MONTRÉAL – Jeffrey Viel peine encore à réaliser que ses atouts ont convaincu le Lightning de Tampa Bay de lui consentir un contrat de cinq ans après sept saisons à disputer des matchs dans la Ligue américaine de hockey.
« Je ne sais pas si je l’ai réalisé encore, pour être honnête. Je n’aurais pas pu demander mieux pour l’équipe, la ville et la famille vu qu’on se rapproche un peu de la maison aussi », a confié l’ancien des Ducks d’Anaheim.
C’est justement avec les Ducks que Viel a validé sa valeur aux yeux de nul autre que Julien BriseBois, le directeur général du Lightning. Son rendement inspiré (2 buts et 2 aides en 12 matchs) dans le jeu corsé des séries a été convaincant.
Il faut dire que l’arsenal de Viel est aussi couru que le groupe Angine de Poitrine. Les équipes s’arrachent les joueurs fiables et productifs au style abrasif.
Le Lightning lui a procuré une dose de confiance aussi puissante que l’une de ses mises en échec. Viel a donc la ferme intention de donner raison à BriseBois et son organisation.
« Exactement, je veux continuer sur ma lancée de la saison dernière et continuer d’améliorer mon jeu autant défensivement qu’offensivement tout en conservant mon identité qui m’a permis de me rendre là. Peu importe l’âge, je pense que tu peux t’améliorer. C’est mon état d’esprit », a-t-il répondu au micro de RDS avant une partie de la ligue estivale Living Sisu.
Viel est enchanté d’ajouter son grain de sel dans la redoutable division Atlantique et, du même coup, dans la rivalité avec le Canadien.
« Les rivalités dans la division Atlantique sont au sommet de la LNH donc j’ai vraiment hâte de vivre ça et jouer plus souvent au Centre Bell, c’est toujours un plus dont pour la famille », a exposé Viel qui se greffera aux robustes Brandon Hagel, Yanni Gourde, Scott Sabourin, Erik Cernak…
À 29 ans, Viel n’a que 99 matchs à son compteur dans la LNH et il a conservé toute son humilité. Afin de poursuivre son ascension et faire grimper son compteur de quelques centaines de matchs, il sait où s’inspirer.
« Je ne sais pas si je vais me rendre à leur niveau, mais je regarde toujours les gros attaquants de puissance comme Tom Wilson, les frères Tkachuk et tous ces gars-là. J’essaie d’apprendre de leur style de jeu parce que le mien est similaire. Je regarde beaucoup de hockey en général parce que je peux apprendre aussi des autres joueurs. »
La vérité, c’est que Viel est tombé dans l’œil de bien des observateurs particulièrement depuis qu’il a été échangé à Anaheim par les Bruins. Le vétéran défenseur John Carlson, qui a été son coéquipier pendant 28 matchs avec les Ducks, a été charmé.
« Ses habiletés sont nettement meilleures qu’on peut croire. Il a réussi plusieurs jeux clés dans le dernier droit et en séries. De gros buts, des passes importantes, une bagarre, une mise en échec ou du jeu intense, il a tout accompli ça. Je suis content de le retrouver », a noté Carlson quand il a signé, lui aussi, avec le Lightning.
« J’étais vraiment content, c’est un gars incroyable. Il a procuré un énorme élan à notre équipe à Anaheim. C’est tout un meneur et tout un joueur », a commenté Viel qui était gêné de commenter les fleurs lancées par Carlson.
Une persévérance acquise depuis longtemps
Viel s’est extirpé d’un statut quelque peu précaire avec ce contrat considérable. Franchir une telle étape l’a inévitablement fait patiner à reculons, dans sa tête.
« Ouais, c’était beaucoup d’émotions de penser à tout le travail que j’ai mis avec ma famille là-dedans, les sacrifices de mes parents quand j’étais jeune. J’ai surtout pensé à ça. »
Il a dû être patient puisque son premier match dans la LNH remonte au 29 mars 2021.
« Ce match m’a fait réaliser que c’était possible (de s’y bâtir une carrière). J’ai toujours eu comme but et comme vision de vivre dans le moment présent. Je me fixais des buts que je pouvais atteindre chaque année en persévérant. C’est l’histoire de mon parcours au hockey, depuis que je suis jeune, donc ce n’était pas nouveau pour moi. »
Viel aurait pu nommer « plusieurs entraîneurs à toutes les étapes de ma carrière », mais il a tenu à souligner l’apport de Mario Pouliot « qui a moulé mon rôle », de Roy Sommer dans la Ligue américaine et de Joel Quenneville « qui a été excellent pour me redonner beaucoup de confiance et me faire croire en moi ».
Bientôt, le natif de Rimouski s’abreuvera des conseils de Jon Cooper. Dans ce charmant coin du Québec, Viel est devenu une belle inspiration et ça le surprend toujours.
« J’en entends parler beaucoup, surtout de la part de mes parents. C’est un peu plus rare que je retourne dans mon coin, ma mère y va plus souvent et elle me parle de ça. Mais c’est toujours agréable de repenser à tes débuts et d’où tu viens », a conclu le sympathique athlète de six pieds un pouce et 214 livres.





