Alan Millar et Scott Salmond analysaient les décombres.
Le Canada venait de subir une deuxième élimination consécutive en quarts de finale au Championnat mondial de hockey junior. Cette fois-ci à domicile.
Le programme masculin des moins de 20 ans, déjà fortement éprouvé, avait désespérément besoin d’un nouveau départ. Millar fut promu au poste de directeur général à temps plein de l’équipe. D’autres changements structurels au sein de Hockey Canada allaient suivre.
Millar et Salmond, vice-président principal de la haute performance et des opérations hockey de l’organisation, savaient que la prochaine étape consistait à trouver la personne idéale pour diriger l’équipe.
« Il n’y avait qu’un coup de fil à passer, se souvient Millar. Et c’était à London. »
Dale Hunter, qui a bâti une équipe redoutable avec les Knights de London, dans la Ligue de l’Ontario (OHL), est de retour comme entraîneur-chef au Mondial junior – après avoir mené le Canada au sommet du podium en 2020 – pour un pays qui aspire à se relancer.
« Ils ont bâti l’un des meilleurs programmes de la Ligue canadienne de hockey, a déclaré Millar à propos de Hunter et de son jeune frère Mark, qui fait également partie de l’équipe dirigeante du Canada pour le tournoi. Leur succès parle de lui-même. Au vu des résultats des deux dernières années, et pour remettre le projet sur les rails, nous pensions que Dale était l’homme de la situation. »
Les Hunter ont remporté trois Coupes Memorial, six titres de la OHL et ils ont permis à un grand nombre de joueurs d’accéder aux professionnels.
Alors, qu’est-ce qui explique leur succès et leur capacité à développer les talents?
« Un excellent sens du hockey, a affirmé Robert Thomas, centre des Blues de St. Louis, qui a disputé trois saisons avec les Knights. Ils se soucient de leurs joueurs et veulent les voir progresser. Ils ne les mettront jamais dans une situation d’échec. Ils sont toujours très patients et veillent à ce que tout se déroule bien avant de leur confier des postes importants. C’est une leçon que j’ai vraiment apprise: il faut être patient et persévérer. »
L’attaquant des Flames de Calgary Nazem Kadri a passé deux saisons avec les Knights.
« Ils ont eu une grande influence sur le début de ma carrière, a-t-il mentionné à propos des Hunter. Ils possèdent une connaissance approfondie du milieu. Ils ont une expérience complète, à tous les niveaux. »
Mark a remporté la coupe Stanley avec les Flames en 1989 et Dale a disputé un nombre impressionnant de 1407 matchs dans la LNH.
Parmi les joueurs actuels de la LNH passés par London sous la direction des Hunter, on retrouve également Mitch Marner, Matthew Tkachuk, Patrick Kane, Max Domi, Corey Perry et Christian Dvorak.
« Leur organisation est incroyable, a indiqué Kane, aujourd’hui ailier des Red Wings de Detroit. C’est toujours impressionnant .»
Thomas a expliqué que la capacité de Dale Hunter à gérer de jeunes talents aux besoins variés contribue à faire passer son message.
« Il est vraiment authentique, a ajouté Thomas. Que ce soit pour parler de compétences ou pour analyser des vidéos. Beaucoup de joueurs doivent une grande partie de leur succès à la façon dont il les a gérés chez les juniors. »
Domi a fait savoir que Dale Hunter traitait les Knights comme une équipe de la LNH en miniature.
« Des présences courtes, l’implication de tous, un esprit d’équipe, a exprimé Domi, un attaquant des Maple Leafs de Toronto qui a joué quatre saisons à London. Tous ces aspects positifs sont parfois oubliés dans les discussions entre entraîneurs et joueurs de hockey mineur et junior, mais il nous traitait comme des pros là-bas. C’est pourquoi les gars sont si bien préparés lorsqu’ils passent au niveau supérieur. »
L’attaquant canadien Porter Martone, un des joueurs qui est de retour avec Équipe Canada junior après la déception du dernier tournoi, a affronté les Knights durant sa carrière dans la OHL et il se réjouit de jouer pour Dale Hunter.
«Il possède un esprit de hockey exceptionnel, a souligné Martone. Vous avez vu ce qu’il a accompli avec London, les joueurs qu’il a développés, les championnats qu’il a remportés. Chaque fois qu’il parle, nous l’écoutons, parce qu’il sait ce qui est le mieux pour nous.»
Le vétéran entraîneur a dit que ses exigences sont claires.
« Je ne suis pas du genre à crier, mais ils savent que j’exige une certaine façon de jouer, a soutenu Dale Hunter. Quand ils arrivent dans la LNH, ce n’est pas l’attaque qui pose problème. J’essaie de leur enseigner la défensive et de leur faire comprendre que c’est la voie des professionnels, ce qu’il faut faire. J’essaie de les préparer. »
Maintenant, il s’agit de préparer son pays et de ramener le Canada là où il estime avoir sa place: au sommet du podium du Championnat mondial junior.
« Gagner… c’est littéralement tout ce qui compte, a laissé entendre Domi à propos de la philosophie de Hunter. Tout le reste s’arrange quand on est concentré sur la victoire. C’est tout ce qui les intéresse, c’est tout ce dont ils parlent, c’est tout ce qu’ils attendent. Et rien d’autre ne compte. »






