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Balogun sauvé par Trump? Le recours de la Belgique rejeté

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Gianni Infantino et Donald Trump (Chip Somodevilla/Getty Images)

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WASHINGTON, États-Unis - Donald Trump a confirmé lundi avoir appelé le président de la FIFA Gianni Infantino pour demander un réexamen du carton rouge infligé à l’attaquant américain Folarin Balogun, afin qu’il puisse participer ce soir au match éliminatoire contre la Belgique (19 h 45, RDS).

« Oui j’ai parlé à Gianni », a déclaré le président américain lors d’un événement à la Maison Blanche.

« Tout ce que j’ai fait c’est demander un réexamen parce que je ne pensais pas que c’était une faute [...] Je ne lui ai pas dit quoi faire, je ne peux pas lui dire quoi faire, et je ne pense pas que ce soit lui qui ait pris la décision », a-t-il ajouté.

Infantino a peu après confirmé avoir été appelé par Donald Trump et lui avoir répondu que les instances disciplinaires de la FIFA étaient « indépendantes ».

« Au cours de notre conversation, j’ai expliqué qu’une procédure juridique était en cours impliquant les instances judiciaires indépendantes de la FIFA et que l’affaire serait tranchée en temps voulu par les organes compétents », a indiqué sur X le dirigeant, sans toutefois commenté le fond de l’affaire.

« Je lis les décisions de la commission de discipline de la FIFA lorsqu’elles sont rendues. Parfois, elles me surprennent. Parfois, je suis d’accord avec elles, et parfois je ne le suis pas », a-t-il éludé. « Ce que je fais toujours, toutefois, c’est respecter ces décisions et l’autonomie des organes qui les prennent. »

Il a affirmé que l’indépendance des instances judiciaires de la FIFA – commissions de discipline, d’éthique et de recours – était « essentielle pour la crédibilité et l’intégrité du football », et qu’elles statuaient « de manière autonome », « sur la base des règlements applicables et des faits précis qui leur sont soumis ».

En pleine Coupe du Monde de la FIFA 2026™ organisée en partie aux États-Unis, la FIFA a suspendu dimanche le carton rouge qui avait été infligé à Balogun lors du 16e de finale contre la Bosnie-Herzégovine, mercredi dernier. Cette sanction devait priver le meilleur buteur de la « Team USA » de la huitième de finale contre la Belgique qui se tient lundi.

Le fait que Donald Trump soit intervenu a suscité des réactions indignées. Le chef de l’État vante régulièrement son amitié de longue date avec Gianni Infantino.

Dans une longue réponse à la presse, Donald Trump a aussi mis en cause l’arbitre de la rencontre avec la Bosnie-Herzégovine, le Brésilien Raphael Claus.

Sans le nommer directement, il l’a jugé « horrible » et « très douteux ». 

Donald Trump a affirmé s’y connaître « très bien en sports » et qu’il avait été lui-même « un bon athlète », tout en assumant ne pas s’être penché auparavant sur les règles du soccer.

« Je ne savais même pas ce qu’était un carton rouge. Quand je l’ai découvert, je me suis dit: “C’est pas vrai”. Ce type (l’arbitre, NDLR) lève juste la main et ton meilleur joueur ne va pas jouer la semaine prochaine ou lors du prochain match », a-t-il déclaré.

Incompréhension belge

La fédération belge de soccer a quant à elle indiqué qu’elle contestait la décision de la FIFA, déclarant n’avoir toujours reçu ni « la décision de la FIFA ni la moindre explication à ce sujet. Dans ces conditions, elle n’a d’autre choix que de contester l’admissibilité du joueur (Balogun) pour le prochain match ».

La commission d’appel de la Fifa a rejeté le recours belge, le jugeant« irrecevable ».

La fédération belge de football (URBSFA) « n’a pas qualité pour former un recours contre cette décision, n’étant pas partie à la procédure », a indiqué l’instance dans un communiqué.

Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a jugé lundi « incompréhensible » la décision de la FIFA de suspendre le carton rouge qui avait été infligé à la Coupe du Monde de la FIFA 2026™ à l’attaquant américain Folarin Balogun, questionnant aussi l’intervention politique de Donald Trump.

« Si vraiment c’est un coup de fil qui explique cette décision incompréhensible, cela serait bafouer les règles les plus élémentaires du football et du sport », a déclaré le ministre dans un communiqué transmis par son service de presse.

« Ce serait très grave. Comment la FIFA pourrait-elle encore plaider le fair-play avec crédibilité? », a-t-il insisté, à quelques heures du match entre la Belgique et les États-Unis (19 h 45, RDS).

De son côté le Premier ministre belge Bart De Wever a préféré ironiser sur la polémique... Par félin interposé, en faisant réagir son chat gris Maximus qui est son vecteur de communication humoristique sur Instagram.

« Carton rouge? Je vais quand même jouer! », a lancé Maximus, en commentaire d’une photo le montrant avec une carte rouge au bout d’une patte, se prélassant sur la moquette grise au siège de la Chancellerie à Bruxelles.

Sollicité par l’AFP pour savoir si Bart De Wever comptait lui-même réagir, son service de communication a renvoyé vers les propos de Maximus sur Instagram.

Les réactions indignées se multipliaient lundi après la décision de la FIFA rendue publique dimanche de suspendre le carton rouge qui avait été infligé à l’Américain Folarin Balogun et devait le priver du huitième de finale États-Unis/Belgique.

Deux sources proches du dossier ont confirmé dimanche à l’AFP que le coup de fil de Donald Trump est intervenu quelques heures à peine après le 16e de finale contre la Bosnie-Herzégovine lors duquel Balogun avait été exclu. Finalement le meilleur buteur de « Team USA » dans cette Coupe du monde pourra bien être aligné à Seattle lors du huitièmes de finale face aux Diables rouges.

L’intégrité du sport mise à mal

L’UEFA, l’instance dirigeante du soccer européen, a quant à elle déclaré dans un communiqué que la FIFA avait « franchi une ligne rouge » en décidant de ne pas appliquer la suspension obligatoire.

La décision prise dimanche par la FIFA tranche avec les principes traditionnels de l’État de droit dans le soccer et a suscité de vives critiques à l’échelle mondiale, notamment de la part d’ex-joueurs étoiles de la Coupe du monde et d’entraîneurs participant à ce tournoi.

« C’est une très, très, très, très, très mauvaise décision qui va nuire à la Coupe du monde », a déclaré dimanche le sélectionneur norvégien Stale Solbakken, après la victoire de son équipe face au Brésil, qui lui a permis d’accéder aux quarts de finale.

L’UEFA, qui compte notamment la Belgique parmi ses fédérations membres, a insisté: « Parfois, les règles sont sujettes à interprétation. Ce n’est pas le cas ici ».

« Lorsque la certitude des règles n’est plus garantie par ceux-là mêmes qui sont chargés de les faire respecter, l’intégrité du jeu est remise en question et la crédibilité d’une compétition est compromise », a déclaré l’UEFA, qui s’est souvent heurtée au président de la FIFA, Gianni Infantino, au cours de ses 10 années au pouvoir.

« Nous exprimons notre incrédulité face à une décision aussi inédite, incompréhensible et injustifiable », a poursuivi l’UEFA, au sein de laquelle Infantino a occupé le poste de secrétaire général – équivalent à celui de président et directeur général – de 2009 jusqu’à son élection à la tête de la FIFA, en février 2016.

Le tacle de Balogun

Balogun a été expulsé pour avoir planté son pied chaussé de crampons sur la cheville du défenseur de la Bosnie-Herzégovine, Tarik Muharemovic, lors de la victoire 2-0 des États-Unis en seizièmes de finale, mercredi dernier.

Ce type de tacle a régulièrement donné lieu à un carton rouge tout au long de la saison dans les compétitions du monde entier, et Balogun aurait pu s’attendre à une suspension de deux matchs pour faute grave.

Pourtant, des tacles similaires commis par des joueurs vedettes sont restés impunis lors de cette Coupe du monde — notamment celui de l’Argentin Lionel Messi contre l’Algérie, et celui du Marocain Achraf Hakimi face au Brésil. Le Portugais Bernardo Silva n’a écopé que d’un carton jaune contre le Congo.

« Je pense qu’un carton jaune aurait été juste », a dit Balogun par la suite.