Cinq victoires en 6 matchs, 25 buts marqués contre seulement 11 accordés et un joueur – Luke Mittelstadt – qui trône au sommet du classement des pointeurs de la Ligue américaine de hockey : le Rocket de Laval aurait difficilement pu connaître un meilleur début de saison.
Sans être complètement inattendus, les succès du club-école des Canadiens de Montréal n’avaient pas été anticipés avec une telle ampleur, principalement en raison des nombreux et importants changements qui ont été réalisés dans la formation lors de la saison estivale.
Qui plus est, le Rocket a vu trois de ses éléments les plus indispensables être rappelés par le Tricolore en cours de route : le prometteur gardien de but Jacob Fowler après deux petites rencontres ainsi que l’attaquant Owen Beck et le défenseur David Reinbacher après quatre.
Mais peu importe qui enfile le maillot soir après soir, le résultat est pratiquement toujours le même depuis le commencement de la campagne. Sans surprise, les sourires étaient larges à l’entraînement, mardi, tandis que le Rocket s’apprête à disputer trois matchs à la maison.
« Je pense que les joueurs s’entendent bien. Les joueurs ont embarqué dans notre folie, ils travaillent, a répondu l’entraîneur-chef, Daniel Jacob, pour expliquer les succès de ses ouailles. Mais chaque jour, c’est à recommencer. Et je pense que c’est ça qu’ils ont le plus compris. Nous ne sommes pas parfaits... mais les intentions sont bonnes, pour l’instant! »
« Même s’il y a eu un changement d’entraîneur, c’est la même structure, a analysé de façon plus pragmatique l’attaquant Laurent Dauphin, qui totalise 1 but et 9 passes en 6 matchs. Et, ç’a aussi fait du bien, ce vent de fraîcheur, de voir de nouveaux visages. On a du “fun”. »
Le premier trio que pilote Dauphin aux côtés d’Alex Belzile et de Sasha Pastujov a d’ailleurs autant de plaisir que sur une chanson des Trois Accords avec une faste récolte de 23 points (7 buts et 16 passes). Les 4 buts de Pastujov ont tous été inscrits en supériorité numérique.
Obtenu des Ducks d’Anaheim en retour de Sean Farrell en juillet, Pastujov s’est rapidement intégré à ses nouveaux coéquipiers, tout comme les autres nouveaux venus Brett Berard et Reilly Walsh. L’Américain de 24 ans a été le meilleur pointeur de son équipe en 2025-2026.
« C’est un joueur dans le même genre que Sean Farrell, avec qui Alex Belzile et moi avons joué la saison dernière, a précisé Dauphin. Il “fitte” vraiment bien avec nous. C’est un gars qui voit bien le jeu et qui est capable de marquer des buts. La chimie a vraiment bien pris. »
« Je pense que c’est une question d’attitude, a ensuite continué Jacob au sujet de l’heureux mariage entre les nouveaux venus et les vétérans. C’est leur équipe. Ce sont eux qui prennent les choses en main. [Le personnel d’entraîneurs] les accompagne, leur donne des directives, les pousse… mais bien évidemment, ce sont eux qui y mettent tous les efforts. »
— Daniel Jacob, entraîneur-chef du Rocket de Laval
« Tout le monde embrasse son rôle en ce moment. C’est certain qu’il y a probablement beaucoup de chance [dans nos succès] mais en même temps, je crois au karma, à la création de notre propre chance, a-t-il enchaîné. Nous nous concentrons sur les détails à l’entraînement et nous les exécutons au cours des matchs dans les moments critiques. »
« Nous n’avons pas donné grand-chose depuis le début de la saison, mais quand nous l’avons fait, un joueur est venu nous donner du “momentum”. Je crois que c’est vendredi, Kax (le gardien Kaapo Kähkönen, NDLR) a fait de gros arrêts et nous avons ensuite marqué en supériorité numérique. Je n’avais absolument aucune raison de m’inquiéter ce soir-là! »
La rencontre à laquelle Jacob fait référence est évidemment celle du 16 octobre contre les Bulls de Belleville. Tirant de l’arrière 0-4 à mi-chemin en 2e période, le Rocket est parvenu à créer l’égalité avant de l’emporter 5-4, en prolongation, grâce à un tir précis de Mittelstadt.
« Oublions les points, a demandé Jacob. Depuis le début, Luke, sur 200 pieds, il est ouvert d’esprit. La façon qu’il a de s’adapter, de prendre les conseils, il les met en application tout de suite. Il s’adapte très, très bien... pour être honnête, je suis zéro surpris de ses succès. »
« Et ce qui est le “fun” pour moi, ce ne sont pas les points, a-t-il conclu. C’est le fait qu’il va tuer les punitions, être très efficace à cinq contre cinq et défensivement. Quand nous disons que c’est un joueur efficace sur 200 pieds, c’est ce qu’il nous donne depuis le début.
« Donc, quand je regarde les points, ce n’est vraiment pas quelque chose qui m’excite, parce que je suis certain que c’est la même chose pour lui. C’est un gars qui ne triche pas. »
Jacob sait que les succès peuvent venir par vagues et c’est pourquoi il accepte les succès précoces de son équipe avec modestie et humilité, et qu’il insiste sur le fait que son groupe forme une famille. Parce que c’est dans l’adversité que son équipe révélera son vrai visage.