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Kingsbury porte-drapeau en compagnie de Thompson

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Canadian freestyle skier Mikaël Kingsbury and ski cross racer Marielle Thompson pose during a media day organized by the Canadian Olympic Committee in Montreal on Thursday, May 29, 2025. THE CANADIAN PRESS/Christinne Muschi

Pour la première fois de sa vie, Mikaël Kingsbury s’est dit que ça pourrait être lui. Quand il a vu le chef du sport du Comité olympique canadien, Éric Myles, sur le pas de sa porte, il a immédiatement su.

« Ma blonde l’a su 48 heures avant moi; il fallait coordonner avec Éric pour ne pas qu’on soit absents », a raconté Kingsbury lors d’un appel avec La Presse Canadienne mardi, un peu moins de 24 heures avant que le bosseur québécois et la spécialiste du ski cross britanno-colombienne Marielle Thompson ne soient officiellement dévoilés comme porte-drapeaux du Canada en vue de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina, le 6 février.

« Tous mes poils se sont dressés sur mon corps. Quand j’ai vu Éric, je me suis douté que ça allait être ça; c’est rare que quelqu’un du COC vienne à ta porte! Ça m’a procuré beaucoup d’émotions! », a pour sa part raconté Kingsbury.

« Je suis très excitée de mener le Canada dans ces cérémonies d’ouverture. Ce sera le plus grand honneur de ma carrière sportive», a quant à elle déclaré Thompson, rejointe quelques heures plus tôt, après une séance d’entraînement en Europe.

Dans les deux cas, ils se savent privilégiés.

« Je ne pense pas y avoir déjà pensé, a admis Thompson. Vous voyez parfois des gens choisis et vous vous dites: ‘Pourquoi je ne pourrais pas le faire?’ Mais le bassin d’athlètes incroyables est tellement grand! (...) Je sais qu’ils ont plusieurs athlètes méritants parmi qui choisir. »

« Pour la première fois de ma vie, je me suis dit si je suis pour être porte-drapeau, c’est maintenant ou jamais, a de son côté admis Kingsbury. En fait, il y a un peu plus d’un an, à la Coupe du monde de surf des neiges, j’ai rencontré Éric et c’est venu sur le sujet. Il m’a demandé si on me nommait porte-drapeau si je pouvais être à l’aise de faire ça. Depuis ce moment, j’espérais que ce soit moi. Mais si ça n’avait pas été le cas (je n’aurais pas été déçu). Il y a plein d’autres (athlètes) qui le méritent aussi.

« (Sidney) Crosby revient. Est-ce qu’il va être aux Jeux dans quatre ans? Ç’aurait été compréhensible que ce ne soit pas moi. Je me disais par contre: ‘Mais si ce n’est pas Crosby, ça pourrait être moi’. Ça va bien boucler la boucle olympique. J’aurai été quatre fois aux JO et j’aurai été porte-drapeau. C’est assez spécial comme carrière. »

Les deux athlètes seront basés à Livigno, dans les Dolomites, où seront disputées les épreuves de ski acrobatique et de surf des neiges de ces JO, qui seront étalés sur cinq sites distincts: Milan, Livigno, Cortina d’Ampezzo, Bormio et Predazzo/Val di Fiemme.

La cérémonie d’ouverture se déroulera d’ailleurs dans plusieurs de ces pôles. Kingsbury et Thompson seront à Livigno pour porter le drapeau du Canada, et non au Stade olympique San Siro de Milan.

« Même si on m’avait dit qu’il fallait aller à Milan, je l’aurais fait, a assuré Kingsbury au sujet du long trajet de plus de cinq heures qu’il aurait dû se taper entre les deux villes italiennes. On se serait arrangé pour que ça fonctionne. »

« Je n’ai jamais assisté à une cérémonie d’ouverture, alors ce sera une nouvelle expérience pour moi, a dit la Britanno-Colombienne. J’ai envie d’en faire un rôle de leadership, de pouvoir aider les jeunes athlètes qui peuvent être impressionnés par l’ampleur de l’événement. C’est tellement gros, tellement différent. Je vais apprécier toute l’expérience, ça, c’est clair. »

Les deux athlètes n’ont pas volé cette nomination. Kingsbury, qui est âgé de 33 ans, a été couronné aux Jeux de Pyeongchang, en 2018. L’athlète de Deux-Montagnes a aussi terminé deuxième à Sotchi, en 2014, et à Pékin, en 2022.

L’homme aux 29 globes de cristal sur le circuit de la Coupe du monde et aux neuf titres mondiaux pourrait ajouter deux médailles à sa collection, puisque les bosses en parallèle feront leur entrée officielle au programme olympique en Italie.

Thompson, qui est aussi âgée de 33 ans, participera également à ses quatrièmes Jeux d’hiver. Médaillée d’or sur la montagne de Rosa Khutor en 2014, elle n’avait pu faire mieux qu’une 17e place en Corée du Sud. Elle est toutefois remontée sur la deuxième marche du podium aux Jeux olympiques de Pékin en 2022.

Championne du monde en 2019, elle a également terminé deux fois deuxième aux Mondiaux: en Norvège, en 2013, ainsi qu’en Géorgie, en 2023, en ski cross par équipe.

« Ce n’est pas quelque chose que tu peux contrôler, a rappelé le ‘King des bosses’. Oui, ça prend de bons résultats, de l’expérience et des médailles olympiques, représenter les valeurs canadiennes et olympiques. Je crois que ce sont toutes des choses que j’ai vraiment bien représentées tout au long de ma carrière, et je suis vraiment très honoré d’être le porte-drapeau. »

« Quand j’ai appris que c’était ‘Mik’, je n’étais pas surprise du tout, a noté pour sa part Thompson. C’est un choix formidable. Nos carrières ont été parallèles, nous avons participé aux mêmes Jeux. De me retrouver aux côtés de ‘Mik’, qui est un si grand champion, de partager la même plateforme, c’est fantastique. »

« Je n’étais pas surpris, a aussi dit Kingsbury à propos de Thompson. Avec son palmarès, ses victoires, ses globes et ses deux médailles olympiques. Elle en est aussi à ses quatrièmes Jeux. Nous avons pratiquement le même parcours. Je me souviens de nos premiers Championnats du monde, nous étions les deux jeunes qui performaient très bien. On s’est beaucoup croisé au fil des ans et on se connaît bien. C’est super ‘cool’. »

Si le choix du COC est parfois critiqué, il sera difficile cette fois-ci de lui reprocher quoi que ce soit avec ces deux champions comme fers-de-lance de la délégation.

« C’est tellement un bel honneur de se retrouver dans cette position. De regarder la liste de ceux qui ont été porte-drapeaux auparavant, autant l’hiver que l’été... Je suis fier d’être Canadien. J’ai toujours porté les couleurs avec fierté et de porter le drapeau, c’est incroyable », a conclu Kingsbury.