TORONTO – Le Canada a fait match nul 2-2 dans un match préparatoire contre l’Islande samedi au BMO Field. Voici ce que nous en avons retenu.
Urgence en défense
Cette équipe canadienne ne marque pas des tonnes de buts, c’est vrai, mais les plus grandes incertitudes qui l’entourent à quelques mois de la Coupe du monde restent en défense. Aucun des quatre joueurs titularisés dans le dernier rempart contre l’Islande ne devrait être partant en juin. Mais en attendant le retour souhaité – et souhaitable - des blessés, les remplaçants n’ont pas rassuré.
L’Islande a marqué ses deux buts dans un intervalle de douze minutes en première demie. Chacun a été le résultat de grossières erreurs sur la ligne arrière. Sur le premier, Kamal Miller a gaffé en tentant de remettre le ballon vers l’arrière au gardien Dayne St. Clair, permettant à Orri Oskarsson de s’échapper. Sur le deuxième, Niko Sigur s’est fait effacer trop facilement au milieu de terrain, permettant à Mikael Egiil Ellertsson de trouver Oskarsson dans l’espace béant entre Miller et Joel Waterman. Le tir qui en a découlé a laissé peu de chance à St. Clair.
Le Canada ne se creuse probablement jamais un pareil trou si Moïse Bombito, Derek Cornelius, Alistair Johnston et Alphonso Davies sont en assez bonne forme pour débuter le match. Plus que jamais, la nécessité de leur rétablissement prompt et complet se fait sentir.
Un début de solution
Quand la vie vous offre un citron... vous grimacez un bon coup et vous travaillez fort pour trouver un meilleur fruit dans lequel croquer. C’est ce que le Canada a su faire après son début de match regrettable.
Critiqué dans le passé pour son incapacité à ouvrir des failles dans un bloc défensif hermétique, l’Unifolié a eu l’occasion de travailler là-dessus avec un retard de deux buts. Et ce qu’il a montré est encourageant. Oui, les Rouges ont eu besoin de deux tirs de pénalité pour arriver à créer l’égalité, mais ces privilèges leur ont été accordés sur deux fautes qu’ils ont forcé leurs rivaux à commettre grâce à des entrées créatives et agressives dans la surface de réparation.
À la 65e minute, Nathan Saliba et Jonathan David ont combiné avec adresse au sommet de la surface de la réparation pour envoyer Tajon Buchanan menacer sur la droite. À la 74e, c’est l’attaquant Daniel Jebbison, entré dans le match dix minutes plus tôt en remplacement de Cyle Larin, qui a provoqué une faute au même endroit.
Richie Laryea faisait valoir après la rencontre que Buchanan et Jebbison auraient probablement eux-mêmes marqués s’ils n’avaient pas été fauchés dans la surface. C’est plutôt David, les deux fois, qui est allé finir le boulot au point de penalty. L’as buteur a ainsi mis fin à une séquence personnelle de cinq matchs sans réussite en équipe nationale.
« Nos idées se sont éclaircies en deuxième demie et nous avons été récompensés pour nos initiatives, a dit Jesse Marsch. Sur ces deux moments, et à d’autres occasions, nous avons été capables de briser leur structure défensive. Je crois qu’on a mérité les deux buts qui nous ont permis de revenir dans le match. »
Au final, le Canada a généré 15 tirs au but, contre cinq cadrés, avec un avantage de 56% dans la possession du ballon.
Un rouge, un autre
Magicien à ses heures, Buchanan a été le joueur canadien le plus remuant, entreprenant et dangereux dans le tiers adverse, même dans une première demie plus timide collectivement. Ironiquement, il est coupable d’avoir coupé le courant dans l’animation offensive canadienne en écopant d’un carton rouge à la 80e minute.
Buchanan a été reconnu coupable par l’arbitre Jon Freemon d’avoir levé son coude au visage d’Ellertson le long des lignes de touche. La décision a forcé le Canada à terminer le match avec un joueur en moins et à hisser, en quelque sorte, le drapeau blanc dans sa tentative de remontée.
C’était le troisième match de suite, dans une fenêtre internationale sanctionnée par la FIFA, dans lequel le Canada devait gérer l’expulsion de l’un de ses titulaires. Contre le Venezuela en novembre, Ismaël Koné avec écopé d’un rouge pour lequel il était justement suspendu samedi. Quelques jours plus tôt, contre l’Équateur, c’est Ali Ahmed qui avait été renvoyé au vestiaire.
Dayne St. Clair s’est porté sans retenue à la défense de Buchanan, prétendant qu’un accès à la reprise vidéo aurait forcé les officiels à renverser leur décision. D’une même voix, le gardien, Laryea et leur nouveau coéquipier Marcelo Flores ont affirmé devant les médias qu’ils étaient convaincus que le Canada aurait obtenu un troisième but décisif sans cette décision arbitrale qu’ils jugeaient douteuse.
Que vous croyez qu’ils ont raison ou tort importe peu. Le fait est que le Canada s’est exposé récemment à des décisions de la sorte, des décisions qui pourraient faire la différence entre une élimination précoce ou une phase de groupes réussie à la Coupe du monde.
« On n’est pas une équipe sournoise ou vicieuse, a défendu Marsch à ce sujet. On travaille fort, on recherche le jeu physique, mais on n’est pas une équipe vicieuse. Je ne suis donc pas inquiet que cette réputation nous colle à la peau. Mais il ne fait pas de doute que des cartons comme ceux-là peuvent affecter le cours d’un tournoi. Il faut trouver une façon de les éliminer de notre jeu. »






