MONTRÉAL – Une « mini craque » dans la formation du Canadien. C'est tout ce qu'attend Alex Belzile pour s'y infiltrer et défier l'improbable.
Une fois de plus.
« C'est sur ça que j'ai basé toute ma carrière », rappelait la fierté de Saint-Éloi, jeudi, un peu plus d'une semaine après l'annonce de son retour dans l'organisation montréalaise.
À l'ouverture du marché des joueurs autonomes le 1er juillet, le vétéran de 33 ans a signé un contrat d'une saison à deux volets, renouant ainsi avec l'organisation pour laquelle il a évolué de 2018 à 2023.
« Certains pourraient penser que je reviens à la maison en fin de carrière, mais moi je vois ça tout à fait à l'opposé et je vais leur prouver qu'ils ont tort. »
Car s'il a accepté la proposition du Tricolore, qui lui rapportera un salaire de 775 000 $ dans la LNH et 375 000 $ dans la Ligue américaine, c'est parce que l'ancien capitaine du Rocket de Laval juge que l'opportunité est réelle pour lui d'être rappelé à un moment ou à un autre au Centre Bell.
C'est l'exploit qu'il avait réussi durant les saisons 2020-2021 et 2021-2022, prenant alors part à 13 rencontres. C'est toutefois lors de la campagne 2022-2023, alors que les blessures se multipliaient chez le CH, qu'il s'est le plus illustré.
À 31 ans et 165 jours, il est d'abord devenu le septième joueur le plus âgé de l'histoire du club à inscrire son premier but dans la LNH. Au terme de ce premier séjour prolongé en carrière dans la grande ligue, Belzile affichait une plus que respectable récolte de 6 buts et 8 passes en 31 matchs, s'imposant comme le candidat du CH au trophée Bill-Masterton pour sa persévérance.
« C'est l'équipe qui m'a donné ma première chance dans la Ligue américaine, puis avec les Canadiens ensuite. Je me vois encore comme un gars qui est bubble (à cheval entre la LAH et la LNH). Je connais exactement ma chaise, je sais quel genre de joueur je suis, et je continue de m'améliorer. »
Belzile l'a effet démontré au fil des deux dernières années.
Chez les Rangers de New York, qui lui avaient offert une entente de deux saisons après sa belle percée à Montréal, Belzile a attendu sa chance.
Rappelé du Wolf Pack d'Hartford pendant cinq semaines durant le calendrier 2023-2024, l'ailier droit de 6 pi et 205 lb n'a cependant pas été envoyé dans la mêlée. Puis, l'an dernier, alors que la dernière année de son pacte était à un volet, l'appel des Blueshirts n'est jamais venu.
Belzile était pourtant en voie de connaître sa meilleure campagne en carrière dans la Ligue américaine. Avec une production de 19 buts et 37 passes pour 56 points en 66 sorties, il a surpassé son rendement de 54 points (19 buts, 35 mentions d'aide) en 74 sorties qu'il avait offert à sa première année dans le circuit, en 2018-2019 avec le Rocket.
Don't leave Alex Belzile alone.@WolfPackAHL | #HFDvsCLT pic.twitter.com/FjRzvXvdJ9
— American Hockey League (@TheAHL) January 19, 2025
« Je voyais les joueurs autour de moi qui étaient rappelés et je me disais que je pouvais encore jouer avec ces gars-là et même avoir un impact dans la Ligue américaine très facilement.
« C'est encourageant et très motivant de revenir dans l'organisation qui m'a donné une chance. J'ai le même but depuis toujours et c'est d'arriver au camp d'entraînement, de faire écarquiller les yeux et de montrer que je suis une option pour un rappel. »
À 33 ans, Belzile amorcera peut-être une autre saison dans la LAH, mais la LNH, il y croit encore et toujours. La mi-trentaine, ça ne rime pas toujours avec retraite, note celui qui dit avoir été courtisé par « quatre ou cinq autres clubs ».
« Il y a plein de beaux exemples partout dans le hockey de gars qui performent et qui ont leurs meilleures années à 33, 34 et 35 ans. [...] Je suis encore capable de jouer encore du très, très bon hockey. »
Chez le Rocket, dont il est encore à ce jour le meilleur pointeur (130) de l'histoire, renouera avec ses anciens coéquipiers Lucas Condotta, Laurent Dauphin, Xavier Simoneau, William Trudeau et Tobie Paquette-Bisson. Il fera aussi connaissance avec la belle relève du CH, à qui il promet d'offrir tout son support et son expertise.
« Je suis un gars près de la LNH qui va bien performer dans la Ligue américaine. Je suis très à l'aise avec ce rôle-là. C'est quand même la deuxième meilleure ligue au monde, je suis choyé. Jouer dans la Ligue américaine ou la Ligue nationale, ça ne me dérange pas du tout. »
Surtout quand c'est à la maison.
« Le Canadien était très haut sur ma liste. Je suis très reconnaissant pour mes cinq premières années que j'ai passé ici. Pourquoi ne pas en passer cinq autres? Je ne me vois pas arrêter de jouer au hockey bientôt. »




