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Des joueurs de tennis protestent par le silence

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Aryna Sabalenka (TIZIANA FABI/AFP via Getty Images)

Les joueurs de tennis qui participeront aux Internationaux de France prévoient réduire leurs disponibilités auprès des médias en amont du tournoi majeur afin de protester au sujet du partage des revenus distribués en bourses.

Un groupe a déjà pris pour cible le tournoi sur terre battue pour avoir réduit la part de revenus des joueurs, qui serait maintenant de 14,3 %, comparativement à 22 % pour les autres compétitions de l'ATP et de la WTA.

La no 1 mondiale Aryna Sabalenka et l'Américaine Coco Gauff, classée quatrième, font partie d'un groupe de joueurs qui ont menacé de boycotter les tournois du Grand Chelem plus tôt ce mois-ci si la part des joueurs n'est pas augmentée.

Le quotidien français L'Équipe a rapporté mercredi que plusieurs joueurs qui seront à Roland-Garros, dont les activités commenceront dimanche, ont prévu limiter leurs conversations avec les journalistes à 15 minutes pendant la traditionnelle conférence de presse d'avant-tournoi, vendredi.

La Fédération française de tennis (FFT), qui organise les Internationaux de France, a déclaré dans communiqué transmis à l'Associated Press qu'elle regrette cette initiative des joueurs, «qui pénalisent toutes les parties prenantes impliquées dans le tournoi: les médias, les diffuseurs, le personnel de la fédération et toute la communauté tennis qui suit avec enthousiasme toutes les éditions de Roland-Garros».

Sabalenka et le no masculin, Jannik Sinner, font partie des joueurs de premier plan qui ont émis un communiqué plus tôt ce mois-ci pour exprimer leur «profonde déception» à l'endroit des bourses des Internationaux de France.

Les Joueurs veulent également obtenir de meilleurs options santé et une plus grande contribution à leurs fonds de retraite de la part des tournois du Grand Chelem.

Les organisateurs français ont annoncé le mois dernier qu'ils allaient augmenter les bourses totales d'environ 10 % pour une valeur de 72,1 millions $ US. Les joueurs disent que les chiffres donnent une autre version de l'histoire, alors qu'ils recevront une plus petite part des profits.

La FFT a proposé une réunion qui devrait avoir lieu ce vendredi avec les joueurs et leurs représentants.

«La FFT est prête à avoir des discussions franches et constructives sur les questions de gouvernance dans le but de donner une plus grand rôle décisionnel aux joueurs, de contribuer à la protection de ces derniers et sur l'évolution de la distribution (des revenus). Elle mettra de l'avant plusieurs propositions lors de cette réunion», a indiqué la fédération.

Les joueurs prétendent que la part des revenus leur étant attribués à Roland-Garros est passée de 15,5 % en 2024 à 14,9 % en 2026. Ils disent que l'événement a généré 395 millions d'euros en 2025, une hausse de 14 % annuellement, mais que les bourses n'ont augmenté que de 5,4 %, réduisant la part des joueurs à 14,3 %.

«Avec des revenus estimés à plus de 400 millions d'euro cette année, les bourses représenteront moins de 15 % des revenus, bien en deçà des 22 % que les joueurs ont réclamé des tournois du Grand Chelem, afin d'arrimer à ce que les joueurs reçoivent lors des tournois 1000 de l'ATPO et de la WTA», ont déclaré les joueurs.

Les Internationaux d'Australie ont augmenté la compensation aux joueurs de 16 % cette année, tandis que les Internationaux des États-Unis ont offert 20 % de plus la saison dernière.

Les vainqueurs des simples à Roland-Garros toucheront 2,8 millions d'euros, une augmentation de 250 000 euros en comparaison avec 2025.

«Plus que les bourses, un tournoi du Grand Chelem comme Roland-Garros offre aux joueurs une visibilité exceptionnelle, ce qui génère des revenus indirects par le truchement des commandites, des partenariats et de frais de participation», a prétendu la FFT.

«La FFT a aussi décidé cette année de diriger davantage de ces sommes afin d'augmenter les bourses des joueurs éliminés dans les premières rondes du tableau principal et en qualifications, avec une augmentation d'environ 11 %, dans le but d'appuyer davantage ceux qui dépendent le plus de leurs bourses pour financer leur saison.»

Samuel Petrequin, The Associated Press