Joueur autonome avec compensation depuis le 1er juillet, Zachary Bolduc ne s’est toujours pas entendu avec les Canadiens de Montréal. Mais à quel contrat peut s’attendre le Québécois? Quelle est la meilleure option pour le joueur, mais aussi pour l’équipe? Le RDS.ca se prête au jeu des comparaisons.
À 23 ans, Bolduc est dans l’une des négociations les plus importantes de sa carrière, sa première entente après son contrat comme recrue. Pour le CH, la stratégie est simple, mettre Bolduc sous contrat au plus petit prix pour le plus longtemps possible, mais pour Bolduc lui-même, est-ce que de miser sur lui avec un contrat pont est une meilleure option?
Avec la hausse substantielle à venir du plafond salarial dans la LNH, cette avenue semble alléchante, mais elle n’est pas gage de succès et de pari remporté. Avant de se lancer, il est à noter que les intentions des deux clans ne sont pas connues.
Le portrait de Bolduc
Choix de premier tour des Blues de St-Louis en 2021, la 17e sélection de l’encan qui a vu le CH choisir Logan Mailloux au 31e rang. Comme l’histoire s’écrit toute seule, les deux protagonistes ont été échangés l’un contre l’autre le 1er juillet 2025.
À sa première saison avec les Canadiens, Bolduc a complété le calendrier avec 12 buts et 18 aides pour 30 points en 78 matchs. Lors de ses débuts professionnels, le Trifluvien a disputé 25 parties pour un total de neuf points, dont cinq buts, en 2023-2024. La saison suivante, sa première à temps plein dans la grande ligue, Bolduc a connu un essor avec 19 buts et 17 passes pour 36 points en 72 rencontres, ce qui lui donne un total de 75 points en 175 duels.
L’attaquant de six pieds a ajouté sept points en 19 matchs éliminatoires au printemps dernier, aidant le Tricolore à atteindre la finale de l’Est. Pour baser nos comparaisons, le RDS.ca s’est arrêté sur cinq joueurs dans la même tranche d’âge et avec des statistiques comparables à Bolduc, mais aussi qui ce sont entendus récemment avec leur équipe.
Les contrats « ponts »
Le comparatif le plus ressemblant du lot est Mackie Samoskevich, qui est passé des Panthers de la Floride au Kraken de Seattle le 21 juin dernier. L’Américain sort d’une saison de 32 points en 77 matchs et en compte 63 en 156 matchs en carrière, tous avec les Panthers.
D’un gabarit similaire à Bolduc, Samoskevich a aussi été repêché en 2021, sept rang après le Québécois, au 24e échelon. Après son acquisition, le Kraken s’est entendu avec lui pour trois saisons et 11,55 millions $, une moyenne annuelle de 3,85M$.
Le deuxième contrat qui pourrait servir de référence est celui de Nicholas Robertson. Deux ans plus vieux que Bolduc, l’Américain a lui aussi changé d’adresse cet été, passant des Maple Leafs aux Penguins de Pittsburgh, avant de s’entendre avec sa nouvelle équipe pour deux saisons et un salaire annuel de 3,25M$.
Robertson a cependant une production légèrement plus basse que le sujet du jour, avec un rythme de 0,38 point par match contre 0,43 pour Bolduc en carrière. De plus petite stature, Robertson vient d’enregistrer sa meilleure saison avec 32 points en 78 matchs. En carrière, ce sont 88 points qu’il a amassés en 234 matchs.
Samoskevich semble être le candidat le plus sérieux pour s’appuyer en vue d’un contrat à court ou moyen terme. Bolduc a cependant un léger avantage au niveau de la production sur les deux joueurs. Donc pour un contrat de deux ou trois ans, on serait en droit de s’attendre à un salaire avoisinant les 4 M$. Cette option pourrait être bénéfique pour Bolduc à long terme, mais elle reste un pari à prendre.
Le long terme
Il est un peu plus difficile de trouver des comparaisons aussi près lorsqu’on regarde les contrats de plus longues durées signés dans les dernières semaines. Notre sélection s’est donc arrêtée sur Dylan Holloway, Josh Doan, Matt Coronato et Mavrik Bourque.
Repêché un an avant Bolduc au 14e échelon par les Oilers d’Edmonton, Holloway a lui aussi changé d’adresse. Après des débuts modestes dans la LNH, son passage aux Blues a changé la donne. Après 18 points en 89 matchs à Edmonton, il a accepté une offre hostile et le pari a rapporté.
Holloway vient de connaître des saisons de 63 points en 77 matchs et de 51 en 59 plus récemment. Il a désormais un rendement de 0,59 point par match. Un an plus vieux, c’est une cible que Bolduc pourrait viser. Les Blues l’ont récompensé d’un contrat de cinq ans et d’une valeur de 7,75M$ par saison.
Dans le cas de Doan, il vient lui aussi de connaître une explosion avec une nouvelle équipe. Passé du Mammoth de l’Utah, bien qu’il n’a pas joué pour l’équipe sous ce nom, aux Sabres de Buffalo, Doan a connu une saison de 52 points en 82 matchs, mais a surtout démontré sa valeur en éliminatoires avec 10 points en 13 matchs.
En carrière, la production de 80 points en 144 matchs de Doan laisse croire qu’il est en avance sur Bolduc. Les Sabres ont offert 6,95M$ par saison pour sept ans à celui qui a été choisi au 37e rang en 2021.
On pourrait aussi remonter un an en arrière, quand les Flames de Calgary se sont entendus avec Matt Coronato. Le 13e choix en 2021 avait cependant seulement 102 matchs et 56 points sous les épaulettes, mais il sortait d’une saison de 47 points en 77 rencontres.
Coronato et les Flames s’étaient alors entendus pour sept ans et 6,5M$. Avec l’augmentation du marché, on pourrait y voir une équivalence d’environ 7,1M$ cette saison.
Est-ce réaliste de croire que Bolduc peut atteindre ces productions? Oui, mais il ne l’a pas encore fait. Est-ce donc réaliste de croire que Bolduc mérite un contrat comme ces derniers? Probablement pas.
Le contrat à long terme qui ferait le plus de sens pour Bolduc est plus dans les eaux de son compatriote Mavrik Bourque, récemment acquis par les Predators de Nashville et avec qui il s’est entendu pour six ans et 33M$.
Bourque compte 66 points en 156 matchs dans la LNH, soit un rendement de 0,42 point par match dans une bonne formation avec les Stars de Dallas. La saison dernière, le Québécois a enregistré 41 points en 82 parties, un rythme plus élévé que Bolduc. Il est à noter que Bourque est aussi un an plus vieux que le joueur du CH et que les deux joueurs ont une charpente similaire.
Ce serait donc l’option la plus plausible pour Bolduc qui pourrait prétendre à un salaire et une durée similaire, même si sa production récente est légèrement sous celle de Bourque et que le joueur des Preds à évoluer à quelques occasions au centre. Cette avenue pourrait intéresser les deux clans.
À tout cela, il ne faut pas oublier la culture et la structurale salariale implantée par Kent Hughes depuis son entrée en poste. Hughes aime s’entendre à long terme avec ses jeunes joueurs avec un salaire très avantageux pour l’équipe pour les années futures.





