Après deux décennies marquées par les succès, mais sans parvenir à les concrétiser en finale d’association, les Hurricanes de la Caroline sont enfin de retour en finale de la Coupe Stanley.
Ils n’avaient pourtant pas manqué d’occasions depuis leur seule conquête de la Coupe Stanley en 2006 : trois titres de division, quatre finales de l’Est, huit participations consécutives aux séries depuis 2019, rien n’y faisait. Avant cette victoire en cinq matchs face aux Canadiens de Montréal, les Hurricanes détenaient une fiche de 1-16 en finales d’association depuis leur conquête d’il y a 20 ans.
Les Sebastian Aho, Jordan Staal et bien d’autres ont vécu une grande part de ces déceptions.
Taylor Hall, qui en est à sa deuxième saison avec les Hurricanes, a subi la défaite en cinq matchs face aux Panthers de la Floride en finale de l’Est l’an dernier, mais c’est envers ses coéquipiers de plus longue date des Hurricanes qu’il avait une pensée lors du point de presse d’après-match.
« Ils ont établi nos fondations, a résumé Hall. Personnellement, j’ai trouvé qu’il avait été facile d’arriver ici, m’adapter et de me joindre à ce qu’ils avaient commencé à bâtir depuis longtemps, en y ajoutant chacun notre touche personnelle. Je suis content pour ces gars qui se sont battus et ont travaillé très fort. Le terme ‘culture’ est peut-être galvaudé, mais ils en ont créé une excellente ici. C’est incroyable d’en faire partie. »
Rod Brind’Amour, entraîneur-chef des Hurricanes depuis 2018 et adjoint à partir de 2011, est bien placé pour dire que ces vétérans méritent ce qui leur arrive cette année.
« Ils ne méritaient pas un tel sort, ils ont tout donné ce qu’ils avaient [lors de ces défaites] et c’est tout ce qu’on peut demander. On a apporté des améliorations cette année qui nous ont permis d’atteindre ce niveau supérieur. En les voyant à l’oeuvre chaque jour, personne n’est plus chanceux que moi de les côtoyer au quotidien. Je les ai vus grandir, se développer en tant qu’excellents joueurs et devenir des humains d’exception. Je suis très content pour eux », s’est réjoui Brind’Amour.
Le très fiable défenseur Jaccob Slavin, lui, a vécu la plupart de ces déceptions lors de ses 99 matchs disputés en séries avec les Hurricanes.
« C’est super de se retrouver du bon côté, a mentionné Slavin au micro de Sportsnet après le match. C’est une expérience incroyable. »
Brind’Amour estime que la victoire des Hurricanes lors du match no 2 après la domination des Canadiens dans le premier match est probablement le point tournant de la série.
« Gagner le match no 2 a été énorme, a dit Brind’Amour. Je me mets à la place des Canadiens, ils venaient de jouer deux séries difficiles et lorsque tu mets une équipe dans cette position, de réaliser qu’elle devra probablement disputer une série de sept matchs pour l’emporter, ça génère de la fatigue mentale. Pendant ce temps, nous étions dans une situation opposée [après deux balayages]. Je crois que c’est quelque chose qui a joué un grand rôle. »
Autre long parcours de Stankoven
Logan Stankoven a été plus choyé depuis le début de sa jeune carrière. Le jeune homme de 23 ans participera à sa première finale, mais il a au moins atteint le carré d’as lors de chacune de ses trois premières saisons dans la LNH, la première avec les Stars de Dallas et lors des deux dernières saisons avec les Hurricanes.
« C’est pour ça qu’on joue et c’est de cela qu’on rêve. Tu ne souhaites rien de plus que de soulever la Coupe un jour et de partager ce moment avec tes coéquipiers et ta famille. On a encore beaucoup de travail à faire, mais c’est ce qui nous motive à pratiquer ce sport », a partagé Stankoven, qui a inscrit son neuvième but des séries dans la victoire décisive de vendredi.
Stankoven connaît bien les Golden Knights après avoir disputé les 83 premiers matchs de sa carrière dans l’Ouest avec les Stars. Il était une recrue au sein des Stars lorsque Dallas a eu le dernier mot sur les Golden Knights en sept matchs en première ronde en 2024.
Il estime qu’il s’agira de tout un défi pour les Hurricanes en grande finale face à une équipe qui a balayé les champions de la saison régulière, l’Avalanche du Colorado, en finale de l’Ouest.
« Ils font du bon travail pour garder la rondelle à l’extérieur, a analysé Stankoven au sujet des prochains rivaux des Hurricanes. Ce sera un bon défi pour nous, mais si nous continuons à jouer de la façon dont on le fait présentement, ça nous placera en bonne position. Je les ai beaucoup affrontés, donc je sais à quoi m’attendre et ce sera une série difficile. »
Pas touche au trophée!
Brind’Amour était un joueur très important des Hurricanes lors de leurs deux seules participations à la finale de la Coupe Stanley et il semble avoir conservé une superstition par rapport à la décision de toucher ou non le Trophée Prince de Galles après la victoire en finale de l’Est.
En 2002, le capitaine de l’époque Ron Francis avait brandi le trophée après la victoire des Hurricanes sur les Maple Leafs de Toronto. Ils avaient ensuite été battus sèchement en finale par les puissants Red Wings de Detroit en cinq matchs.
Quatre ans plus tard, Brind’Amour était maintenant capitaine de l’équipe et il avait vraisemblablement appris des « erreurs » passées, refusant de toucher au trophée avant que les Hurricanes s’imposent en sept matchs en grande finale face aux Oilers d’Edmonton.
Maintenant entraîneur-chef, Brind’Amour a-t-il eu son mot à dire sur la décision de son équipe de ne pas toucher au trophée?
« Pas vraiment. Les joueurs m’ont demandé ce que j’en pensais. Je leur ai répondu ‘Faites ce que vous voulez, mais ne le touchez pas!’ », a blagué Brind’Amour.











