MONTRÉAL – Au printemps 2024, on vous racontait l'histoire d'Egor Goriunov qui n'avait pas vu sa famille depuis trois ans. En avril, Goriunov a vu ses sacrifices être récompensés en signant un contrat avec le Rocket de Laval, mais il n'a pas encore eu la chance de revoir ses proches.
Ça fait donc quatre ans que le Russe est éloigné de sa famille afin de poursuivre son aventure au hockey.
« Ç'aurait été possible [de voir ma famille], mais j'ai décidé de demeurer au Canada », a raconté Goriunov, la semaine dernière, au RDS.ca.
L'attaquant gaucher a expliqué sa décision qui provoque un pincement au cœur.
« Si j'y retournais et que je voyais toute ma famille et tous mes amis, j'aurais ensuite du mal à quitter. Je crois que ce serait encore plus difficile de repartir, ça fait si longtemps que je les ai vus. Je trouve que c'est plus facile ainsi, je peux les voir régulièrement par vidéo quand on s'appelle », a décrit l'athlète de 21 ans de six pieds trois pouces et 185 livres.
Quand Goriunov a quitté la Russie, en 2021, il n'aurait jamais imaginé que la COVID-19 allait bouleverser la planète à ce point et qu'une guerre serait ensuite déclenchée par les dirigeants de son pays contre l'Ukraine.
À ce moment, il était âgé de 17 ans et il avait traversé l'océan Atlantique pour joindre les Tigres de Victoriaville afin de croire en son rêve d'une carrière professionnelle.
Maintenant qu'il a hérité de son premier contrat, ses proches peuvent constater tout le chemin qu'il a parcouru. En fait, il a réussi à les surprendre.
« Ils sont très excités. En même temps, c'est nouveau pour moi et pour eux. Ils ne s'attendaient pas à tout ça quand j'étais jeune et que je jouais au hockey mineur », a admis Goriunov.
Au début juillet, Goriunov a participé au camp de perfectionnement du Canadien. En attendant le camp d'entraînement du Rocket, il s'entraîne à Halifax où il demeure avec sa femme qui l'accompagnera à Laval cet automne.
Quand il bûche sur la glace ou en gymnase, ça lui arrive de penser au jour que sa famille viendra le voir jouer en Amérique du Nord, que ce soit avec le Rocket ou avec le Canadien s'il parvient à percer dans la LNH.
D'ici là, il ressent de la fierté sans que ça amenuise sa détermination.
« Oui, mais le travail n'est pas complété, je continue de progresser chaque jour pour atteindre mon but », a-t-il immédiatement précisé.
Un impact convaincant avec l'Armada
L'an dernier, quand on avait discuté avec Goriunov, il évoluait avec les Tigres de Victoriaville. Deux mois plus tard, il avait été échangé aux Islanders de Charlottetown et il a terminé son parcours dans la LHJMQ avec l'Armada de Blainville-Boisbriand.
Avec l'Armada, il a explosé avec une production de 24 buts et 19 aides (43 points) en 33 matchs. Son succès a incité l'organisation du Canadien à lui offrir ce contrat avec le Rocket.

Mathieu Turcotte était son entraîneur avec l'Armada et il a été charmé par son impact. Turcotte et ses nouveaux coéquipiers ont rapidement constaté qu'il s'éloignait du stéréotype des joueurs russes.
« Ce qui a marqué et qui a mené à son contrat, c'est sa façon de jouer très intense, très in your face. Quand il joue de cette façon, il est à son meilleur », a indiqué Turcotte.
« On comptabilisait certains éléments pour mesurer le niveau d'implication physique de nos joueurs. La moyenne situait à 5-6 et il était rendu entre 12 à 15. Son style a déteint sur les autres et ç'a un peu accéléré la façon dont on voulait jouer, avec un peu plus de hargne », a poursuivi Turcotte.
Il était facile d'établir un parallèle avec ce que les dirigeants du Canadien ont demandé aux joueurs qui participaient au camp de perfectionnement.
« Ils ont vraiment mis l'accent pour qu'on devienne des joueurs difficiles à affronter, qui travaillent sans relâche. Je vais continuer de pousser dans ce sens. Je ferai tout en mon possible pour bien cadrer avec le Rocket et accomplir ce qu'ils ont besoin de moi », a mentionné Goriunov.
La saison dernière, avec ses coéquipiers de l'Armada, il a assisté à deux matchs du Rocket. Il a été conquis par l'ambiance de la Place Bell et il a surtout une bonne idée du style de jeu qui règne dans la Ligue américaine de hockey.
À Victoriaville, Goriunov a grandement développé son anglais et il a appris quelques mots de français. Il était heureux de revenir au Québec quand il a été acquis par l'Armada et ça tombe à merveille pour lui d'avoir signé avec Laval.
« J'étais très content, j'ai passé la majorité de mon temps au Québec et je suis bien content d'y revenir », a-t-il confié.
Bien sûr, c'est la qualité de son jeu qui déterminera où il parviendra à se rendre dans sa carrière professionnelle. Mais Turcotte sait que Goriunov ne manquera pas de sérieux dans son dévouement.
« C'est un gars très mature. Quand tu discutes avec lui, tu as l'impression qu'il a 25-26 ans. Il est très professionnel dans son approche et ça va l'aider avec le temps. Il a un objectif en tête. Avec tous les obstacles qu'il a surmontés, il sait quel est son objectif, et il va tout donner », a conclu Turcotte.





