Rocket

L’adversaire est connu, mais des questions demeurent

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LAVAL – Après une semaine d’attente à l’aveugle, le Rocket de Laval peut finalement mettre un visage – ou plutôt 20 visages, pour être plus précis – sur la première cible de son parcours éliminatoire. Mercredi soir, à la Place Bell, il attendra avec une brique et un fanal les Marlies de Toronto.

Les Marlies ont passé la dernière semaine à en découdre avec les Americans de Rochester pendant que le Rocket, en vertu de sa première place au classement de la division Nord, profitait d’un laissez-passer pour la deuxième ronde. L’équipe à domicile a gagné tous les matchs de cette courte série 2-de-3. Les Torontois ont terminé le travail en début de soirée dimanche.

Lundi matin, l’espace préalablement occupé par l’incertitude avait été comblé par une dose rehaussée d’enthousiasme au sein du groupe dirigé par Pascal Vincent.

« On est tannés de pratiquer, de faire des rencontres, s’est impatienté l’entraîneur-chef après la séance d’entraînement. On veut jouer au hockey, on veut s’ajuster, on veut être dans le feu de l’action. »

« Dans le premier meeting qu’on a, les entraîneurs, en début de saison, on se demande comment on va faire pour établir un était d’esprit durant la saison qu’on n’aura pas besoin de changer dans les séries. Ce que j’ai dit aux joueurs toute la semaine, c’est : “J’espère que c’est plate pour vous présentement parce que vous avez déjà entendu tout ce que je suis en train de vous dire. Si vous entendez quelque chose de nouveau en ce moment, c’est que je n’ai pas fait ma job.” Je me sens bien parce que l’énergie était bonne, les gars étaient réceptifs, les pratiques avaient du rythme. Je pense qu’on est bien préparés. »

C’est la deuxième année consécutive que le club-école du Canadien profite d’une longue pause avant d’entreprendre son tournoi printanier. En 2025, il avait conclu sa saison le 19 avril et n’avait amorcé ses séries que le 30 avril. Cette année, l’attente a été plus courte d’une journée.

Elle a aussi été endurée dans un contexte différent. Il y a un an, le Rocket avait conclu sa saison avec une fiche de 6-2-1 en avril. Comme un olympien bien rodé, il avait atteint le sommet de sa forme au parfait moment. L’édition actuelle ne peut en dire autant. Elle n’a gagné que deux de ses neuf derniers matchs, séquences au cours de laquelle elle a compilé un dosser de 2-4-3.

La semaine dernière, lors du passage du collègue Éric Leblanc à Laval, Vincent a voulu minimiser la signification de cette glissade, affirmant notamment avoir profité de la dernière page du calendrier pour tenter quelques expériences. Le vétéran Tobie Bisson adhère à cette version et attend le début des choses sérieuses avec confiance.

« On le ressent que Pascal n’est pas stressé, apprécie le défenseur. Te sais, même nous, des fois, ça faisait une couple de games qu’on perdait, on commençait à être moins sûrs. Mais lui rentrait dans tous les matchs de la même manière. Il n’a jamais changé sa façon de faire et on l’a senti. Je pense qu’il est confiant qu’en rentrant dans les séries, on va être prêts. »

« Évidemment, c’est bon de rentrer dans les séries avec cette confiance-là, mais tout peut changer tellement rapidement dans les séries, relativise Vincent. Avec certaines équipes, je pourrais être un peu craintif, mais pas avec le groupe qu’on a en ce moment. »

« On veut juste les ramasser encore plus »

Une autre source d’inquiétude potentielle réside dans les récents insuccès du Rocket contre les Marlies.

C’est que la dernière victoire des banlieusards québécois contre leurs rivaux de la Ville Reine remonte au 14 février. Les quatre derniers duels qui ont suivi ont été à l’avantage des Marlies. Ces derniers, qui ont conclu la saison régulière avec huit points de moins que le Rocket, s’appuieront assurément sur cet accomplissement pour se permettre de croire pouvoir causer une surprise.

« Je dirais que j’aime mieux être dans notre situation que la leur, conçoit néanmoins Bisson. Sachant qu’ils nous ont battus quatre fois en ligne, je pense qu’ils rentrent un peu cocky. Pour nous, on sait de quoi on est capables. Les deux derniers matchs contre eux, on n’avait pas notre alignement complet et le pointage ne représentait pas super bien les matchs qu’on a joués.»

« J’ai l’impression que vu qu’on a perdu les dernières fois contre eux, on veut juste les ramasser encore plus. »

—  Tobie Bisson

Cette animosité tout à fait honorable, les joueurs du Rocket devront s’assurer de la canaliser avec maturité. Durant la saison, ils ont formé la deuxième équipe la plus punie de la Ligue américaine tout en plaçant leur taux d’efficacité en désavantage numérique dans le dernier tiers de la ligue.

Dans la séquence de quatre matchs précédemment mentionnée, le Rocket a donné 16 jeux de puissance aux Marlies et a déployé le sien à seulement cinq reprises. « C’est sûr que la discipline, ça n’a pas été notre force cette année », a confessé Bisson. Sans surprise, donc, cette clé sera au cœur du message de Vincent au cours des prochains jours.

« On en discute, on en parle. Comme je disais l’an passé, il y a une ligne sur laquelle on doit marcher et cette année, souvent on l’a dépassée. Il faut s’assurer de rester sur la ligne. Parce que je ne veux pas qu’on perde notre agressivité non plus. On a fini au premier rang pour certaines raisons et l’une de ces raisons, c’est que ce n’est pas le fun de venir jouer à Laval. »

Blessé au haut du corps depuis un mois, Laurent Dauphin s’est entraîné avec un chandail jaune le protégeant des contacts lundi. Le diagnostic initial faisait état d’une absence d’une durée minimale de quatre semaines. Vincent n’a rien pu confirmer, mais il a dit espérer que son capitaine soit en mesure d’être en uniforme mercredi.

Le défenseur Nate Clurman continue quant à lui d’être évalué et n’est pas une option pour le début des séries.