LAVAL – Ça n’a duré que 6 minutes 12 secondes.
Ce temps de glace peut d’emblée paraître bien maigre. Pour certains joueurs d’une ligue de garage du dimanche que nous ne nommerons pas ici, c’est parfois l’équivalent d’une seule présence passée à attendre une passe à la ligne bleue adverse.
Pour Jakob Pelletier, les 6 minutes 12 secondes qu’il a jouées avec le Lightning de Tampa Bay face aux Panthers de la Floride samedi dernier sont toutefois porteuses d’espoir. La preuve qu’il est sur la bonne route. Qu’on croit en lui.
Car pour la première fois depuis qu’il a été mis sous contrat pour trois ans par le directeur général du Lightning Julien BriseBois cet été, Pelletier a été rappelé dans la LNH pour remplacer Brandon Hagel dans la formation.
Jakob Pelletier, who was recalled by the #Bolts today, is out here for warmups
— Gabby Shirley (@Gabby_Shirley_) November 15, 2025
he has skated in 86 NHL games with the Flames and the Flyers and he has 14 points on 5 goals and 9 assists in 13 games with the @SyracuseCrunch this season pic.twitter.com/aOgQ31qnGM
L’attaquant québécois se doutait bien que son rappel ne serait que de courte durée. Hagel n’étant pas blessé gravement, il a été rétrogradé dans la Ligue américaine dès le lendemain. Mais la tape dans le dos a fait du bien.
« Je savais que dès qu’il allait revenir, j’allais redescendre. Mais c’est sûr que c’est un boost de confiance d’être rappelé aussi tôt », confiait Pelletier, mercredi, à quelques heures d’effectuer son retour dans la formation du Crunch de Syracuse affrontant le Rocket de Laval à la Place Bell.
« J’ai parlé à Julien et à [l’entraîneur-chef Jon] Cooper et ils m’ont dit qu’ils avaient aimé mon match aussi. Maintenant, c’est à moi de bien jouer en bas pour avoir un autre rappel. »
C’est en tout cas ce qu’il fait depuis qu’il a été retranché au camp d’entraînement du Lightning au début de l’automne.
Après avoir été ignoré au ballottage pour la deuxième fois en l’espace d’un an, Pelletier a d’abord récolté au moins un point dans huit de ses neuf premiers matchs avec le Crunch cette saison.
De quoi fortifier les liens avec l’organisation au sein de laquelle il souhaite s’épanouir et surtout obtenir une stabilité qui lui a échappé la saison dernière.
Le 30 janvier dernier, il a d’abord été échangé en plein match par les Flames de Calgary, le club qui l’a repêché au premier tour en 2019 (26e) et avec lequel il a joué 61 matchs.
Chez les Flyers de Philadelphie, après avoir dû patienter pour obtenir son visa de travail, il a ensuite participé à 25 rencontres, avant d’apprendre au terme de la campagne qu’il ne recevrait pas d’offre qualificative et deviendrait ainsi joueur autonome sans compensation.
Malgré son « meilleur camp à vie », Pelletier n’est par la suite pas parvenu à percer la formation du Lightning, où les postes en attaque étaient rares, il faut le dire.
L’idée d’être réclamé au ballottage plutôt que de se rapporter au Crunch aurait pu paraître alléchante, mais avec un contrat de trois saisons devant lui, dont les deux dernières seront à un volet, Pelletier a du temps devant lui pour convaincre Tampa qu’il a sa place à temps plein dans la LNH.
« Rien n’arrive pour rien. Si je me fais réclamer, je me fais réclamer. Mais j’ai fait trois équipes en six mois. C’est ben l’fun, mais à moment donné, rester à une seule place c’est le fun aussi. Je n’aurais pas dit non à me faire réclamer pour jouer en haut, mais ça ne me dérange pas. Je suis bien ici », relativise l’ancien des Wildcats de Moncton et des Foreurs de Val-d’Or.
« On a un excellent staff en bas, un excellent coach. Pour de vrai, c’est l’un des meilleurs coachs que j’ai eus. Ça va m’aider à devenir un meilleur joueur pour l’avenir. »
Pelletier parle ici de Joël Bouchard.
« C’est un passionné. Tu le vois à quel point c’est un gars qui veut rendre chacun de ses joueurs meilleurs. Que tu joues sur la première ligne ou la quatrième, il te consacre autant d’attention pour que tu t’améliores. C’est ce que j’aime de lui. Tout le monde est sur un pied d’égalité. »
En contrepartie, Pelletier en donne à son entraîneur. Avec 5 buts et 10 passes en 14 matchs, le petit ailier gauche de 5 pi 10 po et 172 lb occupe le premier rang des meilleurs pointeurs du Crunch, à égalité avec Dylan Duke, et figure dans le top-20 de la LAH.
« Il joue dans toutes les situations, précise Bouchard. Dans toutes les équipes avec lesquelles il a joué, il était un joueur de premier plan. Le but, c’est de continuer ça, pour qu’il maintienne son niveau de jeu le plus haut possible. Il joue sur l’avantage numérique, en désavantage numérique. Il aime prendre charge et c’est sûr que c’est un gars sur qui on compte beaucoup. »
« C’est encore un jeune joueur, rappelle par ailleurs Bouchard. Pour nous autres, c’est un prospect. »
À 24 ans et 87 matchs joués dans la LNH jusqu’ici, Pelletier a en effet encore du temps pour se développer. C’est ce que lui offre le Lightning.
« Des fois, c’est mieux de prendre un pas de recul, pour en faire deux vers l’avant. »






