Jeux olympiques
Jeux OlympiquesOpens in new window

Dubois aura « probablement » une cible dans le dos

Publié le 

Steven Dubois arrivera aux Jeux olympiques de Milan-Cortina fort d’un championnat du monde, acquis au 500 mètres en 2025, et après avoir remporté trois médailles aux Jeux olympiques de Pékin, en 2022, dont l’or au relais 5000 m.

Pas question pour lui de se mettre davantage de pression cette fois-ci. Le Terrebonnien de 28 ans espère plutôt avoir sauvegardé ses performances quelque part sur son disque dur, afin de les répéter sur la patinoire du Forum Unipol, à Assago, en banlieue de Milan.

« Toutes les glaces sont différentes et, à ce niveau-ci, c’est la façon dont tu peux t’adapter qui fera la différence », a sagement raconté Dubois à La Presse Canadienne.

« Il y a des trucs mis en place pour Milan. Je me souviens de quelle façon la glace est configurée, de ce qui a bien fonctionné, de ce qui a moins bien fonctionné. En dehors de ça, la préparation sera comme pour toutes les autres compétitions. La seule différence, c’est que ce sera plus long. On patine aux deux ou trois jours au lieu de tous les jours, a-t-il ajouté au sujet de la compétition qui s’échelonnera du 10 au 20 février. On a le meilleur ‘coach’ au monde pour nous préparer. Je suis confiant. »

Champion du monde sur 500 et 1000 m. Médaillé d’argent à Pékin sur 1500 m et de bronze sur 500 m. Sent-il qu’il se présentera aux JO avec une cible dans le dos?

« Probablement. Je pense que je l’avais déjà (la cible dans le dos) à Pékin, de la façon dont j’avais patiné au 500 m lors des Coupes du monde. Toutes les compétitions étaient dans le même format que les Mondiaux ou les JO. C’est ce qui rend ça intéressant. Peu importe ce qui se passait, je réussissais à offrir de bonnes performances. Si je peux faire ce que je veux faire, alors ça va bien aller. »

C’est d’ailleurs ce qui se dégage de Dubois: un calme constant; un désir de surfer la vague et de ne pas trop s’en faire.

« Je ne veux habituellement pas m’imposer de pression, car c’est un sport trop incertain, même si je m’en étais mis sur les épaules aux Mondiaux, souligne-t-il. Et quand je suis arrivé en finale dans le couloir 1, j’avais de la pression. J’ai vraiment bien géré ça. J’ai eu des coéquipiers en or, qui m’ont grandement aidé. J’ai fini par gagner le 500 m.

« Je sais que je vais arriver aux Jeux et que je saurai sur qui compter. Je sais comment gérer ces moments-là. »

Et si jamais il a un petit moment de panique, il se sait bien entouré.

« Tout le monde a un ‘beat’ différent en compétition. Ils (mes coéquipiers) sont tous venus vers moi à un moment ou l’autre (avant la finale des Mondiaux). Je ne savais pas quoi faire, je paniquais un peu. (…) Je sais que je peux gagner si je fais bien les choses, mais je ne savais pas quoi faire dans ma course. Ils ne m’ont pas nécessairement rassuré, mais pour eux, c’était déjà dans la poche. De voir à quel point ils avaient confiance en moi, ça m’a beaucoup aidé. »

Une dernière danse?

Même s’il n’est pas un «vieux» patineur à 28 ans, Dubois est le vétéran du groupe. Entrevoit-il ces Olympiques comme ses derniers?

« Avant Pékin, j’étais certain de faire un autre cycle olympique. Là, je ne peux pas assurer ça, admet-il. Je vais voir comment je me sens et si jamais je n’ai plus le goût de faire ça, ce sera le temps de la retraite.

« Je n’ai rien de planifié, car je n’aime pas ça. Je ne veux pas avoir de regrets, ajoute-t-il. Je vais le sentir quand ce sera le temps d’arrêter. Mais pour l’instant, ce n’est pas le cas. »

Une chose est certaine: il veut profiter à plein de ces JO sans confinement.

« J’ai vraiment hâte d’en profiter. De voir l’engouement pour les Jeux, c’est ce qui manquait vraiment. Nos Jeux à Pékin étaient vraiment le ‘fun’. Tout ce qui manquait, c’était la foule dans les estrades.

« De vivre des compétitions devant de grandes foules, nous l’avions déjà vécu en Asie ou aux Mondiaux, à Montréal, alors ça ne me stresse pas vraiment, note-t-il. Mais de vivre les JO comme une grande célébration du sport, ça, j’ai vraiment hâte. »

Et il a hâte de les vivre entouré des siens.

« Je pense que, pour mes proches, ils auraient vraiment voulu être là, à Pékin, et ce sera très important pour eux d’être à Milan. J’espère qu’ils auront l’occasion de vivre ça. Les billets sont cependant super chers, près de 450 euros par jour... J’espère qu’ils pourront venir quelques journées. »