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Une dureté mentale qui ne satisfait pas St-Louis

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Juraj Slafkovsky

MONTRÉAL – Martin St-Louis n’était pas content après la prestation peu inspirée du Canadien et il n’a pas craint de le dire publiquement.

« L’autre équipe s’est défendue bien plus fort que nous, on a perdu beaucoup de batailles. Défensivement, on n’était pas là… », a déclaré St-Louis qui n’entendait pas à rire.

D’ailleurs, St-Louis ne comprenait pas pourquoi les médias souriaient quand il a ciblé la force mentale (mental toughness) qui a manqué à son équipe. Quand il était en quête de la bonne traduction, tous les journalistes pensaient à la dureté du mental, cette savoureuse référence au film Les Boys.

« La force mentale, c’est une partie importante de n’importe quoi dans la vie », a rappelé St-Louis qui l’a prouvé avec son parcours défiant les prévisions.

Et n’allez surtout pas dire lui dire que la jeunesse de son équipe peut justifier le tout.

« Ça ne devrait pas être une excuse. On ne peut pas l’accepter simplement car on est une jeune équipe. Si on le faisait, ce serait difficile de franchir cette étape. On est exigeants de ce côté », a-t-il expliqué.

À ses yeux, ça ne fait aucun doute que la réponse, pour stopper les hémorragies, qui surgissent trop régulièrement, « doit venir de l’interne, c’est une décision de groupe ».

Certains vont blâmer le système homme à homme du Canadien. Personnellement, ce n’est pas notre lecture de cette défaite qui manquait surtout de conviction. C’était aussi l’interprétation de St-Louis.

« Je ne parlerai pas de système. Dans n’importe quel système, tu dois être alerte, ça n’a aucun rapport », a cerné l’entraîneur en rappelant que son club peut bien se débrouiller défensivement.

« On ne s’est pas assez défendus. C’est une partie si importante du match qui n’a rien de plaisant. Tu peux avoir toute la structure voulue, mais ça part d’abord de l’attitude. Nos joueurs connaissent nos principes défensifs, c’est l’attitude », a-t-il ajouté.

« Je ne crois pas que les gars sont mélangés, on est à l’aise avec le système. Je verrais plus un manque de concentration parfois. Il faut resserrer le tout pour plus aider nos gardiens », a évoqué le défenseur Alexandre Carrier.

Quand il a été invité à identifier la raison expliquant le manque de constance de sa troupe, St-Louis s’est accordé une pause.

« Je ne sais pas. En tant qu’entraîneur, tu te poses toujours ces questions. Pourquoi tu es bon un soir et pas l’autre soir. Je suis déçu de la manière que notre club s’est défendu dans ce match. »

Ce qu’on comprend, c’est que St-Louis souhaite que ses protégés retiennent une leçon primordiale de cette défaite.

« C’est une ligue exigeante, chaque jeu est important et chacun doit exécuter sa tâche. On ne l’a pas fait dans ce match. Tu dois te réveiller chaque jour en sachant que ce sera exigeant même quand tu traverses une séquence victorieuse », a pointé St-Louis.

Comparativement au début de saison plus convaincant, le Canadien semble avoir perdu une partie de son identité.

« Récemment, on a perdu notre agressivité, les gars restent plus souvent en 1-2-2 quand des occasions d’échec-avant sont présentes. Même défensivement, on stoppe moins rapidement les jeux », a déploré Suzuki.

« C’est frustrant. On corrige un aspect, mais un autre se déroule moins bien. Ça revient à tous les gars dans cette équipe de mieux jouer même quand on change de petits trucs dans notre système. Il faut être alertes dans ce qu’on fait », a suggéré Juraj Slafkovsky.

Et laissons le mot de la fin à Carrier.

« C’était plus difficile dans ce match, mais l’important sera notre réponse mercredi », a-t-il conclu.