Canadiens
Canadiens de MontréalOpens in new window
Zachary BolducOpens in new window
nhlOpens in new window

Zachary Bolduc : révélation d’un voyage réussi

Publié le 

MONTRÉAL – Bonne nouvelle! Le Canadien a complété le voyage de trois matchs donnant le coup d’envoi à sa saison 2025-2026 avec une victoire de 3-2 arrachée avec 15 secondes à faire en troisième période.

Meilleures nouvelles encore : le Canadien qui profite d’un congé dominical bien mérité après avoir récolté quatre points sur les six à l’enjeu lors de ce périple qui n’était pas évident – les Leafs, les Red Wings et les Blackhawks étaient motivés par la frénésie associée à leur soirée d’ouverture à domicile – rentre à la maison pour amorcer une séquence de quatre matchs au Centre Bell. Quatre matchs consécutifs devant ses partisans contre le Kraken, les Predators, les Rangers et les Sabres. Quatre adversaires qui sont loin d’être favoris pour soulever la coupe Stanley. Quatre adversaires qui sont d’ailleurs loin d’être assurés d’accéder aux séries.

Mais la meilleure nouvelle qui se démarque le plus au milieu de toutes ces bonnes nouvelles, c’est que le Canadien a battu les Blackhawks, à Chicago, en dépit du fait qu’il a disputé le moins bon de ses trois premiers matchs de la saison.

Le genre de match que le Tricolore aurait probablement perdu dans un passé encore récent. Car quand les choses ne tournaient pas rondement en faveur de ses joueurs, Martin St-Louis les voyait souvent trouver des façons de perdre au lieu de puiser dans leurs ressources pour arracher la victoire.

« Notre exécution n’était pas à point », a d’ailleurs convenu Martin St-Louis lors de son analyse d’après-match.

Pourquoi commentait-il une victoire et non un revers? Parce que son équipe ne s’est pas laissée déstabiliser par les choses qui n’allaient pas. Ou allaient moins bien.

Son équipe est demeurée dans le coup. Son équipe a travaillé. Samuel Montembeault très peu occupé lors des deux premières périodes – le gardien du Canadien avait reçu seulement 10 tirs après deux périodes, soit un de moins que le nombre de pénalités mineures écopées par les Blackhawks – s’est imposé en troisième stoppant les 12 tirs des Hawks. La barre transversale a fait sa part à une occasion et Kaiden Guhle a servi de bouclier sur un autre tir décoché lors d’une bonne présence des Hawks en territoire du Tricolore.

Bon! Les partisans des Blackhawks hurleront que les arbitres ont grandement aidé la cause du Canadien en offrant au Tricolore dix avantages numériques. Dix attaques massives, c’est gros. C’est énorme! À titre indicatif, la dernière fois que le Canadien s’est fait offrir dix supériorités numériques, Guy Carbonneau était entraîneur-chef. C’était le 16 novembre 2008 face aux Blues de St. Louis. C’était il y a près de 17 ans. C’était il y a 1311 matchs…

Le Canadien avait bousillé ces dix attaques massives – les Blues avaient frappé 1 en 9 – pour finalement l’emporter 3-2 en tirs de barrage.

Samedi soir, à Chicago, le Canadien a marqué deux fois en avantage numérique. Ce qui est très bien. Ce qui l’est moins, c’est le fait qu’il n’a marqué que deux fois...

Bolduc fait le ménage

Zachary Bolduc a joué des rôles de premier plan sur les deux buts marqués lors d’attaque massive. Sur le premier, il a décoché le tir que Cole Caufield a habilement redirigé en plein vol. Sur le deuxième, il a sauté sur une rondelle libre dans l’enclave pour la tirer d’instinct derrière Spencer Knight qui a fait du bon boulot samedi soir devant la cage des Hawks.

Bolduc ne dérougit pas! 3 en 3! Zachary Bolduc marque un troisième but en autant de matchs à ses débuts avec les Canadiens.

Bolduc est un marqueur. Mais plus encore, il est prêt à se rendre dans les endroits où il faut se battre pour marquer. Il est prêt à encaisser des coups. Prêt à en donner aussi. Il semble prêt à tout pour aider la cause de son équipe.

Et ça, c’est peut-être la meilleure de toutes les bonnes nouvelles offertes au fil des trois premiers matchs du Canadien.

Zachary Bolduc a marqué trois buts en trois matchs. Il a ajouté une passe en prime.

Non! Je ne laisserai pas cette séquence m’inciter à croire possible qu’il puisse marquer à chacun des 82 matchs du Tricolore cette saison.

Ce serait absurde.

Mais quand on considère que le Québécois a marqué 14 buts dans ses 28 derniers matchs disputés la saison dernière, à St. Louis, et qu’il est donc rendu à 17 buts à ses 31 derniers matchs de saison régulière, il n’est pas farfelu de croire qu’il pourrait être le premier marqueur de 40 buts avec le Canadien depuis Vincent Damphousse en 1993-1994.

Ce serait déjà ça.

Quand je regarde Bolduc aller sur la patinoire, pas juste quand il marque des buts, mais quand il se bat le long des bandes et devant le filet, je me demande qu’est-ce que les Blues lui reprochaient pour accepter de l’échanger au Canadien en retour de Logan Mailloux.

Et ce n’est pas une flèche envoyée au cœur de Mailloux. Pas du tout. J’aimais beaucoup ce jeune défenseur et mes projections à son égard étaient très optimistes.

Mais au rythme actuel, Mailloux devra dépasser de beaucoup mes projections pour arriver à rejoindre Zachary Bolduc. Pas en matière de production puisque l’un est attaquant et l’autre est défenseur. Mais pour rejoindre le niveau de contribution de Bolduc dans les succès du Canadien.

Demidov à la place de Slafkovsky?

Zachary Bolduc est peut-être ma révélation des trois premiers matchs, mais il est difficile de reprocher quoi que ce soit aux 17 autres patineurs et aux deux gardiens utilisés lors des trois premiers matchs.

Comme tout le monde, je me pose toutefois une question quant à la composition et l’utilisation des deux unités d’avantage numérique.

Bon! On va se le dire, Martin St-Louis a le luxe de pouvoir compter sur deux unités dignes de ce nom d’attaque massive alors que depuis son arrivée à la barre du Canadien il devait en demander beaucoup, parfois trop, aux joueurs qui peinaient à donner au Tricolore une unité d’attaque massive digne de la LNH.

Mais quand je regarde aller Juraj Slafkovsky en milieu de territoire offensif le long de la bande à la gauche du gardien adverse, je me demande ce qu’il fait là.

Cette place revient à Nick Suzuki sur la première vague. Ça me semble évident. À moins qu’on décide de donner une promotion à Ivan Demidov.

Mais pour Slafkovsky, c’est devant le filet qu’il devrait se batailler pour voiler la vue des gardiens et sauter sur les retours. Il a d’ailleurs marqué le cinquième but du Canadien, jeudi, à Detroit, de cette façon.

Et hier, sur le but de la victoire accordé à Kaiden Guhle, j’étais convaincu – et je le suis toujours un brin, que c’est Slafkovsky qui avait fait dévier la rondelle derrière Spencer Knight.

Mais voilà : Zachary Bolduc est tellement efficace pour faire le ménage devant le filet adverse, qu’on doit trouver une autre fonction à Slafkovsky.

Celle de contrôler le jeu à mi-chemin en zone ennemie me semble incompatible avec ses capacités.

Bon! Il n’y a que trois matchs de disputés en saison. Comme l’an dernier, alors que les règles de régie interne forçaient un peu la main de Martin St-Louis qui a maintenu la présence de Mike Matheson pendant un certain temps – une période trop longue aux yeux de plusieurs amateurs – au sein de la première unité d’attaque massive avant de le remplacer par Lane Hutson, il me semble que le coach donne du temps à Slafkovsky au sein de la première unité avant de procéder au changement que bien des partisans espèrent de tout cœur.

« Il n'y avait rien de parfait, mais on a été la chercher » Point de presse de Martin St-Louis après la victoire des Canadiens face aux Blackhawks.

Le respect des vétérans, même des jeunes vétérans, c’est essentiel pour qu’un entraîneur-chef maintienne son autorité dans le vestiaire. Pour qu’il soit respecté.

Quand il deviendra plus clair que ce l’est déjà que Slafkovsky devrait jouer un rôle qui lui va mieux au sein de la deuxième unité d’attaque massive, mais surtout quand Martin St-Louis aura donné tout le temps nécessaire à « Slaf » pour démontrer qu’il n’est pas à sa place au sein de la première unité, le coach pourra procéder à des permutations.

Pas avant!

Et ça, Martin St-Louis le sait mieux que n’importe qui en raison des années passées dans les vestiaires d’équipes de la LNH.

Mais bon! On admettra tous, du moins je l’espère, que ce problème est un heureux problème à gérer pour un coach qui a jonglé avec des ennuis bien plus épineux par le passé.

Comme quoi le Canadien est vraiment sur la bonne voie.

Xhekaj dans la mire des arbitres

Arber Xhekaj n’a effectué que 11 présences totalisant 6 minutes 48 secondes de temps d’utilisation. Il a été le joueur le moins utilisé du Canadien. Seuls Sam Lafferty (4 min 43 s) et Lukas Reichel (6 min 41 s) ont joué moins que Xhekaj samedi soir.

Est-ce à dire que le défenseur du Canadien a été puni par son coach?

Pas du tout. Du moins je ne crois pas. Car quand on considère que le Canadien a évolué pendant près de 16 minutes (15 minutes 56 secondes) à cinq contre quatre en plus des 33 secondes avec un avantage de deux hommes, ça fait près de 16 minutes et demie au fil desquelles Xhekaj ne touche pas à la patinoire.

C’est énorme!

Et comme il n’a passé que 15 secondes sur la patinoire pour écouler une des quatre attaques massives des Hawks, on comprend que son temps d’utilisation ait été limité. Mettons!

Déjà que Xhekaj doit remplir un des rôles les plus difficiles du hockey – faire régner le respect sur la patinoire sans pour autant mettre ton équipe dans le trouble – il doit aussi éviter les pénalités d’indiscipline.

Ce qu’il n’a pas fait samedi soir.

Xhekaj était au cachot lorsque les Hawks ont nivelé les chances 2-2. Il venait d’être chassé pour avoir saisi un adversaire par-derrière et lui avoir passé les bras autour du cou devant la cage de Samuel Montembeault.

Ce n’était pas un crime grave. On s’entendra tous là-dessus. Même que dans différentes circonstances, les arbitres auraient pu fermer les yeux.

Mais samedi, alors que les arbitres avaient déjà offert sept attaques massives au Canadien avant la mi-match, contre une seule aux Hawks, il devenait clair comme de l’eau de roche que les joueurs du Tricolore devaient être très prudents.

Xhekaj ne l’a pas été. S’il veut s’établir au sein du troisième duo et ne pas avoir à être le premier joueur susceptible d’être retranché lorsque les coachs décident de jongler avec la brigade défensive, Xhekaj doit apprendre à lire les situations. À les comprendre. À comprendre qu’il n’y avait aucune raison de saisir Colton Dach par le cou comme il l’a fait. Et qu’un tel geste, qui n’avait aucune incidence sur le déroulement du match, ouvrait toute grande la porte à la sanction que les arbitres lui ont infligée illico.

Il me semble qu’il est non seulement permis, mais qu’il est nécessaire de souligner ce genre de réaction. Cette forme d’indiscipline. Car si elle n’a pas été trop coûteuse – au-delà du but marqué par Connor Bedard pour faire 2-2 – samedi soir, elle pourrait l’être beaucoup plus à un moment donné. Aussi bien éviter ces situations en faisant preuve de plus de discipline, ou d’une meilleure gestion de ses émotions.

Et ce qui est vrai pour Arber Xhekaj l’est aussi pour tous ses coéquipiers. L’ennui pour lui, et il est de taille et il le suivra toute sa carrière, c’est que les arbitres seront toujours plus intransigeants à son endroit qu’à l’endroit de son capitaine Nick Suzuki.

C’est plate : oui! C’est injuste : bien sûr! Mais c’est comme ça.