarquera à Toronto avec une formation beaucoup moins forte, du moins sur papier, que celle sur laquelle Martin Saint-Louis comptait jeudi soir. Et que les Leafs, avec les Auston Matthews et William Nylander en tête, devraient être mieux nantis en fait de talent brut.
On verra!
Dach : combien de temps?
Pas question ici de partir en peur avec un résultat aussi désolant que celui associé au duel Toronto-Montréal de jeudi.
Samuel Montembeault aimerait sans doute revoir quelques tirs qui l’ont déjoué, mais son poste de numéro un est loin d’être menacé.
Jacob Fowler a très mal paru sur un but, mais pas question de lui enlever le titre principal candidat au poste de futur numéro un au sein de l’organisation.
Mike Matheson et Noah Dobson ont donné raison à ceux et celles qui vous préparaient depuis quelques jours à être témoins d’éventuels cafouillages défensifs de leur part. Mais ils seront en poste lors du premier match de la saison.
Suzuki, Caufield et Slafkovsky ont pris les choses trop aisées jeudi soir c’est vrai. Mais personne ne les chassera du premier trio.
Surtout que Kirby Dach, dans le cadre d’un premier match préparatoire a été tout sauf convaincant. On sera clément avec lui. Un brin ou deux. Car après tout, il disputait une première partie depuis le mois de février dernier.
Mais Dach a démontré beaucoup de vulnérabilité en zone défensive jeudi. Lui et ses ailiers Patrik Laine et Ivan Demidov ont d’ailleurs terminé la soirée avec des différentiels de moins-3.
Le but, fort beau d’ailleurs, marqué en avantage numérique par Laine à qui Demidov a servi une passe savante a représenté un des très (trop) rares bons moments du Canadien jeudi. Mais ce but ne peut faire contrepoids aux lacunes défensives remarquées lorsque ces trois joueurs étaient ensemble sur la patinoire.
Vous me direz, avec raison, que les gardiens auraient pu faire mieux sur deux de ces buts. Mais ces trois joueurs devraient bien plus embourber la défensive adverse en zone ennemie que d’être embourbés autour de leur gardien comme ce fut le cas trop souvent jeudi soir. Surtout que c’étaient des joueurs de quatrième et cinquième trios qui leur passaient sur le corps.
Mais bon!
Il reste encore trois matchs préparatoires à disputer. Dach, Laine et Demidov en disputeront sans doute – du moins je l’espère – deux autres afin de développer un peu de complicité et de synchronisme. Mais cette complicité, ce synchronisme et surtout une meilleure efficacité en défensive auront besoin aussi de quelques matchs de saison régulière pour vraiment s’installer. Avec les risques que cela entraînera.
Mais si après 10 ou 15 parties, la complicité ne s’est pas installée, que le synchronisme fait encore défaut et que ce trio passe plus de temps à se débattre en zone défensive qu’à dominer la zone ennemie, il faudra vite passer aux plans B, C ou D que Kent Hughes, Jeff Gorton et le reste de l’état-major ont sans doute déjà mis sur papier.
La Coupe Ryder restera en Europe
Pour l’instant, on va accorder plus d’importance à la Coupe Ryder qui commence qu’à la performance, aussi désolante soit-elle, du Canadien jeudi soir.
Le duel Europe-USA qui commence vendredi matin sera sensationnel. Le parcours noir du complexe Bethpage est très difficile. Il est même terrifiant. Presque aussi terrifiant que les Newyorkais qui feront tout en leur possible pour narguer les membres de l’équipe européenne qui tenteront de gagner en sol américain pour la première fois depuis 2012, à Medinah, en banlieue de Chicago.
Les Européens ont besoin de 14 points sur les 28 à l’enjeu pour conserver le trophée gagné à Rome il y a deux ans.
Les États-Unis, largement favoris, ont besoin de 14,5 points pour rapatrier le trophée.
Une prédiction : ça se terminera 14-14 et l’équipe de Luke Donald conservera le deuxième plus beau trophée du sport… après la coupe Stanley.
Bon golf!




