MONTRÉAL – Au 33e et avant-dernier match de son calendrier, le CF Montréal s’accrochait avec fébrilité à une avance qui tenait avec du fil et de la broche. À l’enjeu, une deuxième victoire de suite, un accomplissement banal, mais qui continuait de lui échapper en cette saison de misère.
On pourrait arguer que les Montréalais auraient mérité un meilleur sort, mais ce qui devait arriver arriva. À la 81e minute, un long coup franc a trouvé la tête de l’as buteur Sam Surridge et a permis au Nashville SC de négocier un match nul de 1-1 dans ce qui était le dernier rendez-vous de la saison au Stade Saputo.
Pour le CF Montréal, il s’agit d’une histoire familière qui synthétise un peu trop bien une saison locale au cours de laquelle il n’aura récolté que douze points sur une possibilité de 51. C’est, de loin, le pire rendement à domicile de l’histoire du club en MLS. C’est aussi l’une des pires de toutes les équipes inscrites au championnat depuis son passage en première division en 2012. Seul le FC Cincinnati de 2021 a fait pire en ne décrochant qu’une seule victoire et huit maigres points à la maison.
Avec maintenant 28 points au classement, le Bleu-blanc-noir rejoint l’édition 2014 de l’Impact qui détient le record pour la pire saison dans l’histoire du club en MLS. Il lui faudra décrocher un résultat la semaine prochaine à Cincinnati pour éviter de tenir compagnie aux hommes de Frank Klopas dans la postérité.
« Ce n’est pas une bonne performance, c’est la réalité », se désolait l’entraîneur-adjoint David Sauvry, qui était le patron du banc montréalais en remplacement de Marco Donadel, suspendu. La veille, Sauvry avait dit souhaiter voir ses joueurs démontrer aux partisans que malgré les écueils, ils avaient progressé et n’avaient jamais cessé de travailler. Que dans un présent embrumé étaient visibles les chauds rayons de l’espoir.
« Ce n’est pas une bonne performance comparativement à ce qu’on voulait faire, a-t-il plutôt dû constater. Si on vous avait dit qu’on allait garder un bloc bas et qu’on allait essayer de garder le résultat, peut-être que je vous dirais que c’était intéressant. Mais ce n’est pas du tout ce qu’on voulait faire. À partir du moment où on ne fait pas ce qu’on voulait faire, ce n’est pas une bonne performance. »
« On est déçus. On espérait faire beaucoup mieux sans le ballon, avec le ballon. Non, ce n’était pas bon. »
Sauvry a dit s’être aperçu assez tôt que ses hommes n’auraient peut-être pas les jambes pour exécuter le plan de match, qui consistait à pourchasser agressivement le porteur du ballon haut sur le terrain et à capitaliser sur les erreurs qui en découlerait.
Pourtant, le CF Montréal a offert une entame encourageante. Pour une deuxième semaine consécutive, Dante Sealy avait marqué sur un superbe coup franc à la neuvième minute. Il s’agissait pour lui d’un troisième but à ses deux derniers matchs. Juste avant, Ivan Jaime s’était autosaboté sur une échappée que lui avait créée son jeune coéquipier américain.
Montréal croyait même avoir doublé son avance à la 33e minute, quand Prince Owusu a complété un beau jeu de passe entre Bode Hidalgo et Brandan Craig dans la surface de réparation. On a toutefois jugé que Jalen Neal avait obstrué le travail du gardien dans une position de hors-jeu.
À la mi-temps, une victoire des locaux était plus qu’envisageable. Mais ils ont été mis dans le dur dès le retour des vestiaires et n’ont jamais vraiment pu sortir la tête de l’eau. Nashville a décoché treize tirs en direction du gardien Thomas Gillier dans la deuxième période.
Il restait à Montréal environ un quart d’heure de résistance à offrir quand l’inévitable s’est produit. Sur un long ballon balancé au deuxième poteau, Surridge a échappé à la surveillance de Craig et s’est envolé convertir son 23e but de la saison.
« On n’a pas réussi à reprendre le momentum dans la deuxième mi-temps, s’est plaint Sauvry. On vivait sur le 1-0 qu’on avait. »
« Quand on commençait une phase de jeu, on n’a pas su regarder et trouver où étaient les espaces, a observer Gillier, qui a été désigné l’homme du match avec ses quatre arrêts. On donnait la balle à l’équipe adverse et on se remettait dans un bloc bas. C’est frustrant parce que ce n’est pas notre style de jeu. »
Gillier insistait toutefois sur l’importance de « valoriser notre point, valoriser que Nashville est une grande équipe et rester positif. Ça fait maintenant deux matchs qu’on a des points, non? »
Dans une saison qui menace de s’inscrire du mauvais côté de l’histoire, on se console comme on le peut.





