BUENOS AIRES, Argentine - La retraite internationale de Lionel Messi marque le début d’une nouvelle ère pour l’Argentine, qui s’interroge sur ses moyens de rester compétitive sans son génial no 10 qui l’a guidée ces 20 dernières années.
Même si ces adieux étaient attendus depuis des semaines, tout un pays, qui entretient une relation fusionnelle avec l’enfant de Rosario, s’est réveillé avec une sensation de gueule de bois.
« Le sentiment qui nous envahit tous, c’est : “et maintenant, comment on fait?” Ce n’est pas n’importe qui qui est parti, c’est notre fierté, celui que tout le monde admirait », a écrit le journaliste Hugo Balassone de TyC Sports.
« Sans lui, la sélection argentine perd un peu de son éclat. Il faudra la reconstruire, car c’est un lourd héritage, un immense symbole et une histoire à défendre. Mais l’imaginer sans Messi, c’est vraiment difficile », a-t-il ajouté.
Ils partent: Messi, Otamendi, Emiliano Martinez...
Avec le départ de Messi se referme le chapitre le plus faste de l’histoire de l’Albiceleste, avec une Coupe du monde remportée en 2022 et deux finales perdues après prolongation en 2014 et en juillet dernier, ainsi que deux Copa America soulevées en 2021 et 2024.
La star de l’Inter Miami n’est pas le seul à raccrocher, ses lieutenants l’ont suivi, ou envisagent de le faire. C’est le cas de Nicolas Otamendi, 38 ans, qui a pris sa retraite internationale dans la foulée de la finale perdue contre l’Espagne.
De son côté, le gardien Emiliano Martinez, 33 ans, a indiqué qu’il se demandait s’il était temps de « se mettre en retrait » de la sélection.
Le milieu de terrain Leandro Paredes, 32 ans, lui a emboîté le pas: « S’il (Messi) n’est pas là, ça va être difficile que tout continue à fonctionner comme avant », a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne locale TN.
Nicolas Tagliafico, 34 ans, et Rodrigo De Paul, 32 ans, figurent également au sein de cette génération de trentenaires qui ont lié leur destin à celui de Messi.
Il s’interroge : le sélectionneur Scaloni
L’entraîneur Lionel Scaloni est indissociable des exploits de l’ère Messi, au point que son équipe, identifiable à sa grinta, était surnommée la « Scaloneta ».
Nommé en 2018, le sélectionneur de 48 ans pourrait vivre ses derniers mois dans ses fonctions, son contrat expirant en décembre.
Bien que des informations de presse aient fait état d’un accord verbal avec sa fédération pour poursuivre jusqu’en 2030, l’intéressé a laissé planer le doute sur son avenir après le crève-coeur de la finale perdue.
« J’ai déjà une idée de ce que je veux faire, je vais honorer mon contrat et ensuite on verra. J’ai besoin de réfléchir, car je ne sais pas s’il est possible de réaliser quelque chose d’aussi grand que cela », a-t-il déclaré avant de fondre en larmes.
Ils restent : Enzo Fernandez, Alvarez...
Les nouvelles têtes d’affiche de l’Albiceleste n’ont pas le niveau de célébrité de Messi, mais possèdent de solides références.
En défense, le central Lisandro Martinez continuera à faire la paire avec Cristian Romero. Enzo Fernandez et Alexis Mac Allister resteront dans un milieu de terrain estampillé Premier League. Enfin, l’Argentine garde des buteurs de classe mondiale avec Lautaro Martinez et Julian Alvarez.
Une telle ossature a de quoi permettre à l’Albiceleste de défendre son titre à la prochaine Copa America en 2028, et d’être compétitive au Mondial de 2030 dont elle accueillera un match - ce qui lui permet d’être qualifiée d’office.
« Il y a plus d’une douzaine de joueurs ayant disputé le dernier Mondial qui ont l’envie et l’âge de continuer, et qui portent haut l’étendard albiceleste qui nous unit », a affirmé le spécialiste Alejandro Fabbri dans une chronique publiée sur TyC Sports.
Pour le moment, aucun match amical n’a été annoncé pour la prochaine fenêtre internationale fin septembre, mais la fédération argentine aimerait rendre hommage une dernière fois à Messi, selon les informations disponibles.





