LAVAL — Lorsque le Rocket de Laval a du rythme, il est difficile à contenir. Il l’a prouvé samedi après-midi, après s’être remis de la pause de Noël.
Sean Farrell a inscrit le but décisif en tirs de barrage et le club-école du Canadien de Montréal est venu de l’arrière pour battre le Crunch de Syracuse 4-3, à la Place Bell.
Lors de la quatrième vague de la fusillade, Farrell a déjoué Brandon Halverson entre les jambières, comme l’avaient fait avant lui ses coéquipiers Alex Belzile et Joshua Roy, pour donner l’avantage à son équipe. Kaapo Kahkonen a ensuite fermé la porte à Boris Katchouk pour confirmer la victoire.
C’est le but de Farrell qui a permis aux Lavallois de mettre un terme à leur séquence de trois revers, mais c’est probablement celui de William Trudeau qui a ouvert les valves.
Alors qu’il ne restait qu’une seconde à écouler à la deuxième période, Trudeau a fait bouger les cordages pour réduire l’écart à 2-1. Au troisième vingt, le Rocket (18-10-1) a été en mesure de poursuivre cet élan et il a paru encore plus affamé, prenant même les devants grâce à Florian Xhekaj et Lucas Condotta.
« Tu ne veux jamais te faire marquer un but dans les dernières minutes. Ces moments-là sont importants. Ç’a renforcé notre message de garder un style de jeu simple et d’effectuer des tirs au filet qui peuvent être déviés ou qui peuvent provoquer des retours. Ce ne serait pas des buts spectaculaires cet après-midi », a indiqué l’entraîneur-chef Pascal Vincent.
Ses hommes avaient le luxe de retrouver les attaquants clés Laurent Dauphin, Jared Davidson, Belzile et Roy, mais même eux ont mis du temps à se mettre en marche. Pendant la moitié de la rencontre, les quatre joueurs ont semblé à la recherche de synchronisme.
« Ç’a pris un peu de temps avant qu’ils trouvent de la chimie, a expliqué Vincent. Même si Dauphin, Belzile et Roy se sont entraînés, ça faisait un bout qu’ils n’avaient pas joué. Ça les met dans des positions où je peux les jouer face à des adversaires contre qui ils peuvent avoir plus de succès. »
Malgré les quelques manques de rythme, l’entraîneur-chef était heureux de retrouver de l’équilibre sur ses trios et de pouvoir bénéficier d’une menace offensive un peu plus variée.
Lors des trois matchs sans Belzile, Dauphin et Roy, en raison d’une suspension, le Rocket, n’a marqué que trois buts et il n’a décoché qu’en moyenne 18,3 tirs par partie. Ces récents insuccès avaient permis au Crunch (17-10-2) de se hisser au sommet de la section Nord, jusqu’à aujourd’hui.
« C’était un match important pour nous. Je ne savais pas que nous étions revenus en première place de la section, a déclaré Xhekaj. Je pense que notre échec-avant était meilleur (samedi) et nous terminions plus de mises en échec. L’attaque est venue de là. »
Kahkonen n’a pas été en reste. Il a retrouvé son filet, alors que le Tricolore a rappelé Samuel Montembeault avant la rencontre, et il a repoussé 33 rondelles. Le Finlandais s’est signalé devant plusieurs occasions dangereuses, dont une échappée de Jakob Pelletier en prolongation.
« Nous savons depuis l’année dernière que c’est un excellent gardien. Il a vraiment été solide, a soutenu Trudeau à propos de Kahkonen. C’est sûr que nous sommes en confiance quand il est devant le filet. »
Ethan Gauthier, Conor Geekie et Wojciech Stachowiak ont réussi à le déjouer pour la troupe de Syracuse. Halverson a cédé trois fois en 24 lancers.
Les deux rivaux croiseront le fer à nouveau dimanche après-midi, au même endroit.
Le réveil s’est fait attendre
Les retours des joueurs clés n’ont pas vraiment fait la différence pour le Rocket en première période. Plusieurs attaques ont avorté et la chimie n’a pas opéré comme prévu.
De son côté, le Crunch a roulé à plein régime, même avec un homme en moins. Kahkonen a toutefois fermé la porte aux dépens de Pelletier, qui s’était faufilé jusqu’au filet.
Le vétéran a ensuite réservé la même médecine à Nick Abruzzese, lors d’une échappée à mi-chemin au premier tiers. Kahkonen avait cependant la vue voilée quand Gauthier l’a déjoué malgré un lancer plutôt flottant.
Pour mettre en perspective à quel point la période fut difficile pour les Lavallois, ils n’ont décoché que deux tirs au but, égalant leur pire total de la saison.
Le deuxième engagement ne s’est pas amorcé de façon optimale non plus. Après seulement 20 secondes de jeu, Geekie s’est fait oublier derrière les défenseurs et il a enfilé l’aiguille grâce à un violent tir des poignets.
Alors que le Rocket tentait de gagner du rythme, il s’est lui-même tiré dans le pied en écopant deux pénalités coup sur coup. Trudeau a sauvé les meubles en tendant le bâton pour faire dévier la rondelle hors d’un filet abandonné et Kahkonen a réalisé un bel arrêt de la mitaine pour priver Gauthier d’un deuxième but.
Les joueurs de Vincent ont finalement vu la lumière au bout du tunnel, tard au deuxième engagement. Le tir de la pointe de Trudeau a touché un rival avant de changer de direction pour surprendre Halverson.
Lorsque les deux équipes ont quitté le vestiaire, l’énergie avait complètement basculé. Et le Rocket en a profité.
Oublié dans l’enclave, après un bon travail en fond de zone de Roy et Davidson, Xhekaj a créé l’égalité à l’aide d’un lancer du côté de la mitaine. Puis, moins de quatre minutes plus tard, Condotta a habilement fait dévier un tir de David Reinbacher pour donner les devants aux siens.
La formation lavalloise n’a pas été en mesure de résister et elle a vu les visiteurs niveler la marque alors qu’il restait 6:38 à écouler. Brendan Furry est sorti du coin et il a tenté de déjouer Kahkonen, mais c’est Stachowiak qui a réussi après avoir sauté sur le retour.
En prolongation, le Crunch a dominé, mais Halverson a également dû se dresser devant deux occasions en or de Xhekaj.





