La FIFA a annoncé vendredi qu’elle comptait poursuivre son projet de création d’une société commerciale ouverte aux investisseurs étrangers, malgré les critiques et menaces de boycott des nations européennes.
« Le processus de consultation que nous avions prévu a été perturbé par des informations inexactes diffusées dans les médias », affirme vendredi dans un communiqué la FIFA, l’instance dirigeante du football mondial, ajoutant: « Nous poursuivrons néanmoins cette consultation afin que chaque fédération membre puisse se prononcer sur la base de faits avérés ».
« Personne n’est en train de vendre le football. C’est quelque chose que la FIFA n’envisagerait jamais », affirme l’instance dans son communiqué, confirmant avoir bien entendu les critiques émanant notamment des fédérations européennes (UEFA) et américaines (Concacaf).
« Nous respectons les retours et les inquiétudes rendues publiques et nous réaffirmons notre engagement à ouvrir une consultation ouverte et démocratique », assure le communiqué.
Les 55 fédérations de l’UEFA ont menacé jeudi « à l’unanimité » de ne pas participer aux prochaines compétitions de la FIFA si celle-ci ne renonce à son projet dévoilé mardi de créer une société commerciale ouverte à des investisseurs privés. La Concacaf, qui regroupe 41 fédérations d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes, a quant à elle « rejeté la proposition ».
De son côté, la Confédération asiatique (AFC) a regretté que ce projet ait été rendu public sans que ses membres n’aient été consultés auparavant tandis que la Confédération africaine de football (CAF) s’est montrée moins critique, appelant ses associations membres à « examiner » et à « évaluer » le projet, tout comme la Confédération de l’Océanie.
Infantino perd son bras droit
Le conseiller principal du président de la FIFA Gianni Infantino, Carlos Cordeiro, a annoncé vendredi sa démission immédiate, s’opposant « catégoriquement » au projet de l’instance mondiale du football de créer une société commerciale ouverte aux investisseurs privés.
« Qu’on soit bien clair: je n’ai joué aucun rôle dans cette proposition et je m’y oppose catégoriquement. C’est une mauvaise chose pour les associations membres de la FIFA, une mauvaise chose pour le football, et une mauvaise chose pour l’avenir à long terme du jeu », a écrit sur Linkedin cet ancien banquier.
Depuis plus de cinq ans à la FIFA où il est considéré comme « un des dirigeants les plus éminents du monde du football », Carlos Cordeiro a également été conseiller principal du groupe de travail de la Maison Blanche, chargé de superviser les préparatifs du Mondial des clubs 2025 et de la Coupe du monde 2026, un poste auquel il avait été nommé par Donald Trump.
Sa démission est un nouveau coup porté au président de la FIFA Gianni Infantino, qui ne cesse de voir croître depuis mardi l’opposition à son projet de créer la FIFA Forward Enterprise (FFE), une société ouverte aux investisseurs privés qui serait chargée de gérer les activités commerciales et événementielles de l’instance mondiale du football.
L’objectif de la FIFA est de porter à 10 milliards de dollars le financement du développement du football dans les quatre prochaines années.
Des investisseurs privés pourront posséder des parts de la FFE, mais resteront minoritaires à hauteur d’environ 20%, a promis la FIFA, qui veut lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars sur la base d’une valorisation de la future entreprise évaluée à 20 milliards de dollars.
Selon M. Cordeiro, la FIFA « dispose déjà de ressources financières extraordinaires » et a la capacité financière d’aider ses fédérations membres.
« Vendre une participation permanente dans l’actif le plus précieux du football pour lever 4,2 milliards de dollars n’a guère de sens. C’est hypothéquer l’avenir du football sans justification convaincante », a-t-il poursuivi.
La FIFA assure qu’elle conservera le contrôle exclusif de cette société ainsi que « l’autorité exclusive » sur la gouvernance du football, les compétitions, le calendrier, les décisions réglementaires...
Si le projet voit le jour, chacune des 211 fédérations membres de la FIFA pourrait recevoir une enveloppe exceptionnelle de 20 millions de dollars début 2027 et verra passer sa dotation sur la période 2027-2030 de 8 à 20 millions de dollars.





