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Des privilèges alléchants à la portée du Canada

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VANCOUVER – Il n’y a pas de petits objectifs dans une Coupe du monde, mais il y en a de plus atteignables que d’autres. Ceux-là, le Canada les a déjà rayés de sa liste.

En décrochant le premier point de son histoire contre la Bosnie-Herzégovine, puis en célébrant sa première victoire contre le Qatar, le Canada a réglé deux dossiers qui étaient considérés comme le minimum à accomplir à ce tournoi.

En franchissant cette barre, l’équipe de Jesse Marsch s’est assuré qu’une cible plus ambitieuse soit à sa portée pour son dernier match de la phase préliminaire contre la Suisse. En s’affrontant mercredi au BC Place, les deux équipes viseront le premier rang du groupe B.

La tête du groupe procurerait de nombreux privilèges à son détenteur. Logiquement, elle lui permettrait d’être opposé à un adversaire moins fort en 16e de finale. Selon l’outil de prévisions développé par The Athletic, un Canada conquérant de son groupe aurait, en date d’aujourd’hui, le plus de chances d’affronter l’Algérie, l’Iran ou l’Égypte au tour suivant.

La première place du groupe vient aussi avec un calendrier plus favorable. S’il perd contre la Suisse, le Canada rejouera quatre jours plus tard à Los Angeles. S’il arrive à contrôler sa destinée, son prochain match n’arrivera pas avant le 2 juillet.

Ce match, et le suivant si l’aventure devait se continuer, aurait lieu à Vancouver, où l’équipe canadienne a établi son camp de base et où, évidemment, elle est supportée par les masses. C’est à cette partie de la récompense que Marsch accorde la plus grande valeur, a-t-il expliqué en conférence de presse.

« Dès que j’ai pris connaissance du format du tournoi, on s’est donné comme objectif de gagner notre groupe. Il y a deux ans, tout le monde pensait que j’étais fou. C’était un plan impossible à l’époque, mais c’est là que je nous voyais. Et quand j’ai vu que la Suisse serait un de nos adversaires, j’ai voulu qu’on se positionne afin que ce match nous donne la clé de nos ambitions. »

« Ça serait énorme, imagine l’attaquant Jonathan David. Dans un moment dur, la présence de la foule nous permet de trouver une petite motivation supplémentaire, l’énergie pour aller marquer le but décisif. On sait que jouer ici est un avantage et on veut le conserver. »

Deux scénarios permettraient au Canada de toucher à son but. Une victoire lui donnerait l’exclusivité du sommet du classement avec sept points et ce qu’on suspecte être un influx de confiance considérable pour la suite. Mais une nulle lui suffirait. Elle placerait les deux rivaux à égalité à cinq points, mais les Canadiens seraient avantagés au bris d’égalité.

Grâce à sa victoire contre le Qatar, le Canada a marqué six buts de plus qu’il n’en a accordé après deux matchs. La Suisse, qui a dû se contenter d’un nul contre le Qatar avant de disposer de façon convaincante de la Bosnie, est à +3. « Les buts qu’on n’a pas marqués contre le Qatar, le Canada les a marqués », déplorait le sélectionneur suisse Murat Yakin.

« Il faut jouer pour la victoire »

Une nulle, donc. C’est une marge d’erreur qui se prend bien, à n’en point douter, mais à laquelle Marsch ne veut pas vraiment penser. Comme il l’a bien résumé, « la pire façon d’obtenir un match nul, c’est de jouer pour un match nul. »

« Je crois qu’il faut entrer dans ce match et jouer pour la victoire, vise le stratège. À mesure que le match avance, vous pouvez utiliser vos substituts et modifier votre tactique pour gérer le résultat et obtenir ce dont vous avez besoin. Mais on va commencer avec la mentalité qu’il nous faut gagner. On ne sera pas trop conservateurs, on ne sera pas trop agressifs. On va être nous-mêmes. »

Sur papier, la Suisse, 19e au classement mondial de la FIFA, a toujours été considérée comme la favorite du groupe. Elle a l’habitude des grands rendez-vous, s’étant qualifiée pour chaque Coupe du monde depuis 2006. Deux de ses vétérans, le défenseur Ricardo Rodriguez et le milieu de terrain Granit Xhaka, en sont à leur quatrième expérience sur la plus grande scène du foot mondial.

Xhaka, 33 ans, vient de connaître une énorme saison en Premier League. Il a été au cœur des succès de Sunderland, une équipe nouvellement promue qui s’est classée au septième rang du principal championnat anglais. Il occupe le même rôle central dans les ambitions de son équipe nationale.

« Le joueur à qui il faut faire le plus attention, c’est Xhaka, reconnaît David. C’est un joueur avec beaucoup d’expérience, c’est un peu le cœur et le moteur de la Suisse. »

Il faudra aussi garder un œil sur la jeune sensation de 20 ans Johan Manzambi, auteur d’un doublé comme super substitut dans une victoire de 4-1 contre la Bosnie. Les médias suisses se demandent unanimement si Yakin lui confiera un rôle accru contre le Canada.

« On voue le plus grand respect à la Suisse, a dit Marsch. C’est une équipe qui aime posséder le ballon et qui excelle lorsqu’elle est en possession. On a essayé d’élaborer un plan de match qui prend en considération toutes leurs qualités. Mais comme c’est le cas contre tous nos adversaires, on voudra leur rendre la vie difficile. On veut toujours jouer avec vitesse et puissance pour mettre beaucoup de pression sur l’équipe adverse. Ça ne sera pas différent cette fois. »