Quiz : histoire du hockey à Seattle

ST.SIMONS ISLAND, Géorgie - La Ligue nationale de hockey devrait souhaiter la bienvenue à Seattle mardi matin alors que les gouverneurs entérineront la recommandation formulée par le comité exécutif en septembre dernier.

Vingt-quatre votes sont nécessaires pour donner l’aval au projet d’expansion. Il semble déjà acquis que Seattle sera accueillie à l’unanimité. Seule question en suspens : la date d’entrée de cette 32e équipe.

Les propriétaires éventuels poussent toujours pour une première mise en jeu dès l’automne 2020. Les craintes associées à un échéancier très serré et aux retards envisageables dans la cadre de la rénovation – on parle pratiquement d’une reconstruction complète – du Key Arena incitent la LNH à plutôt envisager une entrée en 2021 seulement.

Sans oublier que le début de la saison 2020 pourrait être perturbé par un conflit de travail. D’une durée de 10 ans, l’actuelle convention collective est en vigueur jusqu’en 2023. Mais la LNH ou l’Association des joueurs peuvent décider de l’abroger dès la fin de la saison 2019-2020. La LNH doit indiquer son intention le 1er septembre prochain. Le syndicat des joueurs, le 19 septembre La Ligue a déjà clairement mentionné qu’elle n’avait pas l’intention de réclamer la fin précipitée du contrat de travail. Quant aux joueurs, ils gardent toutes les options ouvertes. Un sage outil de négociation.

Seattle vise le début de la saison 2020 afin de profiter de la vague de popularité soulevée par l’entrée fracassante des Golden Knights de Las Vegas. D’ailleurs, les copropriétaires les plus en vue de Seattle, dont le producteur hollywoodien Jerry Bruckheimer, devraient prendre la parole mardi matin, avant le vote, afin de mousser leur candidature et surtout la date d’entrée qu’ils souhaitent obtenir.

Arizona dans la section centrale

Parce que Seattle deviendra un proche rival géographique des Canucks de Vancouver, des Oilers et des Flames en Alberta, de même que des clubs ayant pignon sur rue en Californie, il est normal que la 32e équipe s’établisse dans la section pacifique.

Pour équilibrer les sections, tout indique que ce sont les Coyotes de l’Arizona qui seront mutés dans la section centrale.

«Nous avons établi quelques scénarios, mais nous en préférons un en particulier. On va attendre le vote sur Seattle, mais si le vote est positif, les propriétaires voteront aussi sur le changement à apporter aux sections», a convenu Bill Daly, bras droit du commissaire Gary Bettman.

La nouvelle équipe de Seattle est sur toutes les lèvres

Les Coyotes changeront de section seulement au moment de l’entrée en scène officielle de l’équipe à Seattle.

La grande question maintenant : une fois dans la section centrale, les Coyotes pourraient-ils aussi passer de l’Arizona au Texas en mettant le cap sur Houston?

À Glendale où ils sont maintenant locataires du Gila River Arena, les Coyotes vivotent. De plus, tous les scénarios visant à bâtir un nouveau domicile dans la région de Phoenix ont fait chou blanc au cours des dernières années.

La LNH, qui a déjà assumé la tutelle de cette équipe, commence-t-elle à perdre patience? Pourrait-elle forcer une relocalisation comme elle l’a fait lorsque les Thrashers d’Atlanta ont mis le cap sur Winnipeg pour faire renaître les Jets?

«Nous sommes de nature patiente. Andrew Barroway – le propriétaire des Coyotes – a déjà indiqué être à la recherche de partenaires financiers. Il va s’en dire que le dossier d’un nouvel amphithéâtre est primordial en Arizona. Mais pour le moment, nous ne sommes pas inquiets et les Coyotes ne nous ont pas demandé de nous impliquer», a mentionné Bill Daly.

Ottawa : Bettman déçu

Si les Coyotes n’inquiètent pas la LNH, les Sénateurs d’Ottawa eux déçoivent Gary Bettman. En l’absence du propriétaire Eugene Melnyk, c’est le commissaire qui a fait le point sur la poursuite judiciaire de 700 millions $ intentée par Melnyk et les Sénateurs aux dépens d’anciens associés impliqués dans le projet Rendez-vous LeBreton par le biais duquel les Sens doivent construire un nouvel amphithéâtre au centre-ville de la capitale fédérale.

«Les ennuis des Sénateurs ne m’inquiètent pas, mais je suis déçu de la tournure des événements», a reconnu le commissaire de la LNH. Habituellement très posé dans ses commentaires et surtout très porté vers la défense de ses équipes et la diversion en marge des ennuis qui les frappent, cet aveu de Garry Bettman est important.

Car bien que la LNH ait indiqué, de concert avec Eugene Melnyk, la nécessité de voir les Sénateurs obtenir un nouvel amphithéâtre, voilà que le propriétaire commence à prétendre que les choses pourraient aller mieux au Centre Canadian Tire.

Profitant peut-être des ratés du projet Rendez-vous LeBreton de Melnyk, le groupe Devcore Canderel DLS qui avait déposé une soumission à la Commission de la Capitale Nationale (CCN), soumission qui avait été écartée au profit de celle des Sénateurs, revient à la charge.

Dans les pages du quotidien Ottawa Citizen, Jean-Pierre Poulin, qui est à la tête du groupe Devcore Canderel, a indiqué qu’il était toujours prêt à prendre la relève, si le projet de son rival ne lève pas de terre.

Une autre tuile dans la marre d’Eugene Melnyk.

Paix syndicale, plafond à 83 millions $

Dans le cadre des mises à jour sur les opérations courantes, le duo Bettman-Daly a établi une projection selon laquelle le plafond devrait grimper autour des 83 millions $ la saison prochaine. Soit un bond d’environ 3,5 millions $.

Un bond qui sera le bienvenu à Toronto, à Tampa, à Winnipeg et partout où les équipes devront composer avec des renégociations difficiles avec des jeunes de grands talents qui n’attendent plus l’autonomie complète pour faire sauter la banque.

De 39 millions $ qu’il était lorsque la LNH a implanté le plafond salarial en 2005-2006 au terme d’un lock-out qui a annulé la saison 2004-2005, le plafond a donc plus que doublé.

Pas seulement Seattle au menu de la LNH

«C’est la preuve que notre système est bon et qu’il fonctionne. Les revenus de la Ligue augmentent et ceux des joueurs fluctuent aussi à la hausse. En plus, le plafond entraîne une parité sur le plan sportif qui fait de notre ligue la plus compétitive du sport professionnel», a indiqué le commissaire Bettman qui voit dans la hausse projetée une indication de paix syndicale en vue de la prochaine négociation.

Une paix syndicale pourrait aussi avoir un impact direct sur une éventuelle coupe du monde qui précéderait la saison 2020-2021.

«Nous jonglons avec cette possibilité, mais il est impossible de se mettre au travail sans avoir une indication claire de la volonté des joueurs d’en tenir une. Nous avons besoin d’une réponse de la part des joueurs au début de l’année 2019 ou au plus tard lors du Match des étoiles – à San Jose cette année – à la fin du mois de janvier. Les joueurs le savent. La balle est dans leur camp», a indiqué Bettman.

Les joueurs ont tout intérêt à faire patienter le commissaire afin de garder un levier supplémentaire dans les négociations visant la Coupe du monde, voire la prochaine convention collective.

Mais avec un plafond à 83 millions $, plafond qui fluctuera à la hausse avec les 650 millions $ versés par Seattle en guise de droits d’entrée, et les nouveaux emplois créés par l’arrivée d’une 32e équipe, l’Association des joueurs et la LNH devraient s’entendre sur les paramètres de la prochaine convention collective sans avoir recours à une forme ou une autre de conflit de travail.

Du moins, il me semble…

Seattle : oui, mais quand?