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Andrei Vasilevskiy ou l’art d’oublier ses boulettes

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« Je n'avais pas vraiment d'émotions »

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« On a toujours cru en nous et on savait que ça allait venir »

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« C'était un match incroyable »

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Lightning 1 – Canadiens 0 (Prolongation)

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Une défaite crève-cœur pour le CH

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« On a montré de la maturité et du caractère aussi »

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MONTRÉAL – « Qu’est-ce qui s’est passé dans le match numéro 5? »

Le fait qu’Andrei Vasilevskiy ait pu répliquer de la sorte à son interlocuteur sans le moindre petit clignement d’œil, sans même un sourire en coin, sérieux comme un pape, juste ça aurait dû lui valoir la première étoile de la soirée.

Bien sûr que tout le monde, dans la mêlée de presse à laquelle participait le gardien du Lightning après sa victoire de 1-0 en prolongation dans un Centre Bell réduit au silence, savait ce qui s’était passé dans le match numéro 5. Vasilevskiy avait accordé trois buts sur seulement 24 tirs. Surtout, il avait paru faible sur celui d’Alexandre Texier, qui avait ricoché contre son gant avant de finir sa course dans le filet. C’est le but qui avait fait la différence pour donner au Canadien une avance de 3-2 dans la série.

Mais si cette série se dirige maintenant vers une ultime septième partie, c’est probablement justement parce que Vasilevskiy, un ancien récipiendaire des trophées Vézina et Conn Smythe, maîtrise comme peu d’entre nous l’art d’oublier ses boulettes.

Vendredi, du double champion de la Coupe Stanley il ne s’est jamais dégagé autre chose que l’impression qu’il serait dur à battre. Et battu, il ne l’a pas été. Il a signé la septième victoire de sa carrière dans un match où son équipe faisait face à l’élimination, la deuxième par blanchissage. Avant cette rencontre, il montrait un taux d’efficacité de ,912 et une moyenne de buts alloués de 2,50 dans ces circonstances.

« Sa feuille de route parle d’elle-même, a fait valoir son entraîneur Jon Cooper. J’en ai été témoin à de nombreuses occasions : plus un match est intense, plus l’enjeu est élevé et plus il est au rendez-vous. »

C’est pourtant par un petit coup de chance que s’est amorcée la soirée de Vasilevskiy. Tôt en première période, dans un début de match qui donnait tout sauf l’impression qu’on serait toujours à 0-0 après 60 minutes, il a été sauvé par son poteau sur un tir de Cole Caufield. Mais avant la fin de l’engagement, il a été énorme devant Jake Evans, détecté dans la peinture bleue par Alex Newhook, et devant Ivan Demidov sur une descente à 2 contre 1.

En deuxième, Vasilevskiy a réussi deux arrêts du démon sur son compatriote Demidov, le premier avec la jambière sur un tir sur réception, le deuxième en captant le retour avec le gant. Le pauvre Demidov, toujours sans but sur 14 tirs depuis le début des séries, en fera sans doute des cauchemars.

Vasilevskiy a encore été sauvé par son poteau en début de troisième, une sorte de vengeance involontaire sur Texier. Il peut aussi probablement remercier sa bonne étoile que Juraj Slafkovský ait raté son lancer sur réception en avantage numérique en prolongation. Mais personne ne pourra lui enlever l’immense arrêt qu’il a réussi juste après devant Lane Hutson.

À peine deux minutes plus tard, Gage Goncalves mettait fin aux hostilités à l’autre extrémité de la patinoire.

« [Quand il joue de la sorte], ça fait juste une chose de moins dont il faut se soucier, a dit Brandon Hagel. On n’a pas à s’en faire avec le gros gars derrière nous parce qu’on sait qu’il veille au grain et qu’il va donner tout ce qu’il a. On sait qu’il va faire le gros arrêt, qu’il va faire tourner le match en notre faveur. C’est ce qu’il a fait toute la soirée pour nous. »

Dans sa tête

Si le Canadien bénéficie de l’avantage de la glace le plus marqué parmi toutes les équipes qualifiées pour ces séries, Vasilevskiy a quant à lui l’avantage de l’expérience. La victoire de vendredi était la 70e de sa carrière en séries. En guise de comparaison, son jeune vis-à-vis Jakub Dobeš a 67 matchs d’expérience dans la Ligue nationale.

Il s’agit d’un atout qui lui permet de neutraliser les influences extérieures.

Au sujet des émotions que lui auraient fait vivre la victoire des siens, il a répondu : « Je n’avais pas vraiment d’émotions. Pour les partisans, c’était probablement une montagne russe d’émotions, mais pour moi ça a toujours resté égal. J’ai pas mal d’expérience. Je ne veux pas montrer mes émotions. »

À propos de la pression qui vient avec de tels matchs : « Je suis pas mal certain que vous connaissez notre fiche en prolongation. Pour moi, c’est difficile d’être frustré quand on n’a aucune attente en prolongation. »

Vasilevskiy a offert sa meilleure réponse quand il a été questionné sur le message qui avait été partagé dans le vestiaire du Lightning entre la troisième période et le début de la prolongation.

« Pour être honnête, je n’ai rien entendu du tout. J’étais en tête-à-tête avec mes propres pensées. C’est comme avec la foule ici, je n’entends rien. Dans le vestiaire, c’est pareil. Je n’écoute pas ce qui se passe. Il y a trop de choses qui se passent dans ma tête pour ça. »

« Ça arrive que le Big Cat va sortir une blague de temps en temps, a témoigné Goncalves. Mais c’est intéressant de pouvoir observer sa préparation, de loin, au quotidien. Je le regarde des fois juste balayer le vestiaire du regard sans rien dire. Dans ce temps-là, on sait qu’on n’aura pas à se préoccuper de ce gars-là. »

Dobeš montrait de meilleures statistiques que son confrère avant le sixième match et sa performance vendredi n’a rien eu à envier à celle du vétéran. Le Canadien a toutes les raisons de croire que son gardien recrue sera à la hauteur de la situation dans le match 7 dimanche.

Mais la partie parfaite de Vasilevskiy ne peut que donner un avantage psychologique au Lightning. Il a été question des bêtes en hibernation dans cette série et de l’importance de ne pas troubler leur sommeil, Nikita Kucherov étant la plus notoire de toutes.

Le Canadien ne peut qu’espérer que le Vasilevskiy de la saison régulière, celle qui vient de se conclure et aussi les précédentes, ne vient pas de se réveiller.