BROSSARD - On peut biffer le nom de Martin Lapointe de la liste des candidats potentiels à la succession de Gerard Gallant comme adjoint de l'entraîneur Michel Therrien chez le Canadien.

Lapointe dit qu'il retire une grande satisfaction à occuper le poste de directeur du développement des joueurs et que sa situation familiale ne se prête pas à un changement d'emploi en ce moment.

« Je ne suis pas vraiment intéressé, a-t-il déclaré, mardi, en marge du camp de développement de l'équipe à Brossard. J'aime ce que je fais et il faudrait que la famille déménage. Nous avons de jeunes enfants et la famille est établie à Chicago. Nous sommes bien là-bas. »

À l'âge de 40 ans, l'ancien hockeyeur qui a connu une carrière de 14 saisons dans la LNH a ajouté qu'il n'aspire pas nécessairement à obtenir un poste semblable.

« Je n'ai pas pensé à ça, a-t-il mentionné. J'aime ce que je fais et je vis au jour le jour. »

Lapointe a à coeur la tâche dont il s'acquitte depuis deux ans au sein de l'organisation, secondé par Patrice Brisebois. Ce qu'il apprécie surtout, c'est le contact direct avec les espoirs de l'organisation.

« Je rencontre les jeunes individuellement. Je les amène au resto, et on parle de leur rendement. La saison dernière, j'ai commencé à les filmer pendant les matchs. J'avais donc du matériel pour discuter davantage. »

Patience, patience

Lapointe passe aussi beaucoup de temps dans l'entourage du club-école du Tricolore, à Hamilton. Les Bulldogs ont raté les séries éliminatoires de la Ligue américaine pour la deuxième saison d'affilée. Mais Lapointe s'est dit encouragé par la progression des jeunes.

« J'admets qu'il y a deux ans, ce n'était pas le fun parce que l'équipe perdait beaucoup de matchs. C'était mieux la saison dernière, a-t-il argué. Les coachs sont très patients et ils passent beaucoup de temps avec les jeunes. Ils font beaucoup de séances vidéo, et on a vu le progrès. C'est en faisant de petits pas qu'on va y arriver. »

Aux amateurs qui soutiennent que le Tricolore ne possède pas une relève florissante, Lapointe a réitéré qu'on doit prôner la patience.

« Patience est le mot d'ordre, a-t-il martelé, lui qui avait évoqué il y a un an qu'un éléphant se mange par petites bouchées. La relève se bâtit avec le repêchage, et il faut que tu sois patient. »

Lapointe a beaucoup insisté sur la qualité de l'enseignement et de l'encadrement que Sylvain Lefebvre et son groupe d'adjoints fournissent aux prétendants à Hamilton.

Sekac l'impressionne

Lapointe n'a pas caché avoir été impressionné par les premiers coups de patins chez le CH du jeune Tchèque Jiri Sekac, engagé comme joueur autonome.

« C'est la première fois que je le vois à l'oeuvre. Ce qui m'impressionne le plus, c'est son niveau de compétitivité. Il est capable de préconiser un style physique. Il ne se laissera pas intimider. Il patine très bien et il possède un sens du jeu incroyable. C'est très positif dans son cas jusqu'à maintenant. »

Au camp, les jeunes sont soumis à plusieurs tests sur la glace. Des tests plus ou moins agréables à faire, mais dont les résultats s'avèrent précieux afin de mesurer leur progression.

« Nous vérifions plusieurs facteurs - le cardio, l'intensité, l'agilité et la rapidité - à l'aide des mêmes exercices que nous tenons à tous les camps de développement et d'entraînement, a expliqué Lapointe. Ça nous permet de voir l'amélioration des jeunes. Dans la plupart des cas, il y a une amélioration satisfaisante. Les jeunes se présentent à ces camps très prêts. »

Du même souffle, Lapointe s'est dit satisfait de la progression qu'affiche Michael McCarron un an après avoir été le premier choix de l'équipe (25e au total).

« Il nous a prouvé qu'il a fait des progrès, nous voyons la différence. Son taux de gras est beaucoup moins élevé. C'est un gros bonhomme, ça va prendre du temps dans son cas. Michael sait ce qu'il doit faire et il est prêt à s'imposer des sacrifices. »

Le camp a fait relâche sur la patinoire mardi après-midi parce que la cinquantaine de joueurs a été invitée à participer à une activité de resserrement de l'esprit d'équipe (team building).

« Ça nous permet de mieux connaître les jeunes et aux jeunes de créer des liens entre eux », a résumé Lapointe.