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Grondin adore la parcours de Livigno et pense « être tannant »

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Éliot Grondin lors d'une séance d'entraînement en snowboard cross en marge des Jeux olympiques de Milan-Cortina le vendredi 6 février 2026, à Livigno, en Italie. (AP Photo/Lindsey Wasson) (Lindsey Wasson)

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LIVIGNO — Les adversaires d’Éliot Grondin en snowboard cross aux Jeux olympiques de Milan-Cortina devront être prêts, car le Beauceron respire le calme à quelques jours de la compétition.

« Au départ, d’après moi, je vais être tannant!, a-t-il assuré au cours d’une mêlée de presse tenue en matinée lundi. Je l’ai bien décortiqué. J’ai trouvé une façon de le gérer aussi avec l’assaut de vitesse; ça c’est bon! Les gars vont s’améliorer aussi dans le courant de la semaine, mais je suis convaincu que si je sors un gros départ, ça se fait de l’avant jusqu’en bas. »

Présenté jeudi le 12 février à compter de 4h (Heure de l’Est), le snowboard cross s’étirera sur toute la journée. Depuis sa médaille d’argent à Pékin, Grondin a ajouté un titre mondial à sa fiche en mars dernier et deux globes de cristal. Il sait qu’il aura une cible dans le dos tout au long de la journée.

« C’est certain que c’est différent. En même temps, c’est un beau problème; ce n’est pas tout le monde qui a la chance de le vivre, a-t-il fait remarquer. Le but de ma semaine, c’est de faire tout ce que je peux, de tout donner. Après, on verra ce qui se passe. Mais, normalement, quand je fais ça, je connais de bonnes semaines. Je suis super bien avec moi-même. J’ai eu une super bonne journée d’entraînement (lundi), on dirait que ç’a fait relâcher (la pression). »

Pour illustre à quel point il est le point de mire, Grondin a raconté comment s’est déroulé sa dernière descente d’entraînement.

« Les gars ont fait beaucoup de descentes en groupe. J’ai décidé d’aller finir ça seul », a-t-il contextualisé.

« En haut, tout le monde parlait, il y avait beaucoup de bruit. Puis, quand je me préparais à m’élancer, silence total. Tout le monde me regardait. C’est un privilège », a confié le principal intéressé.

Une belle marque de respect...qu’il ne s’attend pas à recevoir en piste.

D’ailleurs, le parcours du Parc à neige de Livigno est long et offre plusieurs sections différentes.

« Il y a de tout : une section technique au début, une section très rapide du virage 2 à 3, où on sent vraiment une forte accélération, a expliqué la Québécoise Audrey McManiman, qui vivra ses deuxièmes JO. Il y a des virages plus plats, comme le 3, et d’autres comme le 4, où c’est totalement le contraire. C’est pratiquement un 180 degrés, on appelle ça un ‘Daytona Turn’. On sent que le virage te pousse, il faut bien utiliser ses jambes. Il y a aussi des sections plus lentes, où il faut éviter les erreurs. »

« C’est le ‘fun’, on a enfin un parcours en haut d’une minute, a pour sa part indiqué Grondin. Les temps sont de plus en plus vite. Ces derniers jours, c’était 1:10, 1:09. Aujourd’hui, j’ai fait 1:06. »

Parcours du combattant

McManiman apprécie grandement sa présence à ces Jeux, elle qui a vécu un véritable parcours de la combattante depuis sa 11e place acquise à Zhangjiakou il y a quatre ans.

« Ces derniers quatre ans, nous l’avions planifié. On faisait les Olympiques de 2022, on endurait encore le genou sans ligament (croisé antérieur) et on se rendait aux Championnats du monde. Ensuite, on passait à l’opération et on prenait une année sans ski, pour revenir pour l’année de qualifications (olympiques) », a-t-elle expliqué.

« Pendant cette année (d’absence), le calibre s’est vraiment amélioré. C’était un bon défi. Ça m’a demandé une bonne adaptation, et j’ai travaillé sur ma confiance en moi. Je n’ai pas détesté ça; c’était ma première année sans ski depuis que j’ai 9 ans; j’en ai 31! J’ai découvert autres choses, comme le ‘fat bike’, et j’ai mis beaucoup de temps sur mes études (en kinésiologie à l’Université Laval) », a exposé McManiman.

« Ce qui a été difficile, c’est que j’ai perdu une partie de mon financement, a-t-elle poursuivi. Je dois maintenant couvrir la totalité de mes dépenses en compétitions. De recommencer à courir après les commanditaires comme quand j’avais 15 ans, ç’a été difficile. C’est un ‘job’ à temps partiel, ça demande du temps et de l’énergie, et moi, j’aime être dans le gym! »

Clairement, il reste du travail à faire sur le financement du sport d’élite au Canada.