LPHF
hockeyOpens in new window

L’année de la Victoire

Mis à jour le 

Publié le 

Pour une deuxième année de suite, la Victoire de Montréal termine la saison régulière au premier rang du classement général. La troupe de Danièle Sauvageau a choisi d’affronter le Frost du Minnesota en demi-finale. Les Montréalaises ont remporté leurs quatre matchs contre les doubles championnes en titre, dont deux en prolongation. Ces succès ne sont qu’une parcelle de cette campagne où la Victoire a progressé à plusieurs niveaux. Après s’être inclinée au premier tour des éliminatoires lors des deux dernières années, l’équipe peut aspirer aux grands honneurs plus que jamais.

Nos analystes Karell Émard et Isabelle Leclaire se prononcent sur ce qui pourrait faire la différence dans le camp montréalais.

La profondeur en attaque

Karell : L’équipe se fiait beaucoup sur le premier trio. Après les Olympiques, en raison des blessures, on a essayé des joueuses dans de nouveaux rôles, des nouveaux trios et duos et ça a vraiment bien fonctionné. Lorsque Marie-Phillip Poulin et Maureen Murphy se sont absentées, tous les trios ont contribué. C’est extrêmement positif pour les entraineuses, mais aussi pour les joueuses en terme de confiance. Tu entres en séries en sachant ce que tu es capable d’amener.

Isabelle : Je pense que les absences ont fait en sorte que les entraineuses ont davantage réparti le temps de glace. Ça semble avoir été dans une consigne qui a été donnée ou un objectif qu’elles se sont donné. Ça a fait en sorte qu’on a découvert des joueuses qui, quand elles jouent un peu plus, en donnent plus. Par exemple, Kaitlin Willoughby, qu’on aimait déjà beaucoup, on a découvert à quel point elle était une bougie d’allumage. J’ai l’impression qu’on ne tombera pas dans le piège de surutiliser des joueuses comme on l’a vu dans le passé.

Une défensive équilibrée

Isabelle : Particulièrement depuis le retour de la pause olympique, les défenseuses donnent beaucoup moins d’espace. Avant, on reculait beaucoup. Pendant deux ans, à mon sens, l’écart défensif a été une lacune majeure. Maintenant, on voit moins ça. On est aussi allé chercher des joueuses comme Maggie Flaherty et Jessica DiGirolamo qui ont des gabarits imposants et qui jouent plus physique. L’ensemble de l’équipe joue mieux défensivement. La structure en zone neutre et la prise en charge dans leur zone sont bien meilleures.

Karell : Tu as un trio qui sort la rondelle assez rapidement en transition avec du patin (Nicole Gosling et Amanda Boulier), tu en as un autre qui essaie de ralentir le jeu ici et là (Erin Ambrose et Jessica Digirolamo), et tu as un autre duo qui frappe tout le monde (Katie Tabin et Maggie Flaherty). Je trouve qu’on a une belle combinaison de duos de défenseuses et je les garderais comme ça. C’est parfait pour débuter les séries et s’il arrive quoi que ce soit, Nadia Mattivi peut entrer dans la formation.

Une robustesse accrue

Karell : Il y a quelques semaines, elles ont joué contre Boston, ça a été très physique et elles n’ont pas eu peur. Au contraire, elles ont commencé à frapper tout le monde. On a des joueuses qui ont potentiellement appris à frapper durant l’été. Parmi les nouvelles venues, comme DiGirolamo ou Flaherty, le côté physique fait partie de leur ADN. C’est peut-être pour ça, entre autres, que Montréal a choisi d’affronter le Minnesota parce que c’est une équipe qui n’aime pas tellement se faire frapper.

Isabelle : C’est vrai qu’en séries l’an dernier contre Ottawa, ça avait brassé. Je pense que Montréal est mieux outillée de par le type de joueuses qu’on a. Catherine Dubois utilise davantage son corps pour sortir l’adversaire du jeu. Abby Roque aime frapper et maintenant elle le fait plus sur des courses pour la rondelle en zone offensive. C’est un apprentissage. Lina Ljungblom a aussi pris ses aises de ce côté.

Un roc devant le filet

Isabelle : Je ne sais plus quel qualificatif utiliser pour parler d’Ann-Renée Desbiens. Elle est tout simplement incroyable. Ce qui me fascine, c’est qu’elle réussit à offrir des performances comme ça même quand elle ne fait pas face à énormément de lancers.

Karell : Elle est meilleure que jamais en termes de stabilité et de concentration. Il y a une espèce d’aura autour d’elle, autant pour ses coéquipières que pour les joueuses qu’elle affronte. Elle sème le doute à savoir si elles seront capables de percer ce mur-là ou pas. Elle joue dans la tête des autres équipes.

Les points d’interrogation

Karell : L’avantage numérique n’est pas un gros point d’interrogation, mais elles ont le temps de le peaufiner avant le début de la série. Depuis quelques semaines, Montréal performe plus à cinq contre cinq que sur le jeu de puissance. Ce n’est pas dramatique, mais il faudra trouver le moyen de faire bouger la gardienne et ouvrir le jeu.

Isabelle : C’est une super belle nouvelle de revoir Poulin et Murphy, mais elles n’ont joué qu’un match, donc ça donne très peu de temps pour revenir à une structure de trio. On a dû démanteler l’unité de Mlynkova, Ljungblom et Willoughby que j’adorais. J’ai l’impression qu’on avait trouvé une recette qui incluait un troisième et un quatrième trio qui étaient excellents.

Le mot de la fin

Isabelle : Quand tu regardes le sport en général, tu gagnes parce que tu as perdu avant. C’est en perdant que tu es obligé de t’examiner, de te remettre en question, de faire des modifications. Je pense que Montréal a trouvé un équilibre.

2026 pourrait définitivement être l’année de la Victoire.