MONTRÉAL – Il s’inspire de Jon Cooper et Martin St-Louis grâce à ses amis Mathieu Darche, Julien BriseBois et Brian Gionta. Convoité par trois équipes de la LPHF, François Méthot a accepté l’offre du Fleet de Boston.
Incursion dans le parcours, à la fois atypique et fascinant, de cet entraîneur de 48 ans.
En 1996, Méthot a été repêché au 54e rang par les Sabres de Buffalo, deux choix avant un certain Zdeno Chara qui aura joué 1680 parties régulières dans la LNH.
Après six saisons dans la Ligue américaine, Méthot a plutôt emprunté le chemin de l’Allemagne où il a été fort productif pendant 11 saisons.
On a cru que ce long séjour en Europe aurait pu l’éloigner du milieu nord-américain du hockey. On était dans le champ!
De retour d’Allemagne, Méthot s’est installé à Rochester, d’où est originaire la mère de ses deux enfants, et il s’est investi dans la profession d’entraîneur en plus d’encadrer des athlètes pour développer leurs habiletés.
« Le plus gros nom qui est arrivé au début et qui a tout commencé, c’est Clarke MacArthur (552 matchs dans la LNH). Il y avait des problèmes de commotion cérébrale et je l’ai aidé à revenir avec les Sénateurs (d’Ottawa). Ensuite, il y a eu Alex Tuch, je l’ai aidé à grimper à partir des mineures et tout ça a fait boule de neige. Il y a eu Charlie Coyle et d’autres joueurs », a raconté Méthot avec un succès qui a piqué la curiosité des acteurs du milieu du hockey.
Stephen Gionta, le petit frère de Brian, s’est également ajouté à la liste.
« Puis, j’ai entraîné le fils (Adam) de Brian et on est devenu des amis. Quand j’ai commencé à diriger l’équipe junior, j’ai dit à Brian ‘Tu vas coacher avec moi’. On l’a fait pendant trois ans et on est devenus vraiment proches », a confié Méthot en parlant de son rôle d’entraîneur-chef et directeur général de l’équipe junior des Americans de Rochester dans la NAHL (une alternative à la USHL et au hockey junior canadien).
Son amitié avec Gionta lui a ouvert des portes chez le Canadien de Montréal pour s’intéresser au travail de Martin St-Louis en tant qu’entraîneur-chef.
« Martin, c’est un entraîneur vraiment, vraiment intelligent et j’écoute souvent ses conférences de presse. C’est impressionnant ce qu’il accomplit avec le Canadien », a souligné Méthot.
Mais ce serait difficile de ne pas identifier Jon Cooper, le pilote du Lightning de Tampa Bay depuis la saison 2012-2013 comme sa principale inspiration.
« L’an passé, j’ai eu la chance d’être un invité à Tampa Bay durant deux jours parce que je suis assez près de Mathieu Darche et Julien (BriseBois). Ils m’ont beaucoup parlé de Jon Cooper, c’est impressionnant que son message continue à passer après toutes ces années et j’ai pu discuter avec lui », a noté Méthot qui amalgame des atouts de St-Louis et Cooper avec sa personnalité.
Les joueuses poussaient en sa faveur
Pendant ce temps, Méthot a continué à raffiner les habiletés de plusieurs joueurs et joueuses, dont certaines de la LPHF. Son assistante était convaincue qu’il représenterait un candidat intéressant pour diriger dans le circuit féminin qui accueille quatre équipes d’expansion.
« Je ne m’en attendais pas et, finalement, j’ai parlé avec trois équipes et Boston avait la meilleure situation pour moi », a-t-il décrit.
Ce n’est pas banal de susciter un intérêt de la sorte.
« J’ai commencé à collaborer avec des joueuses bien avant que la LPHF se forme et je travaille avec plusieurs joueuses de l’équipe olympienne féminine. Ça fait quelques années qu’elles me poussent à essayer de rentrer dans la Ligue », a précisé Méthot qui a récolté 94 points à sa deuxième saison dans la LHJMQ.
Père d’un garçon et d’une fille, Méthot est emballé de voir « l’explosion » de l’engouement autour du hockey féminin.
« J’aime le fait d’arriver tôt dans la LPHF et on verra si je peux aider, mais c’est vraiment un beau défi », a ciblé Méthot.
Via ses connexions avec Gionta, Darche et BriseBois, Méthot a prouvé que le dicton selon lequel « le sport est un petit monde » s’applique à merveille. En voici une autre preuve avec son aventure qui s’est entamée avec le Fleet.
Méthot a hérité de ce poste puisque Kris Sparre, l’ancien entraîneur-chef du Fleet, a choisi d’accepter les rênes de l’équipe de Hamilton, l’un des quatre clubs d’expansion (avec Las Vegas, San Jose et Detroit) à joindre la LPHF. La saison dernière, le Fleet a connu une très belle saison avant de vivre une déception en séries.
« C’est drôle parce que Kris Sparre était l’adjoint de Matt McIlvane dans la Ligue américaine. Avant ça, Matt a été entraîneur adjoint à Munich et je suis aussi passé par Munich. Le système, qui se joue là-bas, est vraiment particulier et difficile de l’affronter donc il n’y aura pas grand changement de ce côté », a évoqué Méthot qui ajoutera sa touche.
Contre Montréal, une première
Méthot l’a avoué, ce sera particulier d’embarquer dans ce projet sans se retrouver dans le camp de Montréal.
« Quand j’ai grandi, j’ai toujours été du côté de Montréal. Que ce soit le Canadien contre Boston ou même les Expos dans le temps. Ça fait longtemps que je suis parti de Montréal, mais ma famille est sur la rive-nord et mon frère habite à Laval, près de l’aréna de la Victoire. Ça va être le fun de voir ma famille, mes amis et reconnecter. C’est juste que je vais être de l’autre côté », a-t-il réagi en souriant.
Fidèle à ses habitudes, Méthot déploiera tous les efforts pour guider l’organisation à un premier championnat.
Cela dit, on présume que son nom attirera l’attention au-delà de la LPHF éventuellement.
« Le temps passe très vite dans le monde du sport. Je vais tout donner dans ce projet, je suis vraiment heureux de joindre le Fleet. On verra s’il y a d’autres choses qui se présentent plus tard. Mais, en ce moment, je veux aider à bâtir l’organisation qui m’accorde cette chance », a conclu Méthot qui déploiera son leadership.




