MONTRÉAL – Le Canadien a battu les Capitals de Washington 6-3 vendredi au Centre Bell. Les Capitals mènent maintenant la série 2-1. Voici trois points qui ont attiré notre attention.
Le mot en M
Le mot du jour, lors du point de presse matinal de Martin St-Louis, avait été « momentum ». L'entraîneur du Canadien expliquait en gros que le défi, pour son équipe, serait d'étirer au maximum les séquences où elle en aurait possession et de le récupérer plus rapidement quand les visiteurs parviendraient à leur ravir. Cette mission a été accomplie avec panache.
Le Canadien a, de loin, signé sa performance la plus aboutie de la série. Vrai, il a commencé son match du pied gauche, concédant l'avance aux Caps dès la quatrième minute. Mais cet écueil a marqué le début de sa montée en puissance. Il a enflammé la foule en toute fin de période via la palette d'Alexandre Carrier et malgré une punition à Nick Suzuki avant l'entracte, il a su garder son erre d'aller – et prendre les devants - pendant la première moitié de la deuxième.
À deux occasions dans la deuxième portion du match, les Caps sont parvenus à créer l'égalité. Mais chaque fois, les négligés ont trouvé une façon de regagner l'ascendant avec fermeté, sans ambigüité. Le but décisif de Christian Dvorak a été inscrit seulement 1:38 après celui d'Alex Ovechkin qui faisait 3-3.
Le Canadien a gardé le pied sur l'accélérateur durant toute la troisième période, un accomplissement d'autant plus remarquable qu'il avait la pression de devoir protéger un gardien auxiliaire devant son filet.
Après la rencontre, St-Louis a noté que ce « momentum » dont voulait voir ses joueurs prendre soin, son équipe en a maintenant la mainmise à l'échelle de la série.
Carbery ne croyait pas si bien dire
Avant le début de la série, l'entraîneur des Capitals, Spencer Carbery, avait flatté Nick Suzuki et ses compagnons de trio dans le sens du poil en prétendant qu'ils formaient la meilleure combinaison offensive de la LNH depuis la Confrontation des 4 nations. Son intention était sans doute d'ajouter une pression supplémentaire sur les épaules du jeune capitaine et de ses alliés. Ceux-ci semblent plutôt avoir été fouettés par ces paroles, qui ont des allures de prophétie depuis le début de la série.
Dans les deux matchs à Washington, Carbery avait opposé au trio de Suzuki celui de Pierre-Luc Dubois. Avantage Montréal par un mile de campagne. Dans le match numéro 3, Suzuki s'est retrouvé en face Dylan Strome, Alex Ovechkin et Anthony Beauvillier. La confrontation n'a pas plus souri aux Capitals.
À 5 contre 5, le premier trio montréalais a dominé les tentatives de tirs dans un ratio de 23-8. Il a fourni près de la moitié des 40 tirs cadrés par le CH. Cole Caufield a lui seul en a décoché onze. Surtout, chacun de ses membres a trouvé le fond du filet.
Depuis la fin de la saison régulière, mais d'autant plus dans ces séries, Suzuki et Caufield sont en train de s'établir comme de formidables athlètes sous pression. Et Juraj Slafkovský, qui cherche encore à aligner les bonnes performances avec constance, s'est montré sous un meilleur visage vendredi.
Cette équipe sera dangereuse lorsqu'elle pourra compter sur un deuxième trio digne de ce nom. En attendant, les piliers qui forment sa première unité démontre qu'ils sont capables d'en prendre.
Quel effet Xhekaj?
Durant la période d'échauffement, tonnerre d'applaudissement. À l'écran géant venait d'apparaître le minois d'Arber Xhekaj. Ils étaient plusieurs à avoir milité pour son insertion dans la formation. Ils criaient maintenant leur satisfaction.
D'un point de vue plus rationnel, tout le bruit qui entourait le statut de Xhekaj semblait difficile à justifier. On parle d'un défenseur qui a joué en moyenne moins de 15 minutes par match en saison régulière et qui avait été laissé de côté, sans que ça ne paraisse le moindrement, dans huit des neuf derniers matchs de la saison régulière.
Le bonhomme a bien un petit quelque chose d'intimidant, mais ne lui donnait-on pas un peu trop de pouvoir en le réclamant comme le grand justicier qui allait délivrer ses coéquipiers de l'emprise de leur bourreau?
Appelé à remplacer Jayden Struble, Xhekaj n'a pas connu un vilain match. Martin St-Louis a complimenté sa contribution dans son bilan de fin de soirée. Mais il serait exagéré d'attribuer à sa présence la performance inspirée des siens.
En aucun temps on a senti que les Caps se gardaient une petite gêne par crainte de subir les représailles du Shérif. Dès la première présence de Xhekaj, Caufield et Mike Matheson ont mangé des taloches après un coup de sifflet. Plus tard, Ryan Leonard a servi un double-échec à Jake Evans à proximité du 72. Aucune conséquence. Même chose quand Brandon Duhaime a sonné les cloches de David Savard.
À quelques reprises, Xhekaj s'est retrouvé hors position en voulant trop en faire. C'est son erreur qui a redonné la possession à Washington juste avant le but de Jakob Chychrun.
Prétendre que sa seule présence a pu fournir à ses équipiers le courage nécessaire pour venir à bout de la meilleure équipe dans l'Est serait à notre avis un tantinet excessif.






