La complicité semble bien présente dans le vestiaire des Canadiens de Montréal cette saison. Il n’est pas rare d’entendre les joueurs en point de presse se taquiner entre eux et les sourires partagés sur la patinoire sont nombreux.
Mais parfois, comme pour tout le monde, les sourires ne sont pas toujours au rendez-vous et chacun peut traverser des moments plus difficiles dans sa vie personnelle.
En cette journée Bell Cause pour la cause, des membres de l’organisation du Canadien ont été interrogés sur leur vision par rapport aux enjeux de santé mentale et comment ils trouvaient que la discussion sur ce sujet avait évolué dans les dernières années.
La vie de joueur de hockey professionnel est évidemment attirante, mais ça ne met pas à l’abri de toutes les difficultés. Il y a toujours un revers à une médaille. Le marché de Montréal est reconnu pour sa passion, mais parfois, elle peut entraîner une pression lorsque la situation tourne moins bien. Les réseaux sociaux peuvent aussi être une source à consulter et manipuler avec prudence comme le souligne Zachary Bolduc. Il ajoute toutefois qu’un vestiaire soudé comme celui du Canadien permet aux joueurs de se sentir appuyés peu importe les défis auxquels ils sont confrontés.
« Il ne faut pas avoir peur d’en parler. Dans notre profession, ça peut parfois être dur mentalement alors que c’est rempli de hauts et de bas. D’être entouré par les bonnes personnes et ne pas avoir peur d’en parler, c’est important », a-t-il partagé aux médias dans le vestiaire mercredi.
« Ce sont des gens passionnés ici qui vivent les hauts comme les bas, a-t-il évoqué au sujet des partisans. Tu le vois, nous avons les mêmes réseaux sociaux que tout le monde, donc on voit tout ça. Nous sommes encadrés, nous avons une belle gang de gars ici, on se supporte. On supporte un gars lorsque ça va moins bien et on pousse un autre lorsque ça va mieux. Comme je l’ai dit, c’est d’être bien encadré et de ne pas avoir peur d’en parler. »
« Les gens pensent qu’on mène toujours une bonne vie, mais parfois ça vient plus dur mentalement. Parfois dans les gros marchés comme Montréal ça peut être dur, donc c’est bon d’avoir les ressources pour en parler. Je pense que c’est une belle cause et il ne faut pas être gêné d’en parler », a pour sa part souligné Samuel Blais.
« C’est une cause qui me tient à cœur, ça n’a pas toujours été facile dans ma carrière, mais j’ai toujours eu des personnes pour m’aider, me supporter. C’est important d’en parler. »
— Samuel Blais
Ce discours est martelé par chaque intervenant questionné sur le sujet chez le Tricolore en ce mercredi. Si une journée sous cette thématique peut lancer les discussions, il faut retenir que si le besoin se fait ressentir, en parler est un pas vers la solution et peut faire le plus grand bien pour tout le monde.
« Je pense qu’il y a eu beaucoup d’évolution par rapport à ça dans les dernières années. Tu vois des athlètes olympiques qui sortent et qui parlent qu’ils ont parfois de la misère à compétitionner et être libres dans leur tête. C’est une journée super importante. Plus on en parle, mieux c’est. C’est normal, on passe tous par des moments plus creux, mais c’est important d’en parler et c’est comme ça qu’on passe au travers », a souligné Alexandre Carrier.
« Je pense ce n’est pas juste dans le sport, c’est une évolution dans notre société présentement. Il y a bien longtemps, ces sentiments restaient internes avec la personne et il fallait tu te sortes de là tout seul. C’est beaucoup plus difficile. Maintenant, c’est plus ouvert et notre cerveau c’est comme un muscle qu’il faut que tu répares. Ça prend des conversations. Ça prend la vérité et il faut que tu t’ouvres. Je pense la société est dans une bonne place pour aider les gens, pas juste les athlètes », a mentionné l’entraîneur-chef Martin St-Louis.
« Comme société, nous sommes plus responsables et plus éduqués. Ce n’est pas juste pour les athlètes, mais pour tous les gens qui traversent des moments plus difficiles », a-t-il renchéri.






