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Tyler Thorpe, un géant parmi les grands

Publié le 

L'attaquant recrue du Rocket de Laval, Tyler Thorpe. (Rocket de Laval)

LAVAL – Il y a un an à peine, Tyler Thorpe n’avait qu’à étendre le bras pour écarter l’opposition. La tenir à distance.

À sa première saison chez les professionnels, l’espoir du Canadien de Montréal a vite réalisé qu’il n’est plus aussi dominant dans la Ligue américaine avec le Rocket de Laval.

Même à 6 pi 4 po et 231 lb.

« Pas mal tous les joueurs juniors contre qui j’ai joué l’an dernier étaient plus petits et pas aussi gros que moi. Affronter que des hommes est définitivement l’aspect le plus difficile de ma transition du junior aux rangs professionnels », témoignait l’ancien des Giants de Vancouver, mardi, après l’entraînement des siens.

« Dans le junior, c’était pas mal plus facile de tirer avantage de mon gabarit imposant. Je n’avais qu’à repousser mes adversaires. Maintenant, je dois lutter pour m’imposer et m’approprier les espaces libres. Ma carrure aide, mais la transition n’est pas instantanée. »

C’est d’ailleurs ce qu’observait l’entraîneur-chef du Rocket Pascal Vincent, pendant le dernier camp d’entraînement. La mécanique de patin, la puissance et la précision du lancer de son nouveau protégé avaient beau être prometteuses, ce dernier affichait toujours les habitudes « d’un gars junior ».

Ce qui est tout à fait normal. Thorpe, un choix de 5e ronde du Tricolore en 2024 (130e), n’a encore que 20 ans et était admissible à une dernière saison avec les Giants.

« Il y avait toujours cette possibilité, mais j’étais confiant que j’allais jouer ici. Je voulais jouer ici, c’était la seule option dans ma tête », confie Thorpe, auteur de 27 buts et 25 passes en 68 sorties l’an dernier.

Après un camp d’entraînement avec le Canadien, où il a bien paru, utilisant notamment à bon escient son corps en protection de rondelle pour mettre la table à un but de Florian Xhekaj dans un match préparatoire contre les Flyers de Philadelphie, Thorpe a été retranché et cédé au Rocket.

« On m’a dit de travailler sur ma vitesse, d’aller dans le trafic, d’être rude dans les coins de la patinoire et devant le filet. D’être physique. »

Un mois et demi et 17 matchs plus tard, Thorpe s’adapte toujours au calibre de la ligue américaine, laissant petit à petit ses habitudes de joueur junior derrière lui, note Vincent.

« Avant de recevoir la rondelle, il se faisait frapper parce qu’il ne prenait pas l’information. Il doit trouver l’espace libre et bouger ses pieds en échec-avant, avec et sans la rondelle. Ce sont les deux choses sur lesquelles on travaille présentement. On voit une amélioration à chaque match. »

« Je me rappelle de notre match ici contre Hartford (le 7 novembre, NDLR). Je me suis fait ramasser dans le coin parce que je ne savais pas ce que j’allais faire avec la rondelle. À ce moment, j’ai réalisé que je me devais de savoir ce que je vais faire, avant même de m’exécuter », approuve Thorpe.

« Ici, tu ne peux pas prendre un shift off, ajoute Vincent. Tu ne peux pas relaxer pendant une présence sur la glace, parce que tu vas te faire frapper, tu vas te faire mal, ou tu vas te faire marquer. [Thorpe] assimile bien nos enseignements et il les apporte sur la patinoire. Donc, jusqu’à présent, il y a une belle progression. »

Tôt ou tard, celle-ci finira bien par le mener à son premier but en carrière chez les professionnels.

« Il faut juste qu’il touche le filet plus souvent », espère Vincent.

« J’y pense définitivement beaucoup, admet celui qui a été limité à une mention d’aide jusqu’à maintenant. [Jacob] Fowler me taquine souvent à ce sujet, sur le fait que je ne suis pas capable de la mettre dedans quand je suis devant le filet. Je veux mon premier but, pas seulement pour moi, mais pour ne plus y penser. Parce que j’ai le sentiment qu’une fois débarrassé, ce sera le retour au hockey normal. »

Thorpe, à tout le moins, obtient ses opportunités de briser la glace, lui qui se retrouve souvent en bonne position pour déjouer le gardien adverse.

« C’est ce que les gars ici me disent, au moins j’ai mes chances. Si ce n’était pas le cas, je m’inquièterais davantage. Je dois juste capitaliser. »

Prochaine occasion, samedi à Lehigh Valley, où le Rocket se rendra pour affronter les Phantoms, club-école des Flyers.