Il y a de tout plein de très bons joueurs de hockey dans la LNH. Il y a aussi quelques grandes vedettes. Et il y a des joueurs exceptionnels. Ou des joueurs d’exception!
Des joueurs capables de transformer en vedettes offensives les coéquipiers chanceux qui sont sur la patinoire en même temps qu’eux. Des joueurs capables de rendre leur équipe meilleure qu’elle ne l’est vraiment.
Macklin Celebrini est déjà dans cette catégorie.
Il l’a prouvé une fois de plus, samedi, alors qu’il effectuait sa première présence sur l’une des plus grandes scènes de la LNH : le Centre Bell, un samedi soir.
Plus encore que ses deux buts et la passe qu’il a ajoutés dans une victoire de 4-2 de ses Sharks venus de San Jose aux dépens du Canadien, c’est sa manière de flotter sur la patinoire, d’être discret, mais partout en même temps qui sautait aux yeux samedi soir.
Qui sautait aux yeux encore samedi soir, répliqueront ceux et celles qui ont la chance de se gaver de ses prouesses soir après soir.
Les Dieux du hockey ont donné en cadeau à Macklin Celebrini une vitesse équivalente à celle de Connor McDavid. Il y a pire cadeau dans la vie on en conviendra tous!
Mais contrairement à McDavid, il n’est pas, du moins pas encore, aussi spectaculaire que le meilleur joueur de hockey au monde. Il ne se lance pas à l’épouvante. Il ne fait pas frémir les gardiens adverses avec des tirs frappés capables de leur traverser le corps, de percer les bandes, de fracasser les baies vitrées.
Mais si tu lui donnes un pouce, il va te le faire payer cher.
Parlez-en à Juraj Slafkovsky qui a été juste un brin mollasson dans son repli défensif en milieu de première période. Le gros ailier du Canadien est demeuré juste un peu passif alors que Celebrini venait de recevoir une passe de Collin Graf en entrée de territoire du Canadien. Il aurait pu, et dû, intervenir. Il aurait pu, et dû, sortir le bâton, ne serait-ce que pour tenter de compliquer le travail du meilleur joueur sur la patinoire samedi soir au Centre Bell. Mais non. Il l’a laissé aller et Celebrini en a profité pour décocher un tir des poignets qui n’a donné aucune chance à Jakub Dobes. Le score s’est retrouvé égal 1-1.
Juste de même? Juste de même!
Celebrini a ajouté un but dans un filet désert pour confirmer la victoire. Un but que lui a offert Collin Graf qui aurait pu marquer ou au moins tenter de le faire.
Mais comme le présent et l’avenir des Sharks reposent sur les épaules de Celebrini et qu’en prime, Celebrini lui avait permis de donner les devants 3-1 aux Sharks en tirant sur lui pour faire ricocher la rondelle derrière Dobes en fin de période médiane, le retour d’ascenseur était normal, même souhaitable.
Comment arrêter Celebrini? En se collant à lui. En le marquant sans relâche. En tentant de lui enlever la rondelle chaque fois qu’elle est sur la lame de son bâton, ou à tout le moins en tentant de la harponner.
« On sait que ce que nous avons à faire, mais nous devons juste le faire mieux que nous l’avons fait ce soir » que Lane Hutson a candidement admis aux journalistes qui l’entouraient dans le vestiaire du Canadien après le match.
Hutson a terminé sa soirée de travail avec un différentiel de moins-3. Il a été pris à contrepied à quelques reprises, c’est un fait. Mais Kaiden Guhle, qui devrait être l’ancrage défensif à sa gauche, a connu une soirée plus difficile encore. Il a perdu des batailles le long des bandes. Il a perdu la rondelle. Il est capable de faire mieux.
Tout comme Alexandre Carrier qui doit trouver une façon de s’imposer davantage sur le plan physique. Il doit trouver un moyen de dégager le devant de son filet mieux qu’il ne l’a fait hier. Ou pas fait, diront ses détracteurs…
Le troisième but marqué par Collin Graf ne serait jamais venu hanter Jakub Dobes et le Canadien si Carrier avait pu déplacer l’attaquant des Sharks.
Envoyés sur la patinoire dans un contexte de mes meilleurs contre tes meilleurs, Juraj Slafkovsky et ses complices du premier trio (Nick Suzuki et Cole Caufield) ont peiné à contenir Celebrini et son trio en défensive. Caufield et son capitaine ont toutefois marqué chacun leur tour. Ce qui fait un brin contrepoids dans l’équation.
Mais à l’aube des séries, l’équation défensive devient de plus en plus importante. Martin St-Louis devra s’assurer que tous ses joueurs comprennent bien ce principe et qu’ils prennent les moyens pour le mettre en pratique sur la patinoire.
Déjà parmi les grands
Celebrini est rendu à 35 buts et 94 points. Il occupe le cinquième rang des marqueurs de la LNH, ce qui est un exploit en soi considérant qu’il termine seulement sa deuxième saison avec les Sharks.
Exploit plus impressionnant encore, Celebrini avec ses 48 points (17 buts) récoltés sur la route jusqu’ici cette saison (32 matchs) est devancé seulement par Wayne Gretzky – 60 points, dont 23 buts en 79-80 – et Sidney Crosby – 56 points, dont 17 buts en 06-07 – pour la meilleure production sur la route par un adolescent en saison régulière.
Et la saison est loin d’être terminée…
Dans l’histoire des Sharks, Celebrini a connu son 15e match de trois points ou plus de la saison. Il a besoin de trois autres soirées du genre pour rejoindre Joe Thornton au sommet de la franchise avec 18 matchs de trois points ou plus; un record établi en 2006-2007.
Ah oui! J’oubliais! Ses 94 points lui confèrent une avance de 49 points devant Will Smith qui, avec ses 19 buts et 45 points, est le deuxième marqueur des Sharks.
Pas facile de trouver une comparaison susceptible de démontrer la grandeur de Celebrini et surtout l’importance de cette statistique.
Le « Grand » Michael Farber, la référence pour les journalistes qui suivent le hockey avec passion, a mis cette statistique en contexte par le biais de X pendant le match Canadien-Sharks samedi alors qu’il a rappelé l’exploit de Joe Sakic qui, en 1990-1991, avait connu une saison de 109 points avec les Nordiques de Québec soit 50 de plus que le tout jeune Mats Sundin.
L’absence de Gallagher
La décision d’écarter Brendan Gallagher de la formation était inévitable. Elle est tombée samedi.
La présence d’Alexandre Texier à sa place en compagnie de Phillip Danault et Josh Anderson a donné des dividendes rapides… à l’attaque. Texier, qui est plus rapide et a des mains plus agiles que Gallagher, a orchestré quelques belles poussées du quatrième trio en zone ennemie.
Il a même offert un but à Lane Hutson après une belle incursion jusqu’au filet ennemi. Un but qui a finalement été refusé, les arbitres ayant sifflé l’arrêt de jeu avant que Hutson ne s’empare d’une rondelle qui avait échappé au gardien Alex Nedelkovic.
Je croyais qu’il y avait bel et bien but sur le jeu, mais ce n’est pas moi qui décide.
En défense toutefois, le trio Danault-Anderson-Texier en a arraché pas mal. Est-ce que la combativité de Gallagher aurait aidé en défense?
Bien malin qui peut répondre à cette question.
Cela dit, Gallagher réintègrera la formation dès dimanche soir alors que les Ducks d’Anaheim – blanchis 2-0 à Ottawa samedi par les Sénateurs – feront leur escale annuelle au Centre Bell. On devrait donc avoir une forme de réponse à cette question d’ici peu.
Qui sortir de la formation pour ramener Gallagher?
L’apport offensif de Texier pourrait le garder au sein d’un des deux trios de soutien.
Alors qui? Je miserais un huard, mais pas deux, sur Zachary Bolduc.
On verra bien assez vite!










