Claude Giroux a 38 ans. Il est père de famille. Le hockey, bien qu’important dans sa vie, ne l’emporte donc plus sur tout.
C’est pourquoi il a pris son temps, réfléchi, et brièvement testé le marché. Pour déterminer ce qui serait le mieux pour les siens.
Demeurer à Ottawa, ou quitter?
« On voulait juste s’assurer qu’on fasse le bon choix. On a trois garçons maintenant, ce n’est plus juste à propos de moi », confiait-il mardi, une semaine jour pour jour après l’annonce de son retour chez les Sénateurs pour une autre campagne.
Le vétéran joueur de centre touchera alors un salaire de base de 2 millions $, auxquels pourraient s’ajouter 3 millions $ en divers bonis.
« Dès que la saison s’est terminée, je voulais d’abord m’assurer que le feu était encore allumé. Ça ne m’a pas pris beaucoup de temps pour réaliser que je voulais continuer à jouer avec cette organisation et faire le prochain pas vers l’avant. On dit depuis plusieurs années qu’on veut le faire, mais là c’est le temps de le faire », lance l’auteur de 14 buts et 49 points en 82 matchs l’an dernier.
Plutôt que de pourchasser une coupe Stanley ailleurs avant la retraite, Giroux fait donc le pari que les Sénateurs sauront jouer du coude l’an prochain pour défier l’improbable.
« En première ronde, on a perdu contre la Caroline, mais chaque match était serré et ça pouvait aller d’un bord ou de l’autre. Si on joue de la façon qu’on peut jouer, on peut se rendre loin. Dans notre division, toutes les équipes se sont améliorées et ça ne va pas être facile, mais ça ne me dérange pas, le focus reste sur nous autres. »
Les Sens partiront toutefois à la guerre sans celui qui les y a menés au fil des dernières années, Brady Tkachuk, échangé à la surprise de tous aux Panthers de la Floride durant l’été.
« On ne pense jamais qu’une telle transaction peut arriver », a reconnu Giroux.
« Ç’a pris tout le monde par surprise », a quant à lui admis son coéquipier Shane Pinto, lundi, en entrevue à la station de radio TSN.
Le vide sera assurément difficile à remplir, mais Giroux a bon espoir que la prometteuse relève du club ontarien a les aptitudes pour le faire.
« Brady, c’est une grosse personnalité, il amène beaucoup, autant sur la glace qu’à l’extérieur. Ça va être différent, c’est sûr, mais on a beaucoup de gars et du leadership dans le vestiaire. Ce sont de jeunes joueurs et c’est à eux de continuer à jouer comme ils le faisaient et d’amener du leadership dans le vestiaire. Ça doit être un effort de groupe. »
Peu importe lequel de ceux-ci sera choisi pour succéder à Tkachuk à titre de capitaine, Giroux promet de s’offrir en support pour partager son expérience, lui qui a exercé ces fonctions pendant 10 saisons avec les Flyers de Philadelphie.
« J’avais 24 ans quand j’ai été nommé capitaine et je tentais d’en faire beaucoup trop au lieu de juste jouer. J’ai appris ça à la dure. Certains gars sont nés pour être des leaders et ils restent eux-mêmes. Ça peut être hasardeux, mais on est tous là-dedans. Ce n’est pas parce qu’on met un “C” sur notre chandail qu’on devient automatiquement un leader. Ça ne fonctionne pas comme ça. »
Jouer au meilleur de ses capacités et montrer l’exemple, voilà comment on exerce le mieux ce mandat, estime Giroux.
La lettre cousue sur son chandail la saison prochaine ne sera probablement pas un “C”, mais le vétéran agira donc comme si c’était le cas. Quel que soit le rôle qu’on lui réservera sur la patinoire, il le remplira sans rouspéter.
« Peu importe ce qui rend notre équipe meilleure, je serai prêt à le faire. »





