La « main de Dieu » et le « but du siècle » encore dans les esprits

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Quarante ans après, jour pour jour, la « main de Dieu » et le « but du siècle » de l’éternel Diego Maradona trottent encore dans les têtes des supporters argentins à la Coupe du monde 2026, pendant que Lionel Messi a écrit une nouvelle page d’histoire.

« Je ne me concentrerais pas sur la “ main de Dieu ”, mais sur le deuxième but, qui est le plus beau but jamais marqué en Coupe du monde », déclare d’emblée Alex, un fan de l’Albiceleste interrogé lundi par l’AFP avant le match contre l’Autriche à Arlington, dans la banlieue de Dallas.

Le premier, certes, « c’était Maradona, je pense que c’est de la triche aussi », a ajouté ce supporter de 52 ans, qui avait regardé le match à la télévision. « Ensuite, vous (les médias) en avez fait toute une histoire, donc tout le monde est au courant. Vous vous focalisez là-dessus, et pas sur le plus beau but de l’histoire ».

Les deux sont pourtant indissociables de la carrière fantastique du « Pibe de Oro », footballeur de génie décédé en 2020, à 60 ans, d’une crise cardiorespiratoire couplée à un œdème pulmonaire, seul sur son lit dans une maison louée pour sa convalescence à Tigre (nord de Buenos Aires).

Quatre minutes folles

En 1986, Maradona a offert, en quart de finale contre l’Angleterre au stade Azteca de Mexico, les quatre minutes les plus folles qu’il ait été donné de voir en Coupe du monde.

A la 51e, l’idole de l’Argentine a dévié de la main gauche un ballon aérien promis au gardien Peter Shilton, qui a fini dans le but, sans que l’arbitre ne voie l’acte de tricherie.

« Je l’ai mis un peu avec la tête de Maradona et un peu avec la main de Dieu », déclarera avec malice l’intéressé. L’oeuvre de « Dieu » donc, mais avec la part du diable.

Et ce diable de Diego d’aussitôt faire (presque) oublier l’entourloupe à la 55e minute avec une chevauchée fantastique, démarrée dans son camp: il a dribblé cinq adversaires, dont Shilton, avant de pousser le ballon au fond des filets. Un chef d’oeuvre réalisé par un extra-terrestre, « un cerf-volant cosmique » hurle même en transe un journaliste d’une radio argentine, Victor Hugo Morales, dans un commentaire resté dans les annales.

« Tous les coups sont permis »

Ce doublé de légende avait pris une saveur toute particulière dans le contexte de la guerre des Malouines, un conflit ayant opposé l’Argentine au Royaume-Uni en 1982.

« Comme on dit: à la guerre, en amour et dans le jeu, tous les coups sont permis », déclare Oziel Aranda, un autre supporter présent au match contre l’Autriche dans le Texas. « C’était de la triche, mais une victoire reste une victoire », dit ce Mexicain vêtu d’un maillot de l’Argentine.

Agé de 20 ans, Roman Castells n’était lui pas né. « Avec la VAR (assistance vidéo à l’arbitrage) aujourd’hui, c’est quelque chose qui ne pourrait plus jamais se produire », souligne-t-il. « Je pense qu’à l’époque, c’était malin, parce qu’ils n’avaient pas la VAR pour le voir ».

« Nous appelions Maradona “ le Dieu ”, en partie à cause de cette action avec sa main, et il restera toujours Dieu. »

« Dieu » est d’ailleurs bien visible dans les tribunes de l’AT&T Stadium, son portrait tatoué sur les peaux des fans, imprimé sur des t-shirts et des drapeaux. Mais la nostalgie se mêle à l’idolâtrie de l’instant, puisque le visage de Messi n’est jamais très loin.

Léo, lui, est bien sur la pelouse et il a un peu plus écrit sa légende, avec un nouveau but qui le propulse seul meilleur buteur de l’histoire de la compétition (17), devant l’Allemand Miroslav Klose.