À 24 ans, le Beauceron Éliot Grondin participera déjà à ses troisièmes Jeux olympiques quand il s’élancera sur les pentes de Livigno aux Jeux de Milan-Cortina, le 12 février.
« Ça fait bizarre d’être un vétéran de mon sport. C’est très jeune pour l’être », a-t-il raconté à La Presse Canadienne, attablé devant un café à Québec en août dernier.
Et il assure que l’expérience aura été unique chaque fois.
« Ce qui est bien, c’est que j’aurai vécu trois Jeux complètement différents. Ceux de Pyeongchang, où j’étais un petit gamin qui n’avait aucune idée dans quoi il s’embarquait. J’ai eu la chance de pouvoir vraiment vivre c’était quoi de me laisser aller. Tout le monde savait que je n’étais pas là pour performer, juste pour prendre de l’expérience. Et c’étaient aussi des conditions normales, sans la COVID.
« Après, j’ai eu les Jeux de Pékin, super stricts, dans un cadre quand même qui aidait à te concentrer, car il n’y avait aucune distraction », a-t-il rappelé.
Puis, Milan-Cortina promet également de lui faire vivre de « nouveaux » JO.
« Cette fois, je vais vivre ceux d’Italie, qui ne seront pas comme la Corée du Sud, car tout va être éparpillé un peu partout, a-t-il souligné à propos des sites de compétitions saupoudrées tous azimuts dans le nord-est du pays. J’aurai vécu trois expériences complètement différentes et j’aurai réussi à apprendre dans chaque édition des Jeux pour m’en servir lors des prochains. »
Une expérience qui lui confère un avantage en vue des épreuves italiennes.
« C’est certain que ça ne va pas nuire. (Aux Jeux de Pékin), j’étais bien positionné, même si je n’avais pas eu les meilleurs résultats avant les JO. J’étais dans une bonne place mentalement. Je savais ce dont j’étais capable de faire. Ces dernières années, je suis encore dans une meilleure position. Les choses s’alignent quand même bien. »
On ne saurait le contredire. Depuis qu’il a gagné la médaille d’argent en simple et le bronze en compagnie de Maryeta O’Dyne en équipe sur les pentes chinoises, il a remporté les deux derniers globes de cristal — en plus d’avoir terminé quatrième en 2022 et troisième en 2023 —, est devenu champion du monde et est monté 27 fois sur le podium, toutes compétitions confondues.
« C’est drôle, les Jeux. T’arrives là-bas et tu penses que t’es préparé, mais il y a tout le temps quelque chose d’imprévu. Comme à Pékin, je me sentais super préparé, mais il est arrivé plein de choses. Les émotions sont plus élevées, autant pour toi que pour les gens autour de toi. Les gens n’agissent pas de la même façon », a mentionné Grondin.
« Après Pékin, on a eu plein de discussions mon équipe et moi, afin de se préparer à toute éventualité pour ceux de Milan-Cortina. Ce sont probablement d’autres trucs qui vont se passer! Il faut juste que tu arrives un peu en mode GPS: il y a tout le temps quelque chose qui se passe et tu dois être en mesure de t’adapter », a-t-il poursuivi.
Notamment sur la piste. Celle utilisée pour les JO de Milan-Cortina ne sera pas la même que celle utilisée sur le circuit de la Coupe du monde.
« C’est une chose qui ne m’affecte pas. Je suis capable de m’ajuster vraiment rapidement dans un parcours, a-t-il souligné. Pour certains, c’est plus long de s’adapter, de comprendre les ‘patterns’ de dépassements. Pour ma part, ça ne me dérange pas de ne pas avoir descendu le parcours au cours des cinq dernières années. »
Devant parents et amis
Après n’avoir pu compter que sur la présence de son père et de son frère — grâce à de généreux donateurs — en Corée du Sud et être allé seul en Chine, Grondin a hâte de vivre des Jeux en compagnie des siens. Une situation qui, assure-t-il, ne lui ajoute pas de pression.
« C’était la partie ‘plate’ des autres Jeux. Cette fois-ci, je vais avoir mes parents et des amis aux Jeux », a-t-il ajouté.
« Ça ne change rien au niveau des performances pour moi. Ça fait maintenant trois ans que je le vis à la Coupe du monde du Mont-Sainte-Anne, où ma famille est toujours là et beaucoup de gens qui viennent pour moi. Aux Jeux, il n’y aura jamais autant de monde qu’au Mont-Sainte-Anne. Je vais traiter ça comme n’importe quelle course. Je suis content de les retrouver à la fin, mais pendant la course, je ne les vois pas. Ils n’existent pas vraiment! », a assuré Grondin.
En Italie, le Québécois tentera de devenir le troisième homme seulement après l’Américain Seth Wescott (médaillé d’or à Turin en 2006 et Vancouver en 2010) et le Français Pierre Vaultier (médaillé d’or à Sotchi en 2014 et Pyeongchang en 2018) à mettre la main sur deux médailles d’or olympiques consécutives.
« Je n’y pense pas vraiment. Avant de penser au doublé, j’aimerais gagner pour une première fois! », a-t-il rappelé. « J’ai tellement de choses qui doivent être bien faites pour être prêt que, si je pense (au doublé), c’est contre-productif. »
Les hommes prendront le départ le 12 février et les dames le lendemain. La compétition par équipe se tiendra le 14 février, au Parc à neige de Livigno.





