LAVAL – Toujours, chaque année, contre n’importe quel adversaire, Nick Razzaghi préparera son équipe pour le Championnat canadien avec le sérieux que requiert une grande compétition.
« Les débuts du Supra, c’est en partie grâce au Championnat canadien, rappelle l’entraîneur-chef de l’équipe québécoise de la Première Ligue Canadienne. Le match à Montréal contre Toronto, ça a ouvert les portes à ce qu’on vit aujourd’hui. Alors ce tournoi, ça vaut tout pour le club. »
Razzaghi nous ramène ici en 2024, alors que le CS Saint-Laurent, l’équipe semi-professionnelle qu’il dirigeait à l’époque, avait perdu, la tête haute, un match de coupe endiablé contre Toronto FC au Centre Claude-Robillard. Près de 6500 spectateurs s’étaient déplacés pour faire la fête ce soir-là, donnant à Rocco Placentino des munitions additionnelles dans son projet d’amener une équipe de PLC au Québec.
Cette année, le FC Supra du Québec n’a pas encore eu à faire la promotion d’une affiche aussi spectaculaire. Mais le quart de finale dans lequel il s’apprête à s’engager n’en est pas moins prometteur.
Après avoir disposé du Woodbridge Strikers SC en mai, le Supra affrontera l’Atlético Ottawa ce soir au Stade Boréale dans le premier match d’une série aller-retour.
À cause de la proximité entre les deux villes et de la forte teneur en joueurs québécois des deux côtés, on a vite identifié le potentiel d’une bataille de rue à répétition quand le Supra a fait son entrée en PLC. Ce qui s’est passé sur le terrain depuis n’a pas déçu.
« C’est devenu une rivalité très vite, reconnaît Razzaghi. Déjà de base, c’était géographique. Après, ça s’est intensifié avec la façon dont les matchs se sont déroulés. »
En avril, le Supra avait complètement dominé les champions en titre sur le terrain du CEPSUM de l’Université de Montréal, seulement pour s’incliner 1-0 après avoir concéder un but crève-cœur dans les arrêts de jeu de la deuxième demie.
Il y a un mois, le Supra se dirigeait vers une douce revanche. Des buts de Sean Rea, Oussama Boughanmi et Loïc Kwemi lui avaient donné une avance de 3-1 à la mi-temps. Mais son monde s’est écroulé au retour des vestiaires. Il s’est pris quatre buts sans riposte et a subi une douloureuse défaite.
Le Supra n’a pas repris le terrain pendant plus de quatre semaines après cette gifle. Alors même si les souvenirs sont lointains, les blessures ne sont pas encore tout à fait cicatrisées. On le sent particulièrement quand on parle à Kwemi, l’attaquant vedette de l’équipe, qui n’hésite pas à décrire cet affront comme « un de mes pires matchs à vie ».
« Je n’ai jamais eu à vivre une situation de la sorte. Je pensais que le match était plié, puis ils nous ont fait cette remontée. C’était pas évident. Mais c’est sûr que là, pour le match qui s’en vient, on doit encore plus donner pour montrer que c’est une équipe qu’on peut battre.»
« Par deux fois, on les avait et ils nous ont pris la victoire. Donc je pense que ce match-là, c’est un match vraiment avec une petite rancœur. »
— Loïc Kwemi
Trouver le déclic
Razzaghi ne passe pas par quatre chemins : « Ces défaites-là, on ne va pas se le cacher, elles sont pénibles pour tout le monde. »
« Pour être très honnête, de ma télé, c’était extrêmement difficile à vivre, se rappelle le gardien Joakim Milli, blessé à ce moment-là. Je n’ose pas imaginer pour les gars qui étaient là-bas. »
Mais une fois la frustration du moment évacuée, Razzaghi a vu dans la suite une occasion pour sa jeune équipe de montrer qu’elle peut continuer de s’ajuster aux exigences du monde professionnel. « En tant qu’athlète ou coach, tu dois avoir la force mentale de pouvoir avancer positivement. Ce n’est pas facile, mais c’est ça le sport. »
L’entraîneur souligne que ce raz-de-marée fatal à Ottawa était la première fois que son équipe perdait par plus d’un but cette saison. Même contre des puissances comme le Cavalry de Calgary ou le Forge FC, le Supra, septième sur huit au classement de la PLC, s’est incliné par le plus petit des écarts.
« C’est positif et on sait qu’on peut jouer avec n’importe qui. Mais pour nous, c’est comment on peut avoir le déclic pour renverser les résultats. Ça, c’est la prochaine étape. Ce n’est pas toujours évident pour une équipe de première année. Tu n’as pas de repères. On n’a pas d’expériences sur lesquelles on peut s’appuyer, tout est nouveau pour nous. Mais là, on commence à les avoir, ces expériences. Dès qu’on trouvera le déclic, tout sera possible. »
Dimanche, le Supra retrouvait le terrain après une trêve d’un mois. Il était à 25 minutes de soutirer un point au Forge peu de temps après avoir trouvé le but égalisateur.
« Je pense qu’on est vraiment déçus du résultat et j’espère que ça va juste nous donner un feu. En fait, je suis convaincu que ça va nous donner un feu pour approcher le reste de la saison », prévoit Milli.
« Mais avant tout, il faut tirer des leçons de cette défaite, exige Milli. La première, c’est à propos de ce qu’on laisse sur le terrain en termes d’énergie, de dévouement, de cette volonté à faire le petit effort de plus. Je pense que c’est clair que si on est tous sur la même page, si on donne tous le même effort, on peut jouer contre n’importe qui, on peut donner une leçon de foot à n’importe qui. Que ça soit Forge en face de nous ou Pacific, ça doit tout le temps être la même attitude. »
Le Supra devrait pouvoir afficher une formation presque complète pour la visite de l’Atlético Ottawa à Laval. David Choinière, qui a manqué le match contre Forge pour vivre la naissance de son enfant, sera disponible. Mais le milieu de terrain Boughanmi, suspendu, ne le sera pas.





