Le commissaire de la Ligue de hockey junior Maritimes Québec Mario Cecchini est déçu de la troisième place obtenue par Équipe Canada juniors aux récents Championnats du monde, qui s’est soldé hier par la conquête de la médaille d’or par la Suède.
De passage au 5 à 7 à RDS mardi, M. Cecchini a avoué que de ne pas voir les Canadiens en finale une troisième année de suite le laisse sur sa faim une fois de plus.
Sans détour, il n’a pas caché que les dirigeants du hockey au pays devront faire un examen de conscience et se poser des questions. « On est au Canada et on tient pour acquis que l’on devrait être en finale tout le temps. Cette attitude ne devrait pas changer, alors c’est correct que nous soyons déçus, mais ça fait trois ans. Il y a peut-être des changements plus grands qui doivent être regardés au niveau du système de jeu et de la façon de faire. Cette équipe est assemblée rapidement. On en parle chaque année avec Hockey Canada et c’est le gros défi. »
Plus de matchs préparatoires pour ÉCJ et une meilleure stabilité au niveau du personnel pourraient être des pistes de solutions selon lui.
M. Cecchini, comme bien des observateurs, a été désenchanté de ne retrouver qu’un seul joueur québécois au sein de l’édition de cette année. Qui plus est, aucun Québécois n’a été invité à joindre les rangs de l’équipe nationale en vue des Jeux de Milan-Cortina le mois prochain.
Caleb Desnoyers des Wildcats de Moncton a été le seul Québécois à se tailler une place dans la formation dirigée par Dale Hunter. Le commissaire a toutefois précisé que les dirigeants de l’équipe ont reconsidéré leurs choix à quelques reprises avant de dresser le portrait final de l’équipe. « Ils sont retournés à la table pour Justin Carbonneau entre autres. On a aussi parlé de Maxim Massé et de Tomas Lavoie. Bill Zonnon et Spencer Gill ont aussi été dans la discussion, mais ils étaient blessés parce que normalement, ils auraient été considérés. »
M. Cecchini continue de prôner des changements dans l’architecture de Hockey Canada pour que tous les circuits juniors aient les mêmes chances de montrer leur talent parce qu’actuellement, le système fait en sorte de perpétuer un déséquilibre qui n’avantage pas le Québec. « Ce qui me dérange au niveau structurel c’est que les gens de Hockey Canada voient environ 50 matchs de la Ligue de l’Ouest, 25 de la Ligue de l’Ontario et que dix de la LHJMQ. »
Il reconnaît toutefois que le Québec aussi doit changer et doit refaçonner le visage de ce qui se fait dans la province et qu’un premier pas est en chantier pour réussir une refonte massive des structures du hockey. « Les 200 meilleurs 14 et 15 ans vont jouer l’un contre l’autre. On n’aura pas de résultats l’année prochaine, mais on verra dans quatre ou cinq ans si c’était une bonne piste. »
Le premier ministre François Legault ne s’est pas caché qu’il aimerait voir plus de Québécois sillonner les patinoires de la LNH. Le patron de la LHJMQ abonde dans le même sens, mais il estime qu’il faudra se donner de vrais moyens pour renverser la tendance.
M. Cecchini croit que les choses peuvent changer si une aide financière solide est versée au hockey mineur. Il suggère aussi l’embauche d’entraîneurs à temps plein pour développer le hockey québécois avec un programme clair et stable.
Alors qu’un récent rapport sur le hockey mineur suggérait l’élimination d’équipes de la Ligue M18AAA, la LHJMQ veut aller dans le sens inverse en procédant éventuellement à une expansion dans le but de greffer deux équipes aux 18 formations actuelles. Avec les récents assouplissements des règles dans la NCAA, le Québec accueille un nombre plus important de joueurs du sud de la frontière. « Il y a 40 Américains qui ont rejoint notre circuit cette année, c’est l’équivalent de deux équipes. »





