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Carter Bear : un Brendan Gallagher en devenir?

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Le meilleur de Carter Bear Voyez les meilleurs moments de la dernière saison de l'espoir de l'édition 2025 du repêchage de la LNH, Carter Bear.

BUFFALO – Un loup toujours en chasse.

Telle est la façon dont s'est décrit Carter Bear au Camp d'évaluation des espoirs de la LNH à Buffalo devant les décideurs des Canadiens de Montréal, curieux de savoir à quel animal il se compare sur une patinoire.

« Je ne suis pas un joueur qui ne se fie que sur ses habiletés, j'amène beaucoup de ténacité, beaucoup d'acharnement. Je ne prends pas de présence de congé », a détaillé l'ailier gauche des Silvertips d'Everett lors du récent « Combine ».

« Je pense avoir un bon QI hockey, et quand j'ai la rondelle, je peux créer des opportunités de marquer et les concrétiser. »

Mike Fraser ne contredira certainement pas son joueur étoile. Le directeur général des Silvertips, un club américain de la Ligue junior de l'Ouest (WHL), a vu Bear inscrire 40 buts en 56 matchs cette saison, en plus d'ajouter 42 mentions d'aide à sa fiche.

C'est un loup. Un vrai de vrai, approuve-t-il.

« [Carter] savait qu'en allant vers le filet, il allait se faire brasser, mais il n'avait pas peur de le faire. Il se met le nez dans le trafic pour s'approprier les rebonds. C'est n'est pas le genre de gars à reculer devant une mêlée. Mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de créativité dans son jeu non plus.

« Il ne va peut-être pas marquer un but à la Connor McDavid en traversant la patinoire et en battant ses opposants un après l'autre, nuance Fraser, mais il est doté d'habiletés à ne pas négliger. Il peut réussir un jeu à partir de rien sur un revirement, ou encore zone neutre, et renverser la vapeur dans le temps de le dire. »

« Il est un peu anachronique (throwback) dans le sens qu'on peut compter sur lui pour être créatif offensivement, ou encore pour jouer de façon un peu plus rude si ce dont on a besoin c'est d'un gars qui fonce au filet. Il peut jouer les deux styles. »

Partisans des Canadiens, ça ne vous rappelle pas quelqu'un? Si vous avez lu le titre qui coiffe cet article, vous savez où on s'en va. Mais celle-là, elle ne vient pas de nous.

« Un bon comparable serait Brendan Gallagher », exposait récemment Fraser au RDS.ca.

Le parallèle n'est pas farfelu. Comme Bear, l'infatigable guerrier du Tricolore a franchi le plateau des 40 buts (41) à sa deuxième saison dans la WHL avec les Giants de Vancouver, devenant quelques mois plus tard un choix de cinquième ronde en 2010 (147e). Lors des deux campagnes qui ont suivi, Gallager a marqué 44 et 41 buts.

« Il a de bonnes habiletés offensives, mais ce que les gens ne voient peut-être pas, c'est qu'il est un peu une peste sur la patinoire, révèle Fraser. [...] Il sait se maintenir en équilibre sur cette mince ligne sans tomber dans l'indiscipline. Un peu comme Brad Marchand. »

Contrairement à ces deux attaquants teigneux qui font depuis longtemps rager leurs rivaux dans la LNH, Bear n'a toutefois pas l'habitude de se faire aller le mâche-patate.

« Ce n'est pas le gars le plus vocal, il est assez tranquille, dépeint Fraser. Mais quand il est sur la glace, c'est comme s'il entrait dans un autre monde, une autre zone. Il n'est intimidé par personne. »

Carter Bear Carter Bear

Bear, de son côté, dit comprendre la comparaison avec Gallagher, même s'il affirme plutôt calquer son jeu sur celui de Brandon Hagel du Lightning de Tampa Bay.

« Comme [Gallagher], je n'abandonne jamais sur un jeu, ça c'est certain. On a cette ténacité en commun. Quand il a la rondelle sur la lame de son bâton, il est capable de générer des chances de marquer, comme moi. »

En plein le genre de joueur dont une équipe a besoin une fois les séries éliminatoires venues. Malheureusement pour eux, les Silvertips n'ont pu compter sur l'ardeur au travail de Bear ce printemps.

Dans le viseur des Canadiens

La saison du Manitobain de 6 pi et 179 lb a en effet pris abruptement fin le 9 mars dernier, lorsqu'il est ressorti d'un contact avec une lacération partielle du tendon d'Achille.

« Je pensais au départ que j'avais la jambe fracturée, je ne sentais rien. »

Ç'aurait peut-être été préférable comme scénario.

« J'en savais peu sur les blessures au tendon d'Achille, mais j'ai vite appris ce que ça prenait pour revenir à 100 %. »

Une opération et trois mois plus tard, Bear n'est toujours pas complètement remis de cette blessure qui aurait pu être autrement plus désastreuse si la lacération avait été complète.

Au Camp d'évaluation de la LNH auquel il a été invité il y a deux semaines, Bear a néanmoins dû faire l'impasse sur les tests physiques qui ont clos l'événement. Bear y a toutefois rencontré 25 équipes désireuses d'en savoir plus sur lui et surtout sur sa remise en forme.

Aux journalistes venus à sa rencontre avant qu'il ne quitte la cité des Sabres, Bear a indiqué qu'il a recommencé à patiner, sans toutefois révéler s'il s'estimait près ou pas d'avoir retrouvé la santé.

« C'est très difficile à dire. C'est dur de gérer cette blessure et de se projeter dans le futur. C'est vraiment dur à dire… Je suis désolé. »

Ici réside donc le plus gros « mais » en ce qui a trait à Bear. Cette incertitude incitera-t-elle les clubs de la LNH à faire preuve de prudence une fois le premier tour du repêchage venu, le 27 juin à Los Angeles?

Dans leurs plus récentes mises à jour de leurs classements des meilleurs espoirs, certains experts voient Bear être sélectionné dans la première moitié de la ronde initiale. Notre éminent confrère de TSN Bob McKenzie le répertorie au 15e échelon, alors que les analystes du site Elite Prospects le placent aussi haut que 8e. D'autres, comme Craig Button de TSN (24e), le classent dans le dernier tiers.

« Dans le pire des scénarios, Carter sera peut-être un excellent joueur de troisième trio [dans la LNH], avance Fraser. J'hésite toujours à dire pareille chose parce que ça sonne comme si je disais que c'est son plafond. Ce ne l'est pas. Ce que j'ai dit aux équipes, c'est que c'est un choix prudent dans le sens que c'est probablement le pire des scénarios. »

Dans l'éventualité où Bear glissait dans l'ordre de sélection, les Canadiens pourraient se voir confronter au dilemme de le repêcher ou pas avec l'un ou l'autre de leurs 16e et 17e choix. Chose certaine, l'attaquant de 18 ans est dans leur viseur.

Avant que Bear ne se blesse et qu'il ne discute avec l'état-major montréalais à Buffalo, les éclaireurs du CH ont assisté à plusieurs de ses matchs à Everett. Ils l'ont observé à l'entraînement. Ils l'ont rencontré et ont jasé avec lui à l'occasion de plusieurs séances Zoom.

« Oui, je les ai vus quelques fois », a confirmé Bear. « Mais je ne pouvais trop me préoccuper d'eux quand ils étaient dans les estrades. Je devais me concentrer sur mon jeu. »

Un loup ne perd jamais sa proie de vue.