Le Canadien avait besoin d’une solide performance couronnée d’une victoire pour conclure son premier quart de saison sur une note positive.
C’est tout le contraire qui est arrivé alors qu’il s’est fait doubler 8-4 par Alexander Ovechkin et ses Capitals venus de Washington.
Loin d’effacer les doutes éveillés par les six revers encaissés au fil de ses sept derniers matchs et de raviver les espoirs démesurés moussés par les neuf victoires signées à ses 12 premières rencontres de la saison, le match de jeudi face aux Capitals a même replongé le Canadien dans le marasme au milieu duquel il s’enlisait il y a un an à peine.
« Ce qui me désole le plus c’est que par moments, ce soir, j’ai revu ce soir l’immaturité qui nous faisait si mal il y a 12 ou 13 mois» , a d’ailleurs lancé Martin St-Louis après la défaite.
Eh oui! L’entraîneur-chef du Canadien faisait référence au match du 31 octobre 2024 alors que son équipe avait été doublée 6-3 par les Caps, à Washington.
Un revers qui avait poussé le coach a lancé que son club « s’était vomi dessus en troisième période ». Rien de moins!
Ce petit goût suri et désagréable est donc remonté à la bouche du coach jeudi soir. « Mais aussi difficiles à regarder étaient certaines des séquences, autant j’avais l’impression qu’on pouvait revenir gagner ce match en troisième période », a poursuivi l’entraîneur-chef un brin désabusé par la défaite et deux brins impatienté par les insuccès qui se prolonge.
Des insuccès qui ont chassé le Tricolore, pour l’instant, du portrait des séries alors qu’il se réveille au sixième rang de la section atlantique; au 13e de l’association de l’Est.
Cette dernière citation du coach illustre parfaitement l’allure du premier quart de saison alors que les hauts du Canadien ont été très hauts, mais que ses bas ont été très bas!
Avec comme résultat que les partisans qui célébraient avec passion la première place au classement de leurs favoris qui semblaient si près des grands honneurs se demandent maintenant si leur club, qui semble si loin de ce qu’il était il y a quelques semaines à peine, sera en mesure de gagner à nouveau.
Beaucoup trop généreux
Bien sûr que le Canadien gagnera à nouveau. Mais pour gagner, il devra être beaucoup moins généreux qu’il ne l’a été jeudi comme le confirment d’ailleurs les huit buts marqués par les Caps.
Il faudra aussi que le Tricolore cesse de jouer avec le feu et de profiter de sa vitesse et de son talent pour faire tourner le vent en sa faveur en prolongation.
Les cinq victoires du Canadien en prolongation, aussi méritées fussent-elles, ont voilé une réalité moins flamboyante du Tricolore.
Car avec seulement cinq gains en temps réglementaire, le Canadien complète son premier quart de saison sur un pied d’égalité avec les Sabres de Buffalo, les Canucks de Vancouver et les Flames de Calgary : pas vraiment des puissances de la LNH.
Les Sharks, les Oilers, les Predators et les Flyers sont pires avec seulement quatre maigres gains en temps réglementaire.
Cette statistique devrait calmer un peu les ardeurs des partisans qui voyaient leurs favoris plus gros que nature.
Mais cette statistique peut aussi s’expliquer par le très mauvais début de saison de Samuel Montembeault devant le filet, et par la chute d’efficacité de Jakub Dobes.
Car il est très difficile de gagner quand ton ou tes gardiens ne te donnent pas le genre de performances susceptibles d’au moins donner une chance de gagner à leur équipe.
La relance du Canadien dans le deuxième quart de saison qui s’amorcera samedi, avec la visite des Maple Leafs de Toronto au Centre Bell, passera donc par une relance des gardiens.
Mais devant eux, leurs coéquipiers devront les aider bien plus qu’ils ne l’ont fait jeudi face aux Capitals. Bien plus qu’ils l’ont fait depuis le début de la glissade des huit dernières parties.
« Quand on fait des erreurs, on dirait qu’elles sont énormes, qu’elles donnent des occasions de grande qualité à nos adversaires qui savent en profiter », a indiqué avec raison le vétéran défenseur Mike Matheson après le match.
Matheson affichait une grande honnêteté après la défaite gênante. Mais il n’affichait aucun signe de panique. Et pas question de tomber dans le piège de reconnaître que les gardiens pourraient être meilleurs ou de dénoncer le fait qu’aucun membre du Canadien ne s’est rué sur Tom Wilson après qu’il eut asséné une très dure – et à la limite de la légalité – mise en échec à Jake Evans qui n’a effectué qu’une courte présence après l’assaut encaissé en fin de période médiane.
De l’autre côté du vestiaire, Brendan Gallagher analysait tout aussi calmement la situation. L’œil gauche encore jauni par un coup encaissé dernièrement, des points de suture brodés sur son nez, Gallagher qui en a vu d’autres et des bien pires invitait tout le monde au calme.
« On doit d’abord se calmer un peu. On doit se parler, comprendre ce qu’on fait de mal. On doit surtout comprendre ce qu’on ne fait plus de bien afin de revenir au hockey qui nous permettait d’avoir du succès en début de saison. On fait de grosses gaffes sur la patinoire. C’est clair. Mais nous sommes les mêmes gars qui forment la même équipe qui gagnait lors des 10, 12 premiers matchs. On croit tous en nous et en nos moyens. On doit juste se regrouper. Et on va y arriver », a plusieurs fois répété le vétéran ailier droit.
Est-ce que ce retour aux victoires viendra samedi aux dépens des Leafs qui en arrachent eux aussi?
Est-ce que ça viendra lors de l’escapade à Salt Lake City, Las Vegas ou Denver, escapade au cours de laquelle le Canadien célébrera le « Thanks Giving » cette plus grande fête chez nos voisins du sud. Une fête qui traditionnellement tend à donner une bonne idée de qui accédera ou ratera les séries éliminatoires.
Sauf que cette année, avec la parité qui règne dans la LNH, surtout dans l’Association est, même le dimanche de Pâques (5 avril) sera trop hâtif pour confirmer le tableau des séries qui débuteront 13 jours plus tard.
Alors pas de quoi paniquer. Du moins, pas encore!
Samedi je présenterai le bulletin du quart de saison de chaque joueur de l’équipe.




