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Brind’Amour : « On a l’impression que ça fait huit ans qu’on en parle »

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Rod Brind'Amour
Rod Brind'Amour (Karl B DeBlaker/AP)

L’aventure n’est pas terminée, mais le voyage a certainement semblé long pour Rod Brind’Amour et les Hurricanes de la Caroline. Devant les journalistes en compagnie du directeur général des Canes Eric Tulsky, l’entraîneur-chef a mentionné à quel point il avait même été difficile de célébrer la victoire de son équipe en finale de l’Association Est, tellement il attendait ce moment depuis longtemps.

« C’était étrange », a admis Brind’Amour. « On voulait être heureux pour les joueurs, mais ce n’était pas si excitant. Parce que c’est là où nous pensons que nous devons être depuis si longtemps. Je suis heureux maintenant que les joueurs aient cette opportunité. On a l’impression que ça fait 8 ans qu’on en parle et qu’on attend ce moment. On y est et on veut en profiter au maximum. »

Brind’Amour a vanté les mérites de son équipe et en particulier du vétéran Jordan Staal. En 2006, Brind’Amour était le coéquipier de son frère Eric lorsqu’ils avaient remporté leur dernière Coupe Stanley.

« C’est une belle histoire avec la famille Stall », a expliqué Brind’Amour. « J’ai une belle relation avec Eric évidemment, et je suis dans l’organisation avec Jordan depuis 8 ans. C’est spécial de voir son évolution en tant qu’homme, que joueur, que capitaine. C’est impressionnant. Je ne peux dire assez de bonnes choses à son sujet. Nous ne serions pas ici en ce moment sans Jordan Staal. »

« Il s’agissait simplement de comprendre nos erreurs, et évidemment, la vidéo ne ment pas », a déclaré le défenseur Jaccob Slavin. « Nos erreurs étaient assez évidentes lors de ce match. Il s’agissait donc simplement de s’assurer de rester près de la rondelle et de faire du bon échec-avant. [...] Chacun a son rôle à jouer sur la glace, mais nous travaillons en équipe de cinq, alors il est important que chacun fasse son travail. Et c’est ce que vous avez probablement constaté par la suite. »

Brind’Amour se retrouve donc à nouveau en finale de la Coupe Stanley, mais cette fois dans des fonctions complètement différentes. S’il ne peut affecter directement les résultats sur la patinoire, il comprend que sa tâche n’est pas pour autant plus facile.

« Quand je jouais, j’avais certaines idées à propos du rôle d’un entraîneur », a avoué l’entraîneur des Canes. « J’ai beaucoup plus de respect maintenant pour les entraîneurs, depuis que je suis derrière le banc, qu’à l’époque où j’étais joueur. Ce n’est pas que je ne respectais pas mes entraîneurs, mais je croyais que leur travail ne consistait qu’à envoyer les meilleurs joueurs sur glace et ouvrir la porte. Depuis, j’ai réalisé que c’est beaucoup de travail. Le temps à consacrer est probablement doublé, alors que je croyais que ce serait l’inverse. »

Les Hurricanes récoltent enfin les fruits de leur plan

Le directeur général Eric Tulsky a été tout aussi élogieux envers celui qui domine la colonne chez les pointeurs des Hurricanes, Taylor Hall. Ce dernier s’est acclimaté au groupe et contribue grandement aux succès de son équipe.

« Il apporte du talent, de la vitesse et de la robustesse », a fait valoir Tulsky. « Il est en mesure de transporter la rondelle dans la zone adverse et remporter des batailles le long des rampes. Il a la vision et la créativité pour nous permettre de créer des chances de marquer. On passe beaucoup de temps dans la zone offensive et nous devons avoir des joueurs comme lui dans la formation qui peuvent non seulement garder la rondelle, mais aussi nous procurer des chances de marquer de grande qualité. »

D’ailleurs, Tulsky ne s’est pas caché pour expliquer à quel point l’équipe était en mesure de prendre des décisions difficiles et de s’ajuster comme ce fut le cas avec Mikko Rantanen.  

« Nous avons recruté des joueurs qui évoluent bien dans notre style de jeu », a fait valoir Tulsky. « Nous demandons à nos joueurs de jouer un style de jeu particulier et notre équipe de dépisteurs a fait un excellent travail pour identifier des joueurs qui se sont épanouis dans le style de jeu préconisé par Rod. […] Nous voulons constamment nous améliorer et avoir les meilleurs joueurs possibles sans être dogmatiques et ne chercher qu’un seul type de joueurs. Nous ne voulons pas nous peinturer dans le coin en étant trop spécifiques dans nos recherches et passer à côté de certaines opportunités. »

« Je pense qu’on est tous sur la même longueur d’onde en ce moment », a expliqué le défenseur des Hurricanes, Sean Walker. « C’est un effort collectif qui nous permet d’être aussi solides défensivement. On est assurément agressifs, mais c’est un effort partagé par les cinq joueurs. »

Un des joueurs apprécié de Brind’Amour et qui apporte une touche différente de robustesse est le Québécois William Carrier.

« Il joue de la même façon à tous les matchs, pas seulement en séries », a rétorqué Brind’Amour. « C’est tout à son honneur. Il joue son match. Quand on regarde certains joueurs, on sait ce qu’ils vont nous donner. Il fait son travail tous les soirs et à cette période de l’année, son style de jeu fonctionne parfaitement. »

Si les Hurricanes ont confiance en leur groupe, c’est aussi parce qu’ils sont soudés dans l’adversité. Brind’Amour est d’ailleurs revenu sur la tragédie qui a coûté à vie à Claude Lemieux, l’ancien du Tricolore, mais aussi l’agent de Frederik Andersen.

« De savoir que ses coéquipiers étaient derrière lui, ça valait tout l’or du monde pour Frederik. Évidemment, c’est une tragédie. Nous ne pouvons malheureusement en faire plus sinon que de le soutenir pour lui permettre de passer au travers et je crois qu’il l’a senti. Les joueurs ont bien joué devant lui et il a été formidable malgré les circonstances. »