Dominique Ducharme sent que d'intégrer les rangs d'une formation de la LNH était la suite logique de son cheminement d'entraîneur. De pouvoir le faire avec le Canadien est d'autant plus significatif pour le nouveau membre de l'organisation montréalaise.

Le remaniement de personnel qu'a effectué le Canadien en matinée a souri à l'entraîneur de 45 ans, tandis que deux autres proches conseillers de Claude Julien, Jean-Jacques Daigneault et Daniel Lacroix, ont perdu leur emploi dans la foulée des décisions annoncées.

« Je me sentais prêt à quitter les rangs juniors et de passer au niveau suivant, a indiqué Ducharme durant sa première rencontre avec les membres des médias, vendredi après-midi, au Complexe sportif Bell de Brossard. Je vois ça comme une suite logique. De me joindre au Canadien et de travailler avec Claude Julien, pour moi c’était la meilleure situation possible. »

Daigneault était responsable des défenseurs et l'entraîneur-chef Claude Julien a confirmé qu'il était à la recherche d'une autre personne pour pourvoir à ce poste. Julien a aussi confirmé que les responsabilités de Kirk Muller n'allaient pas changer.

Ducharme a passé les 10 dernières saisons comme entraîneur dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, dont les sept dernières comme entraîneur-chef. Entre 2011 et 2016, il a dirigé les Mooseheads de Halifax avant de se joindre aux Voltigeurs de Drummondville en 2016.

Au cours d'une carrière de 15 saisons comme joueur, Ducharme a gravi les échelons de la Ligue de hockey Midget AAA à la Ligue de hockey senior du Québec, en passant par cinq campagnes en France. Il n'a toutefois jamais goûté à la LNH, ce qui manquait peut-être à son palmarès en vue d'une éventuelle nomination comme entraîneur-chef dans le circuit Bettman.

C'est ce qui explique aussi pourquoi il a préféré un poste d'adjoint dans la LNH à celui d'entraîneur-chef dans la Ligue américaine de hockey.

« C'est quelque chose que j'ai regardé aussi, a admis Ducharme, qui avait rencontré tour à tour Julien et le directeur général du Tricolore, Marc Bergevin, au cours des derniers jours. Je n'ai pas joué dans la Ligue nationale et pour moi, c'était important de découvrir l'ambiance d'un vestiaire de la Ligue nationale, le calendrier de la Ligue nationale - tout ce qui entoure le voyagement. Comment gérer le quotidien d'une équipe de la Ligue nationale. Et de pouvoir le faire ici, c'est quelque chose de très intéressant pour moi. »

Dominique Ducharme dans l'AC

Originaire de Joliette, Ducharme était aussi très fier de se retrouver dans l'organisation du Canadien.

« J'ai grandi 'Canadien' et aujourd'hui je suis 'Canadien'. Il n'y a pas mieux pour moi », a-t-il affirmé lors de sa première mêlée de presse comme membre du Tricolore.

Les discussions entre Ducharme et la haute direction du Canadien se sont intensifiées après l'élimination des Voltigeurs des séries de la LHJMQ, il y a une dizaine de jours.

« Après avoir parlé beaucoup avec Marc Bergevin et passé du temps avec Claude, j’étais de plus en plus à l'aise (avec mon choix). Il y a eu une chimie qui s’est installée instantanément. Ça s’est fait rapidement mais aussi intensément. Les derniers jours ont été drainants, car il y avait beaucoup de choses à considérer, tant du côté professionnel que familial. Quand je me suis mis à tout considérer, ça m’est apparu évident que c’était la place pour moi. »

La possibilité d'apprendre d'un instructeur d'expérience comptant une coupe Stanley à son palmarès était un argument supplémentaire pour persuader du bien-fondé de son choix celui qui a remporté l'or avec Équipe Canada au dernier Mondial junior.

« J'ai grandi Canadien, aujourd'hui je suis Canadien! »

« J’ai eu des discussions (avec d’autres équipes). J’avais d’autres options, mais je voulais un environnement où j’aurais un impact et où je pourrais progresser en tant qu’entraîneur. (...) On n’a pas besoin de revenir sur la bagage d’expérience de Claude. Pour moi, je pense que je peux grandir énormément dans cette situation. »

« Je sais en partie quelles responsabilités me seront confiées. Nous ne sommes qu’au mois d’avril, mais je sais que je vais être derrière le banc et que je vais travailler avec les attaquants. Le reste sera à peaufiner », a-t-il poursuivi.

Quelques visages familiers parmi l'effectif

Ducharme n'arrive pas en territoire inconnu puisqu'il a eu l'opportunité, depuis 2013, de côtoyer quelques joueurs de l'édition actuelle du Tricolore.

« C'est la meilleure situation possible »

« Je suis content de pouvoir travailler avec Jonathan Drouin, mais il n’est pas le seul. Je retrouve Victor Mete, Noah Juulsen et même Charles Hudon que j’ai côtoyés ces dernières années. De retrouver des joueurs que tu connais dans l’équipe à laquelle tu te joins, ça aide. J’ai hâte d’aider les joueurs à atteindre individuellement et collectivement leur potentiel. Je pense que c'est le mandat de chaque entraîneur. »

Dans sa rencontre avec les journalistes, Julien a tenu à préciser que cette partie de son curriculum vitae n'avait pas pesé lourd dans la balance.

« Dominique n'est pas ici parce qu'il est Québécois ou qu'il connaît (certains de nos joueurs). Les gens vont être tentés de croire que c'est la raison de son embauche, mais la vérité est qu'il est un bon entraîneur, point à la ligne », a insisté l'entraîneur-chef.

L'étape avant d'être entraîneur-chef dans la LNH?

Julien n'a pas voulu entrer dans les détails, mais Ducharme s'attend à se faire confier la responsabilité de travailler avec les attaquants. Julien a mentionné que Ducharme sera à ses côtés sur le banc lors des matchs et qu'il lui servira de paire d'yeux supplémentaires - un rôle que Julien a lui-même eu aux côtés de Mike Babcock avec l'équipe canadienne aux Jeux olympiques et à la Coupe du monde.

« Mike me posait des questions sur différents aspects, sur les trios, ce que je voyais, a expliqué Julien. C'est important d'avoir ça. Dominique a une bonne connaissance du jeu et des ajustements à faire au cours d'un match. Au lieu que ce soit par radio vers Kirk (Muller) et moi, je vais l'avoir à mes côtés.

« C'était le candidat idéal pour ce que je recherchais. »

Selon le site de la LHJMQ, Ducharme s'est bâti un dossier de 255 victoires et 195 défaites, incluant les revers en prolongation et en tirs de barrage, en 450 matchs du calendrier régulier. Il a ajouté 49 victoires en 78 rencontres des séries éliminatoires. Il a été le récipiendaire du trophée Paul-Dumont, remis à la personnalité de l'année dans la LHJMQ, lors de la dernière saison.

Montréal tombe sous le charme de Dominique
Une bonne prise pour le Canadien
« C'était le candidat idéal »
Un rôle à définir pour Ducharme