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Washington a été le théâtre de la rédemption de Dubois

Publié le 

Une atmosphère familiale à l'aube du premier match éliminatoire Reportage de Luc Gélinas à l'issue du premier match éliminatoire entre les Canadiens de Montréal et les Capitals de Washington et de la sérénité à l'aube du premier match éliminatoire.

WASHINGTON - Les années se suivent et de ne ressemblent plus pour Pierre-Luc Dubois.

Et c'est tant mieux!

Dimanche matin, au centre d'entraînement des Capitals, Dubois affichait plus d'entrain et de confiance sur la patinoire qu'il en affichait il y a à peine un an alors que lui et ses anciens coéquipiers des Kings de Los Angeles étaient en voie de se faire éliminer pour une troisième année de suite par les Oilers d'Edmonton.

Assis à son casier, les patins encore aux pieds, Pierre-Luc Dubois a souri timidement lorsque je lui ai fait remarquer qu'il semblait beaucoup plus épanoui qu'il y a 12 mois. Qu'il semblait même soulagé. Libéré.

« On peut dire ça oui », a-t-il ensuite convenu en retirant le ruban qui retenait ses jambières en place.

Parler de rédemption dans le cas de Pierre-Luc Dubois qui vient de connaître la meilleure saison de sa carrière n'est pas exagéré. Et pas seulement parce qu'il a établi des sommets personnels avec les 66 points qu'il a amassés, dont 46 à titre de complice de buts enfilés par ses coéquipiers.

Car à 26 ans, à sa huitième saison déjà dans la LNH et après tout près de 600 matchs disputés (598), Dubois est finalement dirons certains, enfin diront d'autres, devenu le joueur débordant de talent et promis à une brillante carrière lorsqu'il a été le troisième joueur réclamé au repêchage de 2016.

Après des séjours loin d'être concluants – en dépit des récoltes de buts et de points intéressantes – avec les Blue Jackets à Columbus, les Jets à Winnipeg et les Kings à Los Angeles, Dubois est un rouage très important des succès des Capitals de Washington cette saison.

« C'est l'un des centres les plus complets de la Ligue nationale », que s'est permis de lancer haut et fort son ailier droit Tom Wilson.

Assis tout juste à la gauche de Dubois dans le vestiaire des Capitals, Wilson tenait peut-être à faire un petit velours à son joueur de centre qui l'a aidé à marquer 33 buts cette saison. À le glorifier un tantinet pour qu'il soit encore généreux en occasions de marquer offertes une fois la rondelle déposée, lundi soir, pour donner le coup d'envoi à la série contre le Canadien de Montréal.

Candidat au trophée Selke

Mais lorsque l'entraîneur-chef Spencer Carbery s'est permis de dire que Pierre-Luc Dubois est déjà à ses yeux et sera pour longtemps un candidat de premier plan dans la course au trophée Selke, on a compris que Wilson n'exagérait pas vraiment.

Ou si peu!

Pierre-Luc Dubois a associé à ses 66 points un différentiel de plus 27 cette saison. Vrai que Taylor Raddysh (-7), le collégien tout juste arrivé à Washington Ryan Leonard (-4) et Lars Eller (-1) sont les seuls joueurs des Caps à présenter des différentiels négatifs cette saison.

Mais quand même : Leon Draisaitl (+32), Jack Eichel (+32) et Anthony Cirelli (+30) sont les seuls centres à afficher des différentiels plus positifs que Pierre-Luc Dubois.

Ce n'est pas rien!

« Pierre-Luc a vieilli. Il a acquis de la maturité. Il a connu bien des hauts et traversé bien des bas qui ont contribué à faire de lui le joueur qu'il est devenu. Je ne sais pas vraiment ce qui lui est arrivé avant. On s'est parlé lorsqu'il a joint notre équipe. Je lui ai demandé de me dire ce qu'il aimait, ce qu'il aimait moins, de m'indiquer les situations dans lesquelles il était le plus à l'aise. Le genre de joueur avec qui il voulait évoluer. Quelles étaient ses forces de manière à pouvoir maximiser son utilisation », a défilé Spencer Carbery.

Le reste est venu de Dubois a assuré l'entraîneur-chef des Caps qui impute à la très grande intelligence de son joueur de centre le fait qu'il réponde maintenant aux attentes.

« Je n'ai encore jamais côtoyé un joueur de centre aussi conscient de ce qui se passe autour de lui sur la patinoire. Quand tu t'assois avec lui pour analyser un match, il se rappelle de tout ce qui s'est passé : le rythme du jeu, les gars sur la patinoire, autant ses coéquipiers que ses adversaires. Sa capacité d'analyse est sensationnelle. Son père est un entraîneur et ça paraît. Ajoutez à tous ces facteurs intangibles, son physique, son talent et le fait qu'il est l'un des joueurs les plus constants du club, le genre de gars qui te joue 10 gros matchs de suite et qui va rebondir tout de suite après une sortie plus ordinaire, et vous avez l'ensemble du portrait de Pierre-Luc Dubois », a imagé Carbery, dont le nom doit être ajouté à ceux de Jon Cooper et Paul Maurice – Martin St-Louis les talonne également – sur la liste des entraîneurs-chefs les plus loquaces, imagés et généreux en matière de commentaires et d'analyses.

Humble dans le triomphe

Après avoir passé des années à devoir répondre à des questions associées à ses performances en deçà des attentes, à des transactions qui ne l'ont pas toujours fait bien paraître, Pierre-Luc Dubois pourrait être aujourd'hui vindicatif.

Il aurait pu profiter de la volte-face dans sa carrière pour se bomber le torse. Pour s'imputer tout le crédit de cet éveil remarqué aux quatre coins de la planète hockey.

Au contraire!

Avec les journalistes de Washington d'abord, avec les collègues venus de Montréal ensuite, le Québécois est demeuré très réservé dans ses commentaires associés à sa rédemption. À son niveau de responsabilité dans le revirement complet que les Capitals ont effectué cette année.

Il a imputé à son nouvel entraîneur-chef et à ses nouveaux coéquipiers les plus grandes parts du crédit associé à sa saison exceptionnelle.

« La communication avec le coach est très importante. Et quand tout tombe en place comme c'est arrivé ici cette année, ça rend ta job beaucoup plus facile. Tu as juste à te présenter avec le sourire, à être toi-même, à ne pas chercher à en faire plus ou moins et tout va bien se passer », que Dubois a d'abord répondu.

« La culture dans le vestiaire est aussi associée au leadership des gars comme Ovechkin, Carlson et Wilson. Ils ont gagné la coupe Stanley en 2018. Ils savent ce que ça prend. Cette année, même dans les moments difficiles alors qu'on jouait moins bien, il n'y avait pas de panique. Ces gars-là gardaient le sourire. Les séries commencent. Un gars comme Ovi pourrait se mettre une tonne de pression sur le dos. Mais tu le vois arriver aujourd'hui avec le sourire dans le visage et ça crée un environnement détendu. On est prêts. On est concentrés. On sait ce qu'on a besoin de faire. Mais on sait aussi qu'on n'a pas à se mettre plus de pression. »

Coup de chapeau à David Savard

Dubois croisera le Canadien en séries pour la deuxième fois de sa carrière. En deuxième ronde en 2021, Dubois et les Jets de Winnipeg avaient été balayés en quatre petites parties par le Tricolore qui venait de mystifier les Maple Leafs de Toronto en sept matchs. Le Canadien allait ensuite battre les Golden Knights de Vegas pour se retrouver en finale de la coupe Stanley contre le Lightning de Tampa Bay.

Croiser le Canadien à nouveau en séries, vivre la frénésie du Centre Bell sera bien sûr enivrant.

Mais Dubois est particulièrement content de pouvoir croiser David Savard. Le défenseur du Canadien qui vient d'annoncer sa retraite une fois les séries terminées a été le parrain de Dubois à son arrivée à Columbus. Savard, son épouse et leurs jeunes enfants avaient ouvert les portes de leur maison pour héberger Dubois, qui est depuis un membre de la famille.

« Ce sera vraiment le fun de jouer contre lui. Il va tout donner et je suis convaincu que les gars du Canadien vont tout faire pour prolonger le plus possible ses séries », a commenté son ancien papa d'adoption.

Dubois, qui n'est pas encore père de famille, a profité de l'arrivée du collégien Ryan Leonard pour boucler la boucle. Il lui a ouvert les portes de son domicile afin de l'aider à composer avec sa nouvelle vie de joueur de hockey professionnel.