MONTRÉAL — Il y a un peu plus de deux ans, la piste de Cortina d’Ampezzo, d’où s’élancera Valérie Grenier aux Jeux olympiques de Milan-Cortina, a bien failli la priver de ce qu’elle aime le plus au monde.
Une terrible chute pendant un super-G de la Coupe du monde a eu de lourdes conséquences : fracture de l’humérus, déchirure du ligament croisé antérieur, des blessures qui ont nécessité des interventions chirurgicales à une épaule et un genou.
Celle qui occupait alors le neuvième rang au classement du globe de cristal a été privée de 10 mois de ski.
Avance rapide jusqu’à la saison 2026 : après une troisième place au slalom géant de la Coupe du monde de Tremblant, la skieuse de 29 ans vient de signer coup sur coup deux top-10, dont une quatrième place au slalom géant de Semmering, en Autriche, en décembre.
Ces performances lui ont permis de se hisser au huitième rang au classement de la discipline et d’entrevoir les prochains JO, ses troisièmes, avec confiance.
« Je vais faire le slalom géant, le super-G, la descente et le combiné par équipe », a-t-elle indiqué lors d’un entretien avec La Presse Canadienne en marge de la Coupe du monde de Tremblant.
À Pyeongchang, en 2018, et à Pékin, en 2022, la Franco-Ontarienne de St-Isidore n’a pas pu se faire justice. Son meilleur résultat en simple a été une sixième place au combiné alpin, mais, lors de ses deux participations olympiques, elle n’a pas été en mesure d’inscrire un résultat au slalom géant, sa discipline de prédilection.
La résiliente skieuse, qui a appris son sport sur les pentes du Mont-Tremblant, compte bien se reprendre dans les Dolomites.
« Je suis capable de me mettre un peu de pression en compétition, mais j’essaie de ne pas le faire, car ce n’est pas quelque chose qui m’aide nécessairement et il y en a déjà en soi, note-t-elle. Je ne suis pas quelqu’un de très stressé au départ, alors d’avoir un peu de pression n’est pas négatif non plus; je ne sais pas si ça fait du sens? D’avoir une certaine pression peut aider.»
Esprit de groupe
Les skieuses sont habituées de se frotter aux meilleures de leur profession. Après tout, c’est le même plateau qui dispute les Coupes du monde et les Championnats du monde. Mais de défendre les couleurs de son pays ajoute un élément rafraîchissant, selon Grenier.
« Ce sont toutes des courses importantes, où on veut bien faire, alors les Olympiques sont des courses comme les autres, car ce sont les mêmes athlètes, même si techniquement, il y en aura moins, explique-t-elle. En plus, ce sera sur une piste où on skie toujours, ça paraîtra donc plus ‘normal’, contrairement aux derniers Jeux, où on skiait sur des pistes que nous n’avions jamais vues », a-t-elle rappelé.
« En même temps, c’est certain que ce sont les Jeux olympiques. Ce n’est pas la norme, c’est quelque chose de spécial. On veut bien faire. C’est à la fois semblable, mais différent », a poursuivi Grenier.
« On sait qu’on est là pour représenter le Canada, et de savoir que tous les sports sont en action pendant deux semaines. C’est davantage un effort d’équipe. C’est un peu dommage qu’à Cortina, nous soyons séparés du reste et on vivra moins cette ambiance. Mais l’ambiance olympique, j’apprécie ça beaucoup, et ça donne une autre source de motivation de savoir que tu représentes ton pays », a expliqué la représentante de l’unifolié.
D’ailleurs, Grenier, qui sera accompagnée de ses parents, de ses parrain et marraine, et de plusieurs amis en Italie, sera bien heureuse de découvrir ses premiers Jeux olympiques devant de grandes foules.
« Même à Pyeongchang, il n’y avait pas grand monde, car c’était un peu au milieu de nulle part pour le ski alpin, a-t-elle rappelé. J’ai vu mes parents dans l’aire d’arrivée et c’est tout. Ce sont eux que j’entendais le plus. Alors j’ai vraiment hâte à Cortina, car je sais qu’il va y avoir beaucoup de monde. J’ai hâte de vivre cette expérience. Je pense qu’il va y avoir trop de monde pour entendre mes parents, mais je vais entendre tout le monde! »
Grenier, qui compte poursuivre au moins pour un autre cycle olympique, sera en action à compter du 8 février, avec la descente.





