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Kyt Selaidopoulos est prêt pour la prochaine étape

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Kyt Selaidopoulos, ancien joueur de l'Impact et entraîneur au Forge, est prêt pour un nouveau défi.

MONTRÉAL – À l’automne 2014, le magazine OJEU! publiait un portrait du Montréalais Kyriakos Selaidopoulos, qui venait d’être nommé coordonnateur de la Première ligue de futsal du Québec. Au moment de la chute, la journaliste Annie Dubé écrivait : « Ultimement, après avoir réalisé son rêve de devenir athlète professionnel et réussi à faire de son entreprise un succès grandissant, [il] a un autre objectif dans sa mire : devenir entraîneur ou directeur général d’un grand club. »

Douze ans plus tard, l’homme que tout le monde surnomme « Kyt » n’a pas quitté son but des yeux. Il n’en revient pas qu’à lui de dire s’il en est près. Mais il sait qu’il est prêt.

Avant même la naissance du FC Supra du Québec, la Première Ligue Canadienne était une plateforme de choix pour les joueurs de la Belle Province. Par exemple, en 2020, ils étaient environ une dizaine de Québécois dans l’équipe de Halifax qui a atteint la finale du circuit. L’an dernier, il y en avait autant dans l’édition championne de l’Atlético Ottawa.

Dans l’ombre, Selaidopoulos a aussi fait ses classes en PLC. Depuis maintenant six ans, il contribue au succès du Forge FC, quadruple champion de la North Star Cup, habitué aux compétitions de la CONCACAF et cauchemar du CF Montréal en Championnat canadien.

En plus d’être le bras droit de l’entraîneur-chef Bobby Smyrniotis sur le banc, il a contribué à mettre en place les programmes de jeunes du club et occupe maintenant le poste de directeur sportif adjoint. « Je parle aux agents, je fais des contrats, je définis la vision à long terme du club... Je fais tout ce qu’un directeur sportif fait », s’enorgueillit-il.

Mais son avenir, il ne s’en cache pas le moindrement, il l’imagine au milieu de l’action, les deux pieds sur un terrain ou dans un vestiaire.

« Je veux essayer de voir où je peux mener un groupe avec ma vision, avec tout ce que je sais que je peux apporter et essayer de gagner des matchs et des trophées », rêve le natif d’Outremont.

« Je suis rendu là. Ça fait six ans que je suis ici au Forge. J’ai passé les étapes, j’ai fait le travail que je voulais faire. Je pense que je suis prêt à passer à un autre niveau. »

Selaidopoulos sait que les choses peuvent bouger vite dans son domaine. Au fil des années, des portes se sont à moitié ouvertes puis refermées devant lui sans qu’il n’en franchisse le seuil, pour toutes sortes de raison.

Son arrivée au Forge en 2021 a coïncidé avec un flirt du CF Montréal avec Smyrniotis. « Je pense que c’est là que c’est passé le plus proche de se faire, révèle-t-il. On attendait de voir si ça allait se faire et dans nos discussions, on se disait qu’on allait voir s’il y avait un qui restait [à Hamilton]. »

Son nom a fait surface cette année quand l’Atlético Ottawa s’est mis à la recherche d’un nouvel entraîneur. Il avait aussi eu des conversations avec Rocco Placentino quand l’idée du FC Supra du Québec a commencé à prendre forme.

« Mais je savais aussi que leur projet était avec Nick Razzaghi et c’est bien aussi pour eux et pour ce qu’ils sont en train de faire. Mais à la fin de la journée, si ta question c’est si j’aimerais ça revenir au Québec pour travailler pour une des équipes professionnelles, la réponse est oui. »

« Si tu ne le fais pas, tu ne sauras jamais »

Il n’y a à peu près aucune facette du soccer à laquelle Kyt Selaidopoulos n’a pas touché.

À 15 ans, il a dit à ses parents qu’il deviendrait joueur professionnel. Il a été recruté, libéré et embauché de nouveau par l’Impact de Montréal, avec qui il a remporté le championnat de la A-League en 2004. Pendant sept ans, il a aussi participé aux belles années du soccer intérieur aux États-Unis.

Il a représenté le Canada à la Coupe du monde de soccer de plage en 2006. Il a été, on l’a vu plus tôt, au cœur de la création d’une ligue de futsal au Québec. Il est d’ailleurs devenu, en 2016, l’entraîneur de l’équipe nationale canadienne de cette variante du soccer qui se joue à 5 contre 5 dans un gymnase.

Il a été directeur technique du Club de Soccer Mont-Royal Outremont (CS MRO). Il a aussi lancé sa propre compagnie, KS Soccer, qui propose des programmes d’entraînement élite pour les jeunes.

Quand est venu l’appel du Forge en 2021, dix ans après avoir quitté le monde du soccer professionnel, « tout marchait bien pour moi », reconnaît-il. La décision de laisser sa famille derrière pour poursuivre une avenue où la sécurité d’emploi est inexistante l’a plongé dans le doute. Néanmoins, il a à peine hésité avant d’accepter l’offre.

« Je me suis dit : “Si tu ne le fais pas, tu ne sauras jamais”. »

En partant pour Forge, Selaidopoulos a fait la paix avec un vieux fantôme qui était caché dans son placard. En 2013, alors jeune retraité, il s’était fait refiler un tuyau par un ancien entraîneur. Il était allé passer une entrevue pour un poste de coach à Louisville au Kentucky. Il avait décroché l’emploi, mais l’avait finalement refusé.

« Quand je suis revenu à Montréal, je n’avais plus le cœur à repartir. Mon père était malade, je m’étais dit que c’était peut-être mieux que je reste. C’est quelque chose qui m’est toujours resté dans la tête. Alors quand l’offre du Forge est arrivée sur la table, je me suis dit que si j’attendais trop, la même chose allait arriver. Alors j’ai dit : “No, I’m doing it, je le fais!” »

« C’est là que ma porte s’est rouverte dans le pro. »

Le futsal comme une école

En attendant d’obtenir sa chance, Selaidopoulos garde ses réflexes de leader aiguisés avec les équipes nationales de futsal. Il a dirigé aux Championnats de la CONCACAF en 2016, 2021 et 2024. Il est aussi impliqué dans le bon fonctionnement du programme féminin.

« Je garde le futsal parce que je coach, je mène le projet, je choisis mon staff. C’est une occasion de me comparer et ça me confirme chaque fois que je suis capable de coacher. Quand je vais à un camp, je vois ça comme mon futur job. Je prépare ce que je vais faire quand je vais avoir mon équipe de foot. Oui, tu as moins de joueurs, mais c’est la seule différence. À chaque fois, je m’améliore. »

Malgré sa certitude qu’il est mûr pour un nouveau défi, l’homme de 48 ans est conscient que les planètes doivent être alignées et il connaît les vertus de la patience. Il dit avoir « sauté des étapes » dans sa carrière de joueur et réalise que ça ne lui a peut-être pas toujours rendu service. Il ne cherche pas de raccourci dans son nouveau métier.

« Je dis toujours à mes joueurs qui veulent plus de temps de jeu de continuer à travailler parce qu’à la fin de la journée, la décision finale ne leur appartient pas. C’est la même chose pour moi aujourd’hui. Ce n’est pas moi qui vais décider quand je vais devenir entraîneur-chef. »

« Ça se peut que je reste un autre cinq ans au Forge, ça se peut que quelqu’un m’appelle demain matin. Je me rappelle sans cesse que je n’ai pas de contrôle là-dessus. Ce que je contrôle, c’est mon travail. Et si je travaille bien, je pense que ça va arriver. »