OTTAWA — Kori Cheverie s’est prêtée à l’exercice d’une mêlée de presse mardi après-midi dans le lobby d’un chic hôtel de Kanata, mais si des journalistes s’attendaient à des commentaires percutants et spectaculaires, ils ont certainement été déçus. L’entraîneuse-chef de la Victoire de Montréal a été plutôt laconique et a même paru impassible.
Cheverie a non seulement été brève dans la grande majorité de ses réponses, elle n’a rien laissé transpirer des ajustements qui pourraient être nécessaires pour qu’elle et ses joueuses puissent soulever, étreindre et embrasser la coupe Walter.
« C’est quelque chose que je vais garder à l’interne, c’est certain », a répondu Cheverie lorsque questionnée, justement, au sujet des correctifs à apporter en prévision du quatrième match de la finale de la Ligue professionnelle de hockey féminin contre la Charge d’Ottawa, qui aura lieu mercredi soir au Centre Canadian Tire.
« Nous aimerions être plus performantes avec la rondelle et nous voudrions nous améliorer sans la rondelle. Nous allons identifier les ajustements nécessaires et nous les mettrons en œuvre», a-t-elle ajouté.
Si Cheverie a dû répondre aux questions des journalistes mardi, c’est parce qu’une quinzaine d’heures plus tôt, la Victoire avait subi un revers de 2-1.
Ce faisant, la formation montréalaise a été privée d’une première conquête de la coupe Walter et d’un balayage de la série au meilleur de cinq parties.
Si le balayage n’est plus réalisable, la conquête de la coupe Walter demeure à la portée de la Victoire, qui domine la série avec deux gains contre un.
Cette conquête pourrait se concrétiser mercredi soir dans un Centre Canadian Tire qui pourrait bien être rempli à craquer et fort bruyant. C’était d’ailleurs le cas lundi soir.
Répondre à l’intensité
La Victoire avait remporté les deux premières parties à la Place Bell, jeudi et samedi, sans jamais détenir l’avance. Lundi soir, la formation montréalaise a marqué le premier but, gracieuseté de Hayley Scamurra, après un peu plus de sept minutes d’écoulées au troisième vingt.
Toutefois, la Charge a répliqué avec deux buts lors des six dernières minutes de la période, dont celui, décisif, de Rebecca Leslie avec moins d’une minute à jouer au temps réglementaire.
Lorsqu’elle s’est fait demander ce qu’elle n’avait pas apprécié des cinq dernières minutes de la rencontre, Cheverie a détourné la question.
« Il y a beaucoup de choses qui m’ont plu dans ce match, et c’est là-dessus que je vais m’attarder. Je trouve qu’on a très bien réussi à leur tenir tête. Je pense qu’il fallait continuer à répondre à leur intensité et à jouer notre style de jeu. Vous savez, c’est normal pour les équipes d’avoir des hauts et des bas pendant un match.»
Cheverie a également été vague au sujet du rendement général de ses joueuses au fil des 40 premières minutes de jeu, lundi soir.
« Il y a des aspects de notre jeu que j’ai appréciés et d’autres que je n’ai pas aimés. Nous allons revoir notre stratégie avec les petits ajustements que nous voulons apporter », s’est-elle limitée à dire.
À une question portant sur l’importance de la gestion des émotions surtout dans le contexte où la Victoire était si près de la consécration après avoir marqué le premier but du match, lundi soir, Cheverie s’est contentée de dire des évidences.
« Il est toujours important de gérer ses émotions à chaque étape du match, que ce soit lors des séries éliminatoires ou en saison régulière. Que ce soit le premier, le cinquième ou le troisième match, la gestion des émotions est essentielle. »
Et qu’en est-il de la gestion des 10 dernières minutes d’un match, par exemple, alors que votre équipe détient l’avance?
« C’est en fait à nous de le savoir et ce n’est pas à moi à en parler aux médias car il s’agit d’une question de stratégie qui doit rester à l’interne. »
Gagner un match de suite
Du côté de la Charge, Carla MacLeod a toujours affiché sa foi en son groupe lors de ses conférences de presse après les matchs de la finale à Laval. Mardi matin, on pouvait toutefois percevoir un certain soulagement chez elle à la suite de la victoire de sa troupe.
« Nous avions le sentiment, tout au long de la série, de bien jouer. Mais en fin de compte, il faut gagner sur le tableau d’affichage à ce stade-ci de la saison », a rappelé MacLeod.
« C’est donc vraiment formidable pour notre groupe de maintenir le cap, de continuer à croire en ce que nous faisons. Et puis, bien sûr, cette fin de match passionnante devant nos fans nous a donné beaucoup d’énergie, cela ne fait aucun doute. Mais nous devons encore remporter une victoire d’affilée », a-t-elle mentionné en faisant allusion au principe de penser un match à la fois.
MacLeod voit une croissance chez ses joueuses entre le premier match de la finale et celui de lundi.
« Je pense que nous avons progressé dans de nombreux domaines, et je crois que cela tient en partie à la constance dans notre approche. Ce sport n’est pas si compliqué que ça. Tout le monde essaie essentiellement de faire la même chose. Tout dépend de la façon dont on s’y prend », a mentionné MacLeod.
« Je pense donc que c’est notre niveau d’exécution qui s’améliore de match en match. Quand on commet une erreur, on est mieux placées pour la rattraper. Je pense donc qu’il y a une réelle progression de ce côté-là. »





