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Une autre chance, trois ans plus tard, pour Lavigne

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« C'est vraiment gratifiant d'être ici! » Dans le cadre du camp des recrues 2025 des Canadiens de Montréal, le joueur invité de l'Université Concordia, Simon Lavigne, répond aux questions des médias.

Dès 19 h ce soir sur RDS2 et le RDS.ca, suivez le match du camp des recrues entre les Canadiens et les Jets.

BROSSARD – On observait Ivan Demidov, en avantage numérique, lorsque Simon Lavigne, un défenseur invité de 24 ans des Stingers de Concordia, s’est imposé pour anéantir la menace offensive de l’attaquant russe.

La scène avait de quoi surprendre au camp des recrues. En premier lieu, parce que Lavigne a stoppé la passe de Demidov avec aisance. Mais surtout puisque le fossé semblait abyssal entre les deux athlètes.

La saison dernière, pendant que Lavigne poursuivait son baccalauréat en Finances à Concordia, Demidov faisait courir les foules à Montréal grâce à son talent fascinant à 19 ans.

Mais cette semaine, le Tricolore a décidé d’inviter trois joueurs, dont Lavigne, pour compléter sa formation au camp des recrues.

Pour Lavigne, cette invitation était pratiquement inespérée après le parcours qu’il a emprunté.

« Oui, vraiment, après mon année de 20 ans, j’ai quitté le hockey professionnel pour avoir un diplôme. Donc en partant de Calgary, est-ce que je pensais revenir à ce niveau un jour ? Probablement pas. Et pour moi, de revenir avec Montréal, c’est encore plus spécial », a commenté le sympathique défenseur originaire de Blainville.

Quand Lavigne parle de quitter Calgary, il fait bien sûr référence à l’organisation des Flames. Après sa quatrième et dernière saison avec l’Armada de Blainville-Boisbriand, Lavigne avait été invité au camp des recrues des Flames et il était parvenu à signer un contrat de la Ligue américaine.

Son aventure professionnelle s’est entamée dans l’ECHL avec le Rush de Rapid City (Dakota du Sud), une ville qui n’était pas très accueillante et « un peu dangereuse ».

Après 22 matchs, Lavigne a jugé préférable de revenir dans la région montréalaise pour ses études.

En 2024-2025, le défenseur de six pieds trois pouces a disputé sa deuxième saison avec les Stingers. Son entraîneur Marc-André Élément s’est empressé de le vanter au RDS.ca en disant qu’il « a été une machine » pour son équipe.

Le Canadien a été attiré par son rendement. À vrai dire, l’intérêt n’était pas nouveau.

« On lui avait parlé l’an passé. Son focus est vraiment de finir son diplôme, mais il a un beau potentiel. C’est un grand bonhomme, ses pieds sont corrects et il peut amener un élément physique. On voulait lui donner une occasion de se démarquer et à partir de là, on verra la suite », a précisé Pascal Vincent, l’entraîneur du Rocket de Laval.

Selon Vincent, ça prouve que les équipes de la LNH épient ce qui passe au niveau universitaire canadien.

« Tous les clubs ont une bonne idée des joueurs qui évoluent à ce niveau. On les suit beaucoup plus que vous pensez. On connaît les entraîneurs et quand des joueurs se démarquent, ils veulent les faire rayonner. Il y a beaucoup de discussions même s’il y a peu d’élus », a précisé l’entraîneur.

En décembre, s’il poursuit ses études à temps plein, Lavigne aura complété son baccalauréat.

« Ensuite, je veux faire ma place en faisant mon petit chemin. Ça commence ici alors que je me retrouve en compétition avec les autres », a-t-il indiqué celui qui a vu son ancien coéquipier, Kyle Havlena, se joindre aux Lions de Trois-Rivières.

Ce week-end, Lavigne franchira une étape révélatrice en jouant un ou deux matchs au Centre Bell. Les entraînements contre Demidov l’auront préparé.

« Quand tu les affrontes, il faut redoubler d’efforts. Ils sont imprévisibles, surtout en avantage numérique, ils peuvent réussir des jeux qui ne sont pas à la portée des autres. De couper un jeu comme ça, c’était gratifiant », a admis le gaucher à propos de la scène décrite d’entrée de jeu.

La saison dernière, Lavigne s’est illustré défensivement et même offensivement. Cela dit, ses atouts sont axés sur un jeu défensif simple et efficace.

« Je présume que les dirigeants (du Rocket et du Canadien) ont aimé ça et je suis reconnaissant d’être ici. C’est spécial d’être sur la glace avec ces gars », a confié Lavigne.

S’il pouvait choisir, Lavigne ferait carrière en Amérique du Nord sans fermer la porte à un parcours en Europe. D’ailleurs, lui et ses coéquipiers des Stingers reviennent d’un voyage en Angleterre et en Écosse durant lequel ils ont joué trois matchs en 12 jours.

Une manière idéale de tisser des liens serrés en vue de la prochaine saison alors que Lavigne agira en tant que capitaine.

Malgré les défis reliés à l’exode de joueurs vers la NCAA, Lavigne et les autres joueurs universitaires canadiens souhaitent que leur circuit grandisse. L’ajout d’un programme à l’Université de Sherbrooke pourrait inciter l’Université Laval et ensuite l’Université de Montréal à en faire autant.

Le hockey universitaire permet à des joueurs d’obtenir des bourses enviables tout en poursuivant leurs études.

« Être sur les bancs d’école, ça nous fait aussi avancer autrement », a visé Lavigne avec justesse.

Dans son cas, il a développé sa passion envers les marchés boursiers avec un stage en gestion de portefeuille. Dans ce domaine, la patience rapporte à long terme grâce à la magie des intérêts composés. Une approche qui fait penser à son parcours au hockey.